04/30/2026 | News release | Distributed by Public on 04/30/2026 13:27
Rafael Mariano Grossi s'exprimait lors d'une conférence de presse tenue au siège des Nations Unies, en marge de la dernière conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
Il a déclaré que le Plan d'action global commun (PAGC) - conclu entre l'Iran, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, l'Allemagne et l'Union européenne - « ne saurait constituer une base » pour un nouvel accord et qu'« il nous faut envisager une autre approche », le programme nucléaire iranien ayant subi des évolutions trop importantes.
M. Grossi a également été interrogé au sujet de l'uranium enrichi qui, selon certaines informations, se trouverait désormais enseveli sous des décombres à la suite de récentes frappes aériennes américano-israéliennes en Iran.
L'AIEA inspectait des matières nucléaires hautement enrichies jusqu'en juin 2025, a-t-il précisé. Ses équipes avaient placé sous scellés quelque 440 kilogrammes d'uranium lors de leur dernière visite, « aussi nous devons vérifier qu'il en est toujours ainsi ».
Il a souligné que, tant que les inspecteurs ne seraient pas en mesure de retourner sur place, l'Agence « ne saurait confirmer que telle est bien la situation ».
S'adressant aux participants à la conférence d'examen du TNP, M. Grossi a lancé un appel en faveur d'un engagement renouvelé en faveur de la non-prolifération, mettant en garde contre le fait qu'« un monde comptant davantage de pays dotés d'armes nucléaires ne serait pas un monde plus sûr ».
© ICAN Des manifestants s'expriment contre les armes nucléaires.Parallèlement, à l'heure où les tensions mondiales persistent et où le multilatéralisme est mis à mal, les efforts visant à interdire les essais nucléaires demeurent cruciaux, a déclaré aux journalistes le chef de l'organisation chargée de superviser le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE).
« Nous constatons que le multilatéralisme subit une pression intense, que divers éléments de traités essentiels à la sécurité internationale sont sous tension... et qu'une rhétorique évoquant des menaces d'essais nucléaires, un retour à ces essais, voire des inquiétudes quant à leur usage potentiel, se fait jour », a indiqué le Secrétaire exécutif, Robert Floyd.
« C'est pourquoi le travail d'organisations telles que l'OTICE - qui s'efforcent de limiter la prolifération des armes nucléaires ainsi que leur perfectionnement - revêt une importance absolument capitale ».
Le traité d'interdiction des essais proscrit toute explosion nucléaire sur la planète, qu'elle ait lieu dans l'atmosphère, sous l'eau ou sous terre.
Ouvert à la signature il y a 30 ans, le TICE a « pratiquement tari le flux des essais d'armes nucléaires », puisque moins d'une douzaine d'essais ont été effectués depuis lors.
M. Floyd a décrit ce texte comme « un traité qui a suscité un soutien quasi universel en faveur de l'interdiction des essais nucléaires, quelle que soit leur puissance », et qui s'appuie sur « un système de vérification inspirant confiance aux nations, instaurant ainsi une norme puissante contre la pratique des essais ».
Bien que 187 États aient signé le traité - dont 178 l'ont ratifié -, celui-ci n'est pas encore entré en vigueur ; en effet, son application nécessite la ratification par neuf pays clés dotés de technologies nucléaires : la Chine, l'Égypte, l'Inde, l'Iran, Israël, la Corée du Nord, le Pakistan, la Russie et les États-Unis.
Interrogé sur l'existence d'éventuelles avancées à cet égard, M. Floyd a estimé qu'il fallait « trouver un moyen permettant aux États-Unis, à la Russie et à la Chine d'aborder ensemble la question du traité et de sa ratification ».
« Il est, à mon sens, fort peu probable que l'un d'entre eux fasse un pas dans cette direction sans que les autres n'agissent simultanément et de concert. C'est là, assurément, un point que j'encouragerais tous ces États à prendre en considération ; une telle démarche constituerait indubitablement une avancée majeure ».
Concernant la surveillance, il a indiqué que le système de vérification était déjà établi à plus de 90 % et que 307 installations étaient opérationnelles et en place à travers le monde.
« Les six essais nord-coréens ont tous été détectés, y compris le tout premier, qui était pourtant de très faible intensité », a-t-il précisé.
Ce système de vérification permettra à l'OTICE de détecter toute explosion nucléaire d'une puissance égale ou supérieure à 500 tonnes d'équivalent TNT - soit, approximativement, 2 à 3 % de la puissance de la bombe atomique larguée sur la ville japonaise d'Hiroshima durant la Seconde Guerre mondiale.
Il constituera « un atout inestimable pour l'ensemble de l'humanité ; en effet, tout État envisageant de mettre au point une arme nucléaire serait contraint de procéder à un essai - et s'il le faisait, le monde entier en serait immédiatement informé ».
M. Floyd a également mis en lumière un autre volet des activités de son organisation : la lutte contre la désinformation entourant les événements sismiques, comme ce fut le cas fin 2024 au sujet de l'Iran.
« Les réseaux sociaux se sont rapidement enflammés, certains internautes prétendant que ces événements sismiques constituaient en réalité des essais nucléaires », a-t-il raconté. « Or, les analyses menées par mes collègues ont démontré que ces phénomènes étaient parfaitement conformes aux caractéristiques des événements sismiques naturels - des tremblements de terre - survenant dans le nord de l'Iran ».