06/03/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/04/2026 03:16
La journaliste Roxana Berenice Guzman Ramirez, qui dirige Pulso Informativo del Sureste, une page d'actualités locales sur Facebook, a été enlevée à son domicile dans la matinée du 2 juin à Nanchital, dans l'État de Veracruz, au sud du Mexique. Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités mexicaines, qui ont ouvert une enquête, à tout mettre en œuvre pour la retrouver saine et sauve, protéger sa famille et déterminer si ce crime pourrait être lié à son travail de journaliste.
Au moins trois hommes armés et masqués ont fait irruption au domicile de Roxana Berenice Guzman Ramirez à Nanchital dans la matinée du 2 juin. Une vidéo de l'attaque, filmée par la journaliste elle-même avant qu'elle soit enlevée, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, montre les assaillants en train de défoncer la porte d'entrée à l'aide d'un outil lourd avant de pénétrer dans la maison et de menacer la directrice du média Pulso Informativo del Sureste ("Bulletin d'information du Sud-Est"), avec des armes lourdes. Selon les informations parues dans la presse, les assaillants auraient ensuite emmené la journaliste vers une destination inconnue.
Le bureau du procureur général de l'État de Veracruz a confirmé l'ouverture d'une enquête et a indiqué que des procureurs, des experts médico-légaux et des agents de la police judiciaire avaient été déployés pour localiser la journaliste et identifier les responsables. L'opération de recherche mobilise à la fois les autorités de l'État et les autorités fédérales, notamment le secrétariat à la sécurité publique de Veracruz, la Marine, la Garde nationale et la Police ministérielle.
"L'enlèvement de Roxana Berenice Guzman Ramirez par des hommes lourdement armés est un crime extrêmement grave qui exige une réponse immédiate de la part des autorités mexicaines. Les autorités doivent mobiliser toutes les ressources disponibles pour déterminer où elle se trouve, la retrouver saine et sauve et identifier les responsables. Compte tenu de la nature de ses reportages et du contexte dans lequel elle travaille, ses activités journalistiques récentes doivent être considérées comme une piste prioritaire dans l'enquête.
Roxana Berenice Guzman Ramirez est journaliste, fondatrice de Pulso Informativo del Sureste, un média de proximité basé à Nanchital, une ville d'environ 30 000 habitants située dans le sud de l'État de Veracruz. La page d'actualités suivie par environ 20 000 personnes. À travers ce canal, Roxana Berenice Guzman Ramirez publie des reportages sur les affaires communautaires, les plaintes des citoyens, les services publics, la politique municipale, les questions de sécurité publique et d'autres sujets d'intérêt local.
À la suite de son enlèvement, la Commission d'État de Veracruz pour la protection et l'assistance des journalistes (CEAPP) a dépêché une équipe sur place pour soutenir sa famille. En 2019, les médias mexicains avaient rapporté que Roxana Berenice Guzman Ramirez avait déjà sollicité l'aide de la CEAPP après avoir dénoncé un harcèlement présumé de la part d'un fonctionnaire municipal à Nanchital.
Cette affaire s'inscrit également dans un contexte de violences antérieures ayant touché Roxana Berenice Guzman Ramirez et sa famille. En 2017, son compagnon Carlos Fernandez Escalante a été abattu à Nanchital. Selon les médias locaux, la journaliste a ensuite passé plusieurs années loin de Veracruz avant de revenir à Nanchital et de reprendre son travail de reportage pour Pulso Informativo del Sureste.
Veracruz est depuis longtemps l'un des Étatsles plus dangereux du Mexique pour les journalistes. L'enlèvement de Roxana Berenice Guzman Ramirez intervient dans un contexte de violence persistante envers la presse, en particulier des journalistes locaux couvrant les questions de sécurité, la politique municipale et les doléances des citoyens.
Selon RSF, au moins 28 journalistes sont actuellement portés disparus au Mexique, ce qui constitue l'une des manifestations les plus extrêmes de la violence contre le droit d'informer. Le Mexique se classe 122e sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de RSF.