BCGE - Banque Cantonale de Genève

01/30/2026 | Press release | Distributed by Public on 01/30/2026 07:28

Partira ou partira pas

La politique monétaire américaine s'impose comme l'un des enjeux majeurs de l'année. Donald Trump martèle son exigence, une baisse franche du taux directeur de la Réserve fédérale. Mais Jerome Powell, président de la Fed, pourrait bien refuser de céder aux pressions - et aux ingérences - de la Maison Blanche. Trump mise donc sur l'horloge. Le mandat de Powell à la tête de la Fed s'achevant le 15 mai prochain, Trump devrait pouvoir nommer un remplaçant aligné avec sa vision monétaire. Et puis, à 73 ans, Powell pourrait alors se consacrer davantage à deux de ses passions : le golf et la guitare.

Du moins, en théorie. Car l'administration Trump a peut-être ouvert un front de trop. Le Department of Justice a lancé une enquête pénale visant Powell, liée à son témoignage devant le Congrès sur la rénovation du siège de la Fed - un chantier estimé à près de USD 2.5 milliards. D'ordinaire discret, Powell est sorti de sa réserve dans une vidéo publiée le 11 janvier pour s'en émouvoir et dire : « La menace de poursuites pénales découle du fait que la Réserve fédérale fixe les taux d'intérêt en fonction de ce qui sert au mieux l'intérêt public, plutôt que de se conformer aux préférences du Président. »

Si Powell quittera bien la présidence de la Fed le 15 mai, rien ne l'oblige en revanche à abandonner son siège de gouverneur dont le mandat court jusqu'en janvier 2028. Et c'est là que le scénario se complique pour Donald Trump : tant que Powell reste gouverneur, il est juridiquement impossible de le remplacer et donc de recomposer une majorité docile au sein du FOMC pour forcer une baisse des taux. Les implications pour les marchés financiers seraient considérables. Une telle configuration ouvrirait une période de forte volatilité : prime de risque accrue liée à l'indépendance de la Fed, pression à la hausse sur les taux longs, et risques de correction sur les marchés actions comme obligataires.

L'histoire offre un précédent, rare mais éclairant. Marriner Eccles, président de la Fed jusqu'en 1948, était resté gouverneur jusqu'en 1951. En cause : le bras de fer de l'après-guerre. Durant la Seconde Guerre mondiale, la Fed avait maintenu artificiellement des taux bas pour financer l'effort militaire. Une fois le conflit terminé, Eccles s'était battu pour restaurer l'indépendance de l'institution - combat qui aboutira à l'Accord de 1951, acte fondateur de l'autonomie moderne de la Fed. Jerome Powell pourrait ainsi choisir de rester en poste après le 15 mai, décidé à défendre l'indépendance de la banque centrale, quitte à aller au Clash avec le président des États-Unis.

BCGE - Banque Cantonale de Genève published this content on January 30, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on January 30, 2026 at 13:28 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]