01/30/2026 | News release | Distributed by Public on 01/30/2026 11:12
30 janvier, 2026Cinq ans après la prise du pouvoir par l'armée au Myanmar, les travailleurs et travailleuses restent victimes de répression, tandis que les élections truquées, les plaintes internationales et les mesures sans précédent prises par l'OIT révèlent l'incapacité de la junte à garantir l'État de droit et la démocratie.
Depuis sa prise de pouvoir le 1er février 2021, la junte a interdit les syndicats indépendants, arrêté leurs dirigeants et supprimé les libertés fondamentales. Sous le régime militaire, plus de 7.000 civils ont été tués, des millions de personnes ont été déplacées et contraintes de fuir leurs foyers.
À la fin de l'année dernière, l'armée a organisé des élections qui ont réduit au silence l'opposition démocratique. Ce scrutin a été largement rejeté comme étant une mascarade destinée à légitimer le maintien du contrôle militaire plutôt qu'à refléter la volonté du peuple. Aucun observateur international crédible n'a été autorisé à superviser le processus électoral, et de nombreux partis politiques ont été interdits ou dissous avant les élections.
IndustriALL a renouvelé son appel aux enseignes et aux entreprises pour qu'elles se retirent du Myanmar. L'Internationale relève que le renforcement de la diligence raisonnable ne peut atténuer les risques inhérents à l'exercice d'activités sous une dictature qui interdit les syndicats indépendants, emprisonne les travailleurs et travailleuses et viole systématiquement les droits du travail.
L'industrie textile et de la confection représente une source importante de devises étrangères pour le régime, contribuant à financer les armes, les munitions et le carburant. Celles et ceux qui produisent des vêtements et des chaussures au Myanmar travaillent dans des zones industrielles soumises à la loi martiale. Une commission d'enquête de l'OIT, mandatée en 2023, a constaté des violations généralisées des conventions sur la liberté d'association et sur le travail forcé. En juillet, de nouveaux rapports ont fait état de l'arrestation de dirigeants et militants syndicaux pour des motifs inconnus.
En 2024, IndustriALL a déposé des plaintes auprès des points de contact nationaux de l'OCDE contre de grandes enseignes de vêtements, notamment Next, New Yorker, LPP et Sioen. En continuant à s'approvisionner au Myanmar, celles-ci ont en effet enfreint les Principes directeurs de l'OCDE en matière de conduite responsable des entreprises. Les syndicats birmans CTUM et IWFM, qui opèrent désormais en exil, appuient ces plaintes. Celles-ci dénoncent que les entreprises concernées tirent profit des violations généralisées des droits des travailleurs sous le régime militaire, où la liberté syndicale est impossible et le travail forcé observable.
En juin 2025, la Conférence internationale du travail, en invoquant l'article 33 de la Constitution de l'OIT, a pris une mesure historique contre la junte militaire du Myanmar : elle a adopté une résolution appelant à la fin des flux financiers vers le régime. Cette mesure rare tient le régime pour responsable des violations graves et persistantes des droits des travailleurs et des droits humains. Elle envoie un message fort, soulignant les violations permanentes des normes fondamentales du travail, notamment la liberté d'association et le recours au travail forcé.
Atle Høie, Secrétaire général d'IndustriALL, a martelé :
"En ce jour anniversaire du coup d'État au Myanmar, le mouvement syndical se montre solidaire des travailleurs et travailleuses qui continuent à lutter pour leurs droits fondamentaux, les libertés démocratiques et le travail décent. Les élections truquées organisées par l'armée ne peuvent dissimuler la réalité de la répression, du travail forcé et du déni systématique des droits des travailleurs. Les gouvernements, les enseignes et les institutions internationales doivent cesser de faire comme si de rien n'était et prendre des mesures concrètes pour couper les vivres à la junte."