11/06/2026 | Press release | Distributed by Public on 11/06/2026 11:06
1/ Une BoE plus « hawkish », sur la forme comme sur le fond
Si la décision n'est pas une surprise, le ton du Comité est plus ferme qu'attendu.
Sur la forme, les neuf membres du Comité ont voté pour une hausse, y compris les « colombes » Swati Dhingra et Alan Taylor. Sur le fond, les projections sont révisées à la hausse : l'inflation atteindrait 4,5 % au T1 2027 et environ 5 % au T2 contre 3,5 % en septembre (cf. graphique 2). En particulier pour la BoE :
2/ Des actions préventives mais pas un cycle de hausses de taux
Dans ce contexte, la BoE affirme son approche de gestion des risques. La hausse du jour est préventive. Elle vise à se prémunir contre un choc énergétique plus fort et plus durable, avant l'apparition des risques de second tour alors que les données ne les montrent pas encore.
L'action « préventive » pourrait se poursuivre. Le gouverneur Bailey juge « assez forte » la probabilité d'une nouvelle hausse de 25 pb en l'absence de progrès au Moyen-Orient. Huw Pill et Megan Greene estiment aussi que d'autres hausses seront probablement nécessaires. Cela ne signale pas pour autant un cycle de resserrement. Le Comité n'a pas de trajectoire préétablie. La hausse d'aujourd'hui est « one-for-now » selon M. Taylor, tandis que son gouverneur précise que celle-ci n'est pas la première d'une longue série. La suite dépendra des prix de l'énergie, des salaires et des prix des services, ainsi que des négociations salariales de 2027.
De notre point de vue, la BoE laisse la porte ouverte à d'autres hausses de taux, selon l'évolution des prix de l'énergie et des effets de second tour. Nous intégrons désormais dans notre scénario central une nouvelle hausse préventive de 25 pb en février 2027, portant le taux directeur à 4,25 %, si le choc énergétique se diffuse aux salaires et aux services. Elle ne marquerait pas toutefois le début d'un nouveau cycle de resserrement : les conditions financières déjà restrictives font en partie le travail, et l'économie a peu de marge pour absorber des hausses prolongées, avec une croissance attendue en ralentissement et une politique budgétaire restrictive (cf. graphique 4).