03/27/2026 | News release | Archived content
Aujourd'hui, 18 membres d'une coalition d'organisations humanitaires représentés par l'Association des agences pour le développement international (AIDA) ont réaffirmé leur décision de déposer une requête auprès de la Cour suprême israélienne, à la suite de l'audience tenue plus tôt cette semaine.
AIDA et plusieurs ONG internationales actives dans le Territoire palestinien occupé ont déposé la requête. Elle fait suite à l'introduction d'un nouveau système d'enregistrement israélien qui compromet des dizaines d'organisations humanitaires internationales, dont plusieurs membres d'AIDA, en restreignant encore davantage leur capacité d'action en Israël et dans le Territoire palestinien occupé. Bien que des demandes d'enregistrement via le nouveau système aient été soumises, elles restent en suspens en raison des demandes de transmission de données confidentielles relatives au personnel.
Au vu des graves conséquences sur l'accès humanitaire, les membres d'AIDA poursuivent ce processus judiciaire, car ils sont convaincus que ce dossier soulève des questions essentielles qui méritent un examen judiciaire approfondi. Lors de l'audience, la Cour a restreint les arguments à la question étroite de la confidentialité des données, ce qui a empêché les organisations requérantes de présenter les problèmes plus larges qui se posent en termes juridiques et de sécurité, notamment les obligations d'Israël en tant que puissance occupante et la légalité des mesures qui pourraient entraver l'action humanitaire. Les membres d'AIDA ont exprimé leur vive inquiétude devant la faible considération accordée à ces questions centrales lors de l'audience. Par ailleurs, les organisations requérantes ainsi que les diplomates n'ont pas été autorisés à assister à l'audience, tandis que de hauts fonctionnaires du gouvernement israélien, leur entourage et d'autres observateurs sans aucun lien avec la procédure ont pu entrer et perturber l'audience.
L'État a confirmé sa demande de transmission de données confidentielles pour l'ensemble du personnel à Gaza et en Cisjordanie, indépendamment de toute entrée en Israël. Dans un contexte où des centaines de travailleurs humanitaires ont perdu la vie, la transmission contrainte de données sensibles sans garanties claires, transparence ou restrictions d'utilisation représente un risque bien réel. De plus, cette transmission serait contraire aux normes relatives à la protection des données et aux obligations légales de nombreuses organisations de l'Union européenne. Cela place les organisations requérantes dans une situation impossible : se soumettre à ces exigences reviendrait à manquer à leurs obligations légales et à leur devoir de protection, tandis que la non-conformité entrainerait vraisemblablement un refus de leur enregistrement.
Les organisations requérantes soulignent leur engagement à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir la poursuite de leurs opérations dans le Territoire palestinien occupé et continuer à fournir une assistance sous enregistrement auprès de l'Autorité palestinienne. Cependant, elles craignent que la perte de l'enregistrement israélienne ne vienne entraver davantage leur capacité d'action à travers le territoire à un moment où les besoins humanitaires restent considérables. Les ONG internationales font partie intégrante de la réponse. À Gaza, elles fournissent plus de la moitié de l'aide alimentaire, soutiennent la plupart des hôpitaux de campagne et fournissent des services essentiels, tels que l'accès à un abri, l'eau, l'assainissement, la nutrition, l'action antimines et des services d'éducation d'urgence. Même lorsque les organisations disposaient d'un certificat d'enregistrement valide, les ONG ont vu leur capacité à acheminer des biens à Gaza être entravée pendant plus d'un an, et leur demande de déploiement de personnel international dans la bande de Gaza durant le cessez-le-feu refusée. Toute nouvelle restriction de l'accès opérationnel aurait des conséquences tout aussi prévisibles que dévastatrices pour les civils.
Les conditions sont catastrophiques à Gaza et la situation se détériore en Cisjordanie avec une intensification des violences perpétrées par les colons, des déplacements et des restrictions d'accès.
Compte tenu de ces circonstances, l'accès humanitaire doit impérativement s'étendre au lieu de décroitre.
AIDA et les membres requérants exhortent le gouvernement israélien à revoir et à ajuster les procédures actuelles d'enregistrement, afin qu'elles n'entravent pas l'aide humanitaire. Elles demandent également aux pays donateurs d'utiliser tous les moyens diplomatiques, politiques et juridiques à leur disposition pour exiger la suspension et le renversement de mesures qui restreignent l'accès humanitaire.
Palestine