06/05/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/05/2026 08:38
L'évaluation de l'impact économique de tels plans budgétaires repose sur la notion « d'effet multiplicateur », c'est-à-dire l'effet direct du soutien budgétaire auquel s'ajoutent les effets indirects et induits sur l'ensemble de l'économie. Dans le chapitre 2 du dernier World Economic Outlook, le FMI estime que l'effet multiplicateur associé aux dépenses militaires est historiquement proche de 1. En d'autres termes, une hausse des dépenses militaires équivalente à 1% du PIB génère, en moyenne, environ 1% de PIB supplémentaire.
Toutefois, l'histoire macroéconomique de ce nouveau cycle de dépenses de défense reste à écrire. Plusieurs facteurs suggèrent que l'effet multiplicateur pourrait être sensiblement supérieur à sa moyenne historique, dans un contexte particulièrement favorable. Premièrement, la synchronisation des plans de défense au sein des pays de l'OTAN devrait limiter les « fuites » vers l'extérieur et renforcer les effets de rétroaction positive entre économies partenaires. Deuxièmement, l'horizon de long terme de ces programmes est susceptible de déclencher un puissant accélérateur d'investissement en stimulant les capacités industrielles domestiques, la recherche-développement et la mobilisation des capitaux privés. Troisièmement, le policy-mix apparaît favorable : ces dépenses seront majoritairement financées par déficit, sans compensation budgétaire immédiate sur d'autres postes de dépenses. Par ailleurs, la politique monétaire ne constituera pas a priori un frein significatif à l'activité. Enfin, l'étalement de ces programmes sur plusieurs années favorisera les externalités technologiques positives traditionnellement associées aux dépenses de R&D.
La littérature économique suggère que ces différents mécanismes pourraient majorer l'effet multiplicateur de 0,4 à 0,8 point. En retenant une hypothèse intermédiaire de +0,5 point, le multiplicateur des futures dépenses militaires passerait ainsi de 1,0 à 1,5. Compte tenu des objectifs validés lors du sommet de l'OTAN de La Haye en juin 2025 (tableau 1), nous estimons que l'impact positif sur la croissance des économies européennes pourrait atteindre environ +0,25% par an sur la période 2026-2030, puis dépasser +0,5 point par an entre 2030 et 2035 (graphique 1). Ainsi, les dépenses de défense et de sécurité constitueront un facteur durable de résilience conjoncturelle.