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04/10/2026 | News release | Archived content

Corée : plus de 20.000 travailleurs sous-traitants réclament le droit de négocier à Hyundai et POSCO

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10 avril, 2026En août 2025, l'Assemblée nationale sud-coréenne a adopté les amendements à la Loi sur les syndicats et l'adaptation des relations au travail. Ce texte a établi, pour la première fois, une base juridique permettant aux travailleuses et travailleurs précaires et sous-traitants de négocier directement avec leurs employeurs principaux. Toute entité qui exerce un contrôle significatif sur leurs conditions d'emploi est désormais reconnue comme « employeur ».

Cette victoire, durement acquise, est le fruit de plus de vingt ans de luttes syndicales.

Dès l'entrée en vigueur des amendements, le 10 mars dernier, plus de 20.000 salariés précaires et sous-traitants issus de 58 sections du Syndicat coréen des métallurgistes (KMWU) ont soumis leurs revendications officielles à 18 employeurs principaux, parmi lesquels Hyundai Motor, HD Hyundai Heavy Industries et Hyundai Steel.

À ce jour, seules deux de ces entreprises en ont accusé réception. Même Hyundai Steel, dont le statut d'employeur principal a déjà été reconnu par les tribunaux, a refusé d'acter la requête du syndicat, obligeant ce dernier à la lui notifier par fax et courrier postal.

En introduisant le mécanisme de représentation exclusive en matière de négociation, le ministère de l'Emploi et du Travail sud-coréen définit toutes les travailleuses et tous les travailleurs précaires et sous-traitants comme une seule unité de négociation. En vertu de la législation sud-coréenne, ce processus exige que tous les syndicats présents sur un lieu de travail désignent un représentant unique préalablement à toute négociation, ce qui risque de marginaliser les petits syndicats des sous-traitants au profit des grands syndicats des entités principales. Cette mesure constitue une porte ouverte pour les employeurs principaux qui pourraient, dès lors, refuser à certains syndicats de sous-traitants le droit de négocier collectivement avec eux. Ce qui va à l'encontre de l'objectif des amendements destinés à protéger les droits des travailleurs précaires et sous-traitants.

Le 3 mars dernier, lors de sa 61e Assemblée générale ordinaire des délégués, le KMWU a identifié la campagne pour l'abrogation du mécanisme de représentation exclusive en matière de négociation comme l'une de ses quatre priorités. Les trois autres portent sur l'organisation d'actions de négociation conjointes à travers les chaînes de sous-traitance, l'obtention de victoires de négociation faisant jurisprudence et la revendication d'un cadre de dialogue social qui promeut des négociations multi-employeurs.

Membres du Syndicat coréen des métallurgistes (KMWU) lors de la 61e Assemblée ordinaire des délégués, mars 2026. © KMWU

Le Président du KMWU, Park Sang-Man, a déclaré :

« Garantir la dignité sur le lieu de travail aux travailleuses et travailleurs précaires et sous-traitants, externalisés et employés sur site par des filiales, depuis longtemps victimes de discrimination, représente une étape cruciale dans la lutte contre la polarisation du marché du travail. En 2026, le KMWU consacrera tous ses efforts à obtenir et à étendre le droit à la négociation collective avec les employeurs principaux. Nous exhortons le gouvernement à respecter le droit des travailleurs sous-traitants à la négociation collective et à abolir le mécanisme de représentation exclusive en matière de négociation. »

Les travailleurs de POSCO soumettent une proposition de convention collective

Par ailleurs, le 10 mars dernier, 3.500 travailleuses et travailleurs précaires et sous-traitants ont soumis une proposition de convention collective à POSCO (Compagnie Sidérurgique de Pohan) par l'intermédiaire de la Fédération des syndicats coréens des métallurgistes (FKMTU). POSCO a accusé réception de cette proposition émanant à la fois de la FKMTU et du KMWU.

Membres de la Fédération des syndicats coréens des métallurgistes (FKMTU) lors d'une réunion, Corée, mars 2026. © FKMTU

Le Président de la FKMTU, Kim Jun Young, a indiqué :

« L'amendement de la loi offre l'opportunité de poser les jalons de la négociation collective en faveur des travailleuses et travailleurs de la République de Corée qui n'ont pas bénéficié de droits de négociation significatifs. Nous nous sommes concentrés sur les questions de santé et de sécurité et ceci constitue un point de départ. Nous espérons que le champ d'application des négociations s'élargira progressivement. »

IndustriALL Global Union published this content on April 10, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on April 13, 2026 at 15:43 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]