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11/06/2026 | Press release | Distributed by Public on 11/06/2026 17:24

Quatrième Commission: des mandats clairs et des ressources prévisibles sont nécessaires pour répondre aux défis émergents des opérations de paix

Face aux contraintes budgétaires et aux risques accrus sur le terrain, plusieurs délégations ont appelé à rationaliser les mandats des opérations de maintien de la paix et à renforcer la sécurité des Casques bleus ainsi que la coopération avec les pays hôtes et les organisations régionales, cet après-midi, devant la Quatrième Commission, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation.

Comme le préconise l'examen sur l'avenir des opérations de paix, l'Uruguay a plaidé pour que les mandats soient délimités, hiérarchisés, adaptables et assortis de ressources adéquates, tout en accordant la priorité à la protection des civils. La voix des pays hôtes et des pays contributeurs de contingents et de personnel de police doit être prise en compte, par le biais d'un dialogue structuré avec le Conseil de sécurité. Des stratégies de sortie et des plans de transition doivent également être élaborés dès le départ, de concert avec le pays hôte, afin d'éviter une présence indéfinie des missions et des retraits brusques qui annuleraient les acquis obtenus.

« Pas de de solution unique »

Malgré les retraits successifs de missions de paix et l'aggravation des difficultés budgétaires, le Pakistan a observé que les opérations de paix ont toujours connu des cycles d'adaptation, d'élargissement et de réduction. L'examen du maintien de la paix constitue à ses yeux l'occasion de réformer les missions pour les rendre plus efficaces, réactives et capables d'un point de vue technologique. « Les objectifs politiques devraient déterminer les mandats, les mandats les capacités, et les capacités devrait correspondre aux ressources », a-t-il résumé. « Il n'existe pas de de solution unique. »

Dans le cas du Sahara occidental, l'Afrique du Sud s'est inquiétée des conditions « loin d'être idéales » du retrait hâtif de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO). « Nous insistons sur la nécessité de prendre des mesures pour éviter toute faille sécuritaire ou tout recul par rapport aux progrès réalisés dans la stabilisation de la région », a déclaré sa représentante.

Dans un contexte de crise de liquidités persistante, le Groupe des Amis pour la défense de la Charte des Nations Unies a, par la voix de la Fédération de Russie, appelé à transférer aux fonds et programmes de l'ONU compétents les tâches qui ne relèvent pas du cœur de mandat des opérations de maintien de la paix, telles que les questions touchant aux droits humains, à la crise climatique ou encore aux femmes et aux jeunes. « Les ressources ainsi dégagées contribueront à atténuer les conséquences douloureuses des récentes réductions d'effectifs, qui ont nui à la capacité des missions de s'acquitter pleinement de leur mandat », a fait valoir son délégué.

En tout état de cause, il est impératif de veiller à ce que les réductions d'effectifs et de capacités critiques, imposées par les circonstances, ne compromettent pas l'exécution des mandats, la protection des civils, ni la sûreté et la sécurité des Casques bleus. À cette fin, le Népal a appelé les États Membres à verser leurs contributions intégralement et dans les délais impartis.

Protection des Casques bleus

Pendant que des drones commerciaux sont utilisés par des acteurs non étatiques pour mener des attaques, l'Uruguay a relevé que les missions manquent de capacités de détection et de contre-mesures. S'appuyant sur son expérience au sein de la Force des Nations Unies chargée d'observer le désengagement (FNUOD), il a appelé à intégrer ces capacités dans la planification des missions. « Il est inacceptable que le personnel opère dans des environnements dangereux sans l'équipement nécessaire », a insisté la représentante, se disant favorable à des exigences minimales en matière d'équipement et de technologies de protection.

Afin de garantir la protection des Casques bleus, l'Afrique du Sud a estimé que l'utilisation d'armements technologiquement avancés impose à l'ONU de renforcer les capacités de ses missions de maintien de la paix. L'entraînement et la formation du personnel qui sera déployé sont tout aussi essentiels, a soutenu l'Argentine, afin qu'il dispose des outils dont il aura besoin sur le terrain, selon les caractéristiques particulières de chaque mission.

De son côté, la Côte d'Ivoire a enjoint les pays hôtes à coopérer aux enquêtes et aux poursuites engagées contre les responsables de violations à l'encontre des soldats de la paix. Le renforcement des dispositifs de protection, la modernisation des capacités opérationnelles, le respect des normes médicales et la protection des équipements onusiens doivent également être envisagés pour protéger les soldats de la paix.

Confrontés à la situation particulière du Sahel, « où le terrorisme, la criminalité organisée, les changements climatiques et la circulation illicite d'armes constituent des défis majeurs », le Burkina Faso et les autres pays de la Confédération des États du Sahel ont choisi de renforcer leurs propres capacités et d'assumer la responsabilité de la lutte contre le terrorisme. « L'expérience nous a appris qu'une opération de paix ne peut durablement se substituer à un État, a dit le représentant burkinabè. Elle doit, en revanche, contribuer à restaurer l'autorité de l'État, à protéger les populations et à créer les conditions d'une paix durable.

Appropriation nationale

En Haïti, le déploiement de la Force de répression des gangs et du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) doit être complémentaire et coordonné avec les autorités haïtiennes, a insisté la délégation de ce pays. « L'appropriation nationale doit guider cette coopération », a dit sa représentante, en associant les collectivités territoriales, la société civile et les personnes déplacées aux décisions qui les concernent. De la même façon, les mesures de désarmement, de démobilisation et de réintégration, sous direction nationale, doivent être adaptées aux gangs et au démantèlement des réseaux criminels.

Autre « pilier » des opérations de maintien de la paix: les partenariats stratégiques, qui doivent être renforcés pour mieux répondre aux crises contemporaines. Pour y parvenir, la délégation ivoirienne a plaidé en faveur d'une coopération plus étroite entre l'ONU, les pays hôtes, les organisations régionales, dont l'Union africaine, ainsi que les États Membres, par le biais de la planification conjointe, de la coordination des ressources et d'un financement durable.

À cela s'ajoute, selon le Népal, la nécessité de nouer des partenariats locaux et régionaux, de partager les meilleures pratiques et de mettre en œuvre une planification cohérente sur le terrain. Il est tout aussi important de favoriser des processus de paix menés par les nations, d'investir dans le renforcement des capacités, notamment linguistiques, et d'appliquer des solutions durables avec l'aide des femmes, des jeunes et des acteurs locaux.

L'adoption de la résolution 2719 (2023) par le Conseil de sécurité constitue une étape majeure dans la synchronisation des actions de l'ONU et de l'Union africaine en matière de maintien de la paix, a noté le Groupe des Amis pour la défense de la Charte des Nations Unies, rejoint par le Costa Rica et l'Afrique du Sud. Il est maintenant temps de donner effet à ce texte, en misant sur l'appui des organisations régionales et sous-régionales, lesquelles possèdent une compréhension unique des spécificités régionales.

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