10/22/2026 | Press release | Distributed by Public on 10/22/2026 09:45
Shanhui Zhang est l'un des visages les plus visibles de la propagande chinoise dans le paysage médiatique français. Formée au sein de médias français - le quotidien régional La Presse de la Manche et le groupe audiovisuel public France Télévisions - avant de rejoindre l'agence Xinhua, elle est aujourd'hui journaliste à CGTN Français, où elle présente deux émissions. Depuis mai 2025, elle intervient régulièrement sur le plateau de CNews, chaîne française d'information en continu, pour commenter l'actualité internationale depuis Pékin. Ses interventions reprennent les positions diplomatiques chinoises devant un large public français, sans véritable contradiction de la part des autres journalistes ou commentateurs présents.
Sur CNews, Shanhui Zhang est tour à tour présentée comme une "journaliste de CGTN", une "journaliste de la télévision chinoise" ou encore une "correspondante de CNews en Chine". En janvier 2026, le média d'investigation français Mediapart révélait qu'elle n'était pas rémunérée pour ses interventions sur la chaîne, soulevant des interrogations sur la nature de cette collaboration. Mais c'est surtout le contenu de ses interventions qui retient l'attention. Le 4 janvier 2026, alors qu'elle était présentée à l'antenne comme une "correspondante de CNews à Pékin", Shanhui Zhang a commenté l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis en reprenant la rhétorique des responsables chinois, sans apporter de mise en perspective. Après avoir rappelé que "la Chine condamne fermement le recours éhonté à la force" et dénoncé une opération menée en "ignorant totalement l'ordre international" - comme l'avaient fait d'autres pays -, la journaliste en a profité pour présenter la Chine comme un État respectueux de tous les autres pays, "quelle que soit leur taille, leur puissance ou leur poids économique". Cette présentation passe notamment sous silence la pression militaire exercée par Pékin sur plusieurs États voisins, au premier rang desquels Taïwan.
Les termes employés par Shanhui Zhang obéissent à une logique bien établie : ils mettent systématiquement en avant le point de vue de Pékin, avec des formulations telles que "la Chine défend" ou "la Chine s'inquiète". Les positions du PCC sont présentées comme des faits et sont rarement - voire jamais - confrontées à des analyses contradictoires. Rien de très surprenant au regard du média qui l'emploie. Lancé en 2016, CGTN s'inscrit dans la volonté du dirigeant du PCC, Xi Jinping, de "bien raconter la Chine". En clair, la chaîne constitue un instrument majeur de diffusion de la propagande de Pékin à l'étranger.
Sur les réseaux sociaux, Shanhui Zhang défend régulièrement les positions des autorités chinoises, souvent sans se soucier de la vérité ni de la distance critique propre au journalisme. En juillet 2025, répondant à Alexandre Bompard, PDG du groupe de distribution Carrefour, qui avait critiqué l'absence de "règles juridiques" encadrant les plateformes chinoises de commerce en ligne Shein et Temu, elle a affirmé sur son compte X que ces entreprises "respectent les réglementations, innovent et créent des emplois". Le même mois, une enquête conjointe menée par les ONG ActionAid et China Labor Watch accusait pourtant le géant chinois Shein d'"exploitation organisée", de "rythme de travail effréné", de "discrimination fondée sur le genre" et d'un "manque de protection sociale", des accusations corroborées par la suite par d'autres études.
La journaliste met également en avant sa collaboration avec RT France, service francophone d'un média d'État russe, sanctionné en mars 2022 pour son rôle d'organe de propagande, à la suite d'une décision unanime du Conseil de l'Union européenne. Son parcours s'est ainsi construit au sein de réseaux médiatiques et de partenariats qui s'inscrivent au plus près de la stratégie d'influence de Pékin.