RSF - Reporters sans frontières

08/07/2026 | Press release | Distributed by Public on 08/07/2026 09:47

Cambodge : RSF appelle les autorités à libérer le journaliste Luot Sophal

Le journaliste cambodgien Luot Sophal est détenu depuis près de six mois, en représailles à ses reportages sur les pénuries d'eau affectant des soldats pendant le conflit frontalier avec la Thaïlande. Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités cambodgiennes à le libérer immédiatement et à mettre un terme à l'instrumentalisation de la justice pénale pour faire taire le journalisme indépendant.

Ce vendredi 7 août 2026, l'équipe juridique du journaliste Luot Sophal a interjeté appel de la peine de deux ans de prison prononcée contre lui par le tribunal provincial d'Oddar Meanchey, dans le nord-ouest du Cambodge. Le journaliste de 38 ans, qui travaille pour le média d'actualités locales Srotop Yuvakvey News, avait été reconnu coupable le 14 juillet dernier d'"atteinte au moral des forces armées" et d'"incitation à commettre un crime".

Luot Sophal est détenu depuis le 13 février, après avoir diffusé en direct sur les réseaux sociaux une vidéo évoquant une pénurie d'eau touchant des soldats cambodgiens déployés en première ligne du conflit frontalier avec la Thaïlande fin 2025. Ces informations avaient également été rapportées par des médias indépendants, notamment Voice of Democracy (VOD) et Radio Free Asia (RFA), contraints d'opérer depuis l'étranger depuis plusieurs années en raison de la répression menée par le gouvernement cambodgien.

Interrogé par RSF, le rédacteur en chef et propriétaire de Srotop Yuvakvey News, Pen Noun, a déclaré : "J'aimerais le voir libéré. Il n'aurait jamais dû être condamné à deux ans de prison. D'autres journalistes ont également couvert ces sujets, alors pourquoi a-t-il été arrêté ?"

"Luot Sophal n'a fait que son devoir de journaliste en informant sur les conditions précaires des soldats cambodgiens. Les efforts des autorités pour le faire taire illustrent leur mépris total pour la liberté de la presse. Nous exhortons les autorités cambodgiennes à annuler sa condamnation et à le libérer immédiatement, ainsi qu'à mettre fin à la persécution systématique des journalistes qui couvrent des sujets d'intérêt public.

Cédric Alviani
Directeur du bureau Asie-Pacifique de RSF

Les journalistes couvrant le conflit avec la Thaïlande pris pour cible

Les autorités cambodgiennes ont intensifié leur répression contre les journalistes couvrant le conflit frontalier avec la Thaïlande depuis l'escalade des tensions l'année dernière. En août 2025, le journaliste Meas Sara avait été détenu pendant une journée et inculpé pour "incitation à commettre un crime" après avoir publié des entretiens avec des Cambodgiens vivant près de la frontière, qui affirmaient avoir perdu l'accès à leurs habitations en raison d'opérations militaires thaïlandaises. Les charges retenues contre lui sont toujours en cours.

Le Cambodge, où la situation de la liberté de la presse est jugée "très grave", occupe le 151e rang sur 180 pays et territoires au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2026 par RSF.

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Publié le 07.08.2026
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