07/27/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/27/2026 07:13
Le Forum international des métiers et des compétences (FIMEC) a réuni des représentants des gouvernements, des organisations d'employeurs et de travailleurs, des établissements de formation, des partenaires au développement et des acteurs du secteur privé afin d'explorer des approches innovantes en matière de développement des compétences et de création d'emplois.
27 juillet 2026
ABIDJAN (OIT Infos) - Si l'économie informelle demeure une source majeure d'emplois et de moyens de subsistance, une transformation économique durable exige la mise en place de mécanismes permettant aux travailleurs et aux entreprises de passer progressivement vers l'économie formelle. Cette transition est essentielle non seulement pour améliorer la productivité et la compétitivité, mais aussi pour élargir l'accès à la protection sociale, aux droits au travail et à des emplois de qualité.
Ce défi, auquel sont confrontés de nombreux pays africains, était au cœur d'un panel de haut niveau consacré à « Professionnaliser les métiers et structurer les secteurs économiques : accompagner la transition de l'économie informelle vers l'économie formelle », organisé les 15 et 16 juillet 2026 à Abidjan. Placé sous le thème « Compétences, emploi et transformation économique en Afrique : le rôle stratégique de la formation professionnelle », le Forum international des métiers et des compétences (FIMEC), organisé par l'Agence nationale de la formation professionnelle (AGEFOP), a réuni des représentants des gouvernements, des organisations d'employeurs et de travailleurs, des établissements de formation, des partenaires au développement et des acteurs du secteur privé afin d'examiner des approches innovantes pour renforcer les compétences et favoriser la création d'emplois.
Adame Traoré, Chargé technique au Hub africain des compétences de l'OIT, intervient lors du panel de haut niveau dans le cadre du FIMEC à Abidjan.À cette occasion, l'OIT a mis en avant le rôle déterminant du développement des compétences pour soutenir l'emploi productif, la croissance des entreprises et la transition vers l'économie formelle. En Afrique, où une grande partie des travailleurs exerce dans l'économie informelle, le renforcement des systèmes de développement des compétences constitue un levier essentiel pour promouvoir le travail décent, accroître la productivité et favoriser une transformation économique inclusive.
« Le développement des compétences ne consiste pas seulement à préparer les personnes à occuper un emploi. Il s'agit d'un investissement stratégique dans la productivité, la compétitivité et l'inclusion sociale. Lorsque les travailleurs et les entrepreneurs ont accès à des formations de qualité, à des qualifications reconnues et à des possibilités d'apprentissage tout au long de la vie, ils sont mieux armés pour développer leurs activités, améliorer leurs conditions de vie et participer pleinement à l'économie formelle », a souligné Adame Traoré.
Les échanges ont également mis en évidence que des millions de travailleurs acquièrent des compétences précieuses grâce à leur expérience professionnelle, à l'apprentissage traditionnel ou à l'entrepreneuriat, sans pour autant disposer d'une certification officielle. En l'absence de qualifications reconnues, beaucoup restent exclus des emplois à plus forte valeur ajoutée, des services financiers, des marchés publics et des systèmes de protection sociale.
S'appuyant sur son expérience mondiale, l'OIT a rappelé que la transition de l'économie informelle vers l'économie formelle nécessite des réponses politiques intégrées. Le développement des compétences doit s'accompagner d'institutions du marché du travail efficaces, de services d'appui au développement des entreprises, d'un dialogue social renforcé et de cadres réglementaires favorisant la formalisation des entreprises tout en garantissant les droits des travailleurs.
L'OIT a partagé plusieurs exemples d'interventions ayant permis de renforcer les systèmes de développement des compétences et d'améliorer les résultats sur le marché du travail. Ces interventions comprennent l'appui aux gouvernements pour développer des programmes d'enseignement et de formation techniques et professionnels (EFTP) fondés sur les compétences, la promotion de la validation des acquis de l'expérience (VAE) afin de certifier les compétences acquises dans le cadre du travail, l'amélioration de la qualité des systèmes d'apprentissage ainsi que l'accompagnement des micro, petites et moyennes entreprises pour accroître leur productivité et renforcer leurs pratiques de gestion.
Une attention particulière a été portée à l'importance de reconnaître les compétences déjà existantes dans l'économie informelle. En validant les compétences acquises en dehors du système formel d'éducation, les travailleurs peuvent accéder à de nouvelles possibilités de formation, améliorer leur employabilité et saisir de nouvelles opportunités au sein du marché du travail formel.
Les intervenants du panel de haut niveau lors du FIMEC à Abidjan.Le panel a également souligné l'intérêt des approches sectorielles, qui réunissent les gouvernements, les organisations d'employeurs et de travailleurs ainsi que les prestataires de formation afin d'identifier les besoins actuels et futurs en compétences. Une meilleure adéquation entre les systèmes d'éducation et de formation et les besoins du marché du travail permet de répondre aux pénuries de compétences tout en soutenant le développement de secteurs économiques compétitifs et productifs.
Faisant référence à la Recommandation (n° 204) de l'OIT sur la transition de l'économie informelle vers l'économie formelle (2015), l'Organisation a réaffirmé son engagement à accompagner les États Membres dans l'élaboration de politiques intégrées favorisant la formalisation, tout en promouvant le travail décent, la justice sociale et le développement durable des entreprises.
Les participants ont conclu les échanges en réaffirmant leur volonté de renforcer les partenariats entre les gouvernements, les organisations d'employeurs et de travailleurs, les établissements de formation et les partenaires au développement. Ils ont convenu qu'un investissement coordonné dans le développement des compétences et la professionnalisation des métiers sera indispensable pour bâtir des économies plus résilientes, améliorer la productivité et élargir les perspectives offertes aux travailleurs comme aux entreprises.
L'OIT a réaffirmé qu'investir dans les compétences constitue non seulement une voie vers l'emploi, mais aussi un puissant catalyseur de la formalisation, de la croissance économique durable et du travail décent. En poursuivant sa collaboration avec ses mandants et ses partenaires, l'Organisation demeure résolument engagée à renforcer les écosystèmes de compétences, promouvoir la formalisation et soutenir une croissance économique durable à travers l'Afrique.