05/18/2026 | News release | Distributed by Public on 05/18/2026 09:31
A l'ouverture de la 79e Assemblée mondiale de la santé, lundi à Genève, le Directeur général de l'OMS a défendu une rénovation en profondeur d'une nouvelle architecture sanitaire mondiale adaptée à l'avenir, qui est devenue au fil du temps « de plus en plus encombrée, complexe et fragmentée ».
« Il est temps de la rénover, afin de construire. Lors de cette Assemblée, les États Membres examineront une proposition visant à mettre en place un processus conjoint, dirigé par les États Membres et hébergé par l'OMS, afin de réformer l'architecture sanitaire mondiale », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Pour l'OMS, l'objectif n'est pas de lancer une nouvelle initiative, mais de rassembler les nombreuses initiatives existantes qui ont proposé des réformes de l'architecture mondiale de la santé, en partie ou en totalité.
Au Palais des Nations, le chef de l'OMS a mis en avant ces chantiers de transformation et de modernisation engagés ces dernières années.
Au sujet des urgences sanitaires, il a rappelé les acquis post-Covid-19, comme la création à Berlin d'un Hub mondial des données de santé adossé à l'intelligence artificielle, le lancement d'un Centre de transfert de technologie ARNm au Cap, en Afrique du Sud, qui partage désormais cette technologie avec des centres de recherche dans 15 pays, et l'adoption du premier Accord mondial sur les pandémies lors de la précédente Assemblée.
Mais la mise en place de ces chantiers sont intervenus dans un contexte de coupes budgétaire, de crises économiques ou de conflits, « une époque difficile, dangereuse et source de divisions ».
Comme vous le savez tous, l'OMS a elle-même traversé une période difficile en raison de coupes soudaines et drastiques dans son financement.
Beaucoup de gens s'interrogent sur l'impact de ces coupes sur l'avenir de l'OMS. Ils veulent savoir ce qui se passe.
Abordant la crise financière qui frappe l'OMS, le Dr Tedros a admis « une période difficile » après le retrait brutal de l'aide américaine, qui a contraint l'OMS à réduire ses programmes et à procéder à d'importantes suppressions de postes.
OMS Un agent de santé tient une seringue de vaccin contre le paludisme au Ghana lors d'une campagne de vaccination de masse. (archive)Pour l'exercice budgétaire en cours, le chef de l'OMS a indiqué que 90% du budget de base était financé, tout en reconnaissant que les 10% restants seraient difficiles à mobiliser dans le contexte actuel. « Nous avons désormais achevé le processus de restructuration. Nous avons atteint une situation de stabilité et allons de l'avant, avec détermination et confiance », a-t-il fait valoir.
Mais au cours de l'année écoulée, de nombreux pays ont connu de graves perturbations dues à des réductions soudaines et drastiques de l'aide au développement. « Ces perturbations, ainsi que les dommages qu'elles ont causés à la santé des individus, des familles et des communautés, étaient regrettables et auraient pu être évitées », a déploré le Dr Tedros.
Cette crise a également provoqué une prise de conscience politique dans plusieurs pays, incitant « de nombreux dirigeants à affirmer que le moment était venu de tourner la page de l'ère de la dépendance vis-à-vis des donateurs et d'ouvrir une nouvelle ère de souveraineté sanitaire ».
« Tel est le message de l'« Accra Reset », et les échos d'Accra résonnent désormais à Genève et dans le monde entier », a insisté le Dr Tedros, relevant que chaque pays devrait pouvoir compter sur les autres, par amitié et par solidarité.
« Aucun pays ne souhaite être dépendant. Chaque pays aspire à l'équité. Chaque pays aspire à la souveraineté », a-t-il conclu.
En écho à ce diagnostic de l'OMS, le Secrétaire général de l'ONU est également revenu sur les conséquences des coupes dans l'aide bilatérale et multilatérale, qui ont « perturbé les systèmes de santé et creusé les inégalités ».
S'exprimant dans un message vidéo, António Guterres a dressé un constat sévère des conséquences des coupes dans l'aide internationale : fermeture de dispensaires, licenciements de personnels soignants, recul des dispositifs de prévention et de surveillance sanitaire. Autant de fragilités qui, a-t-il averti, ont coûté des vies et aggravé la vulnérabilité de millions de personnes.
Dans le même temps, l'OMS a redéfini ses priorités, en se tournant vers les défis sanitaires qui se profilent à l'horizon. Une façon de réaffirmer le rôle central de l'agence onusienne dans la gouvernance sanitaire mondiale. Une institution jugée indispensable face aux crises à répétition, mais qui, selon eux, ne pourra remplir pleinement sa mission qu'à la condition de préserver son indépendance et de bénéficier de ressources financières stables, suffisantes et durables.
C'est dans ce contexte de réorientation des priorités que s'inscrit un constat plus large sur l'état de préparation mondiale face aux crises sanitaires à venir.
Unsplash/Gabriella Clare Marino Des Italiens font la queue pour se faire tester pour le COVID-19, après la vague d'Omicron de janvier 2022 à Rome, en Italie (Archives)Dix ans après l'épidémie d'Ebola et six ans après la pandémie de Covid-19, le monde reste insuffisamment préparé face aux futures crises sanitaires, alerte un nouveau rapport du Conseil mondial de suivi de la préparation (GPMB), organe indépendant créé par l'OMS et la Banque mondiale.
Selon le rapport, les épidémies se multiplient et deviennent plus destructrices, tandis que les investissements dans la préparation n'ont pas suivi l'augmentation des risques. Malgré certaines avancées, les efforts engagés sont fragilisés par les tensions géopolitiques, les perturbations écologiques, l'intensification des déplacements internationaux et la chute de l'aide au développement, à son plus bas niveau depuis 2009.
Le GPMB avertit qu'une nouvelle pandémie pourrait frapper un monde plus divisé, plus endetté et moins capable de protéger ses populations. Le rapport souligne aussi que l'intelligence artificielle peut renforcer la surveillance sanitaire, mais qu'en l'absence de garde-fous, elle risque d'aggraver les inégalités. Les experts appellent enfin à un meilleur suivi des risques, à un accès équitable aux traitements et à des financements durables dès le « jour zéro ».