06/26/2026 | News release | Distributed by Public on 06/26/2026 09:55
L'Avis s'inscrit dans la lignée des travaux de la CNCDH relatifs aux enjeux pour la protection des droits humains soulevés par les nouvelles technologies. Il marque cependant un tournant dans l'approche de la CNCDH, qui choisit de privilégier une perspective globale et préventive. Plutôt que de se limiter à la modération des contenus a posteriori, la CNCDH estime qu'il est indispensable d'encadrer l'architecture même des services numériques.
La CNCDH alerte tout d'abord sur un modèle de conception toxique qui exploite les vulnérabilités humaines par le biais de ressorts cognitifs pour favoriser l'hyperconnexion et générer des comportements addictifs. Ce phénomène, accentué par l'hyperpersonnalisation des contenus et l'anthropomorphisation des système d''intelligence artificielle, engendre des risques individuels (exposition à des contenus dangereux, atteintes à la santé) et systémiques (cyberviolences de genre, désinformation, menaces pour l'État de Droit et la démocratie). Tout en soulignant que chaque personne est potentiellement exposée, la CNCDH rappelle que le croisement des facteurs de vulnérabilité aggrave le risque de subir des atteintes aux droits humains.
Face à ces constats majeurs, la CNCDH formule une série de 25 recommandations, qui appellent notamment à :
Pour Célia Zolynski, membre de la CNCDH et co-rapporteure de l'avis :
Le modèle dominant de conception des services numériques repose sur la volonté de prolonger la connexion des utilisateurs et utilisatrices, au détriment de notre santé, de nos libertés, de nos droits fondamentaux. En adoptant une approche préventive, la CNCDH propose non seulement de garantir la protection des droits humains en amont de l'utilisation de ces services, mais également d'envisager la responsabilité des fournisseurs de ces services pour ce qu'ils sont : des concepteurs d'environnements numériques, dont les choix peuvent entraîner de graves risques pour la protection des droits humains, et, plus largement, pour le système démocratique. »
À l'heure du déploiement massif des réseaux sociaux et des systèmes d'intelligence artificielle, la CNCDH appelle les pouvoirs publics à encadrer fermement ce secteur pour préserver l'État de Droit.