01/13/2026 | News release | Archived content
Au cours des cinq dernières années, le programme PRISMAP, coordonné par le CERN, a fourni 159 lots de radionucléides pour la recherche sur le cancer
Préparation de radionucléides auprès de CERN-MEDICIS, l'une des huit installations de production participant au projet européen PRISMAP. Au cours des cinq dernières années, le réseau PRISMAP a donné accès à de nouveaux radionucléides, contribuant ainsi à la recherche sur l'imagerie et le traitement du cancer. (Image : Ana Tovar Pascual)
Les radionucléides sont utilisés en médecine nucléaire à des fins d'imagerie et de thérapie. Ces noyaux instables se désintègrent en émettant des radiations qui endommagent ou détruisent les cellules cancéreuses. Ces dix dernières années s'est développée l'approche « théranostique », une technique associant imagerie et traitement personnalisé.
Deux produits sont déjà autorisés à être commercialisés dans plusieurs pays pour le traitement du cancer neuroendocrinien et du cancer de la prostate. De nombreux autres médicaments radiopharmaceutiques sont en cours de développement ; l'accès aux radionucléides appropriés reste toutefois difficile lors des premières étapes de la recherche biomédicale.
Le principal objectif de PRISMAP, programme européen pour les radionucléides à usage médical coordonné par le CERN, était donc de donner accès à de nouveaux radionucléides d'une grande pureté, facilitant ainsi la phase de recherche pour des traitements médicaux ciblés.
« En rapprochant huit installations de production de radionucléides de cinq centres de recherche biomédicale en Europe, le projet a incontestablement stimulé la recherche sur le traitement du cancer », explique Thierry Stora, responsable de l'installation CERN-MEDICIS et coordinateur du programme PRISMAP.
Au cours des cinq dernières années, PRISMAP a soutenu 47 projets de recherche médicale dans 19 pays. Au total, 159 lots de 23 radionucléides différents ont été fournis à des laboratoires biomédicaux, comme le montre le graphique ci-après. Outre fournir des radionucléides, PRISMAP a également permis à des équipes de chercheurs qui avaient besoin d'autorisations ou d'équipements spéciaux de mener des projets de recherche auprès de ses cinq installations biomédicales.
CERN-MEDICIS a fourni de nombreux radionucléides à émission alpha, dont l'utilisation reste l'une des voies les plus prometteuses pour traiter le cancer. Les particules alpha, (des ions d'hélium constitués de deux protons et de deux neutrons) ciblent les cellules cancéreuses avec plus de précision, en préservant les tissus sains, et détruisent plus efficacement les micro-métastases, ce qui est l'un des plus grands défis auquel l'oncologie doit faire face.
CERN-MEDICIS est la seule installation au monde produisant des radionucléides par séparation des masses pour la recherche biomédicale, ce qui donne des nucléides d'une grande pureté. En associant des radionucléides produits dans des cyclotrons et des réacteurs nucléaires traditionnels à la technique de séparation des masses de CERN-MEDICIS, le programme a permis de produire des radionucléides innovants.
Un exemple significatif est la combinaison de deux radionucléides de plomb - l'un (Pb-203) provenant du cyclotron ARRONAX de Nantes (France) et l'autre (Pb-212) de l'installation CERN-MEDICIS - qui ont été fournis à l'Hôpital universitaire de Dresde (Allemagne) pour les travaux de recherche qui y sont menés sur le diagnostic et le traitement du cancer de la prostate. « Le projet PRISMAP a joué un rôle déterminant dans le développement de cette approche théranostique très innovante, souligne Thierry Stora. Les premiers résultats, publiés récemment, sont très encourageants. »
Le projet PRISMAP a pris fin le 31 décembre 2025. Sur la base de ces résultats encourageants, une demande de financement pour un projet de suivi de trois ans, PRISMAP+, a été soumise afin de développer et renforcer le réseau.