09/30/2026 | Press release | Distributed by Public on 10/01/2026 20:03
Le lundi 28 septembre 2026, les associations Médecins du Monde et Human Rights Observers ont déposé un référé liberté devant le Tribunal Administratif de Lille. Elles demandent une suspension immédiate des opérations d'expulsion visant les lieux de vie des personnes exilées survivant sur le littoral Nord en raison de l'indentification d'un cas de diphtérie respiratoire, maladie à haut risque épidémique. L'audience aura lieu ce mercredi 30 septembre à 15h30.
Le vendredi 11 septembre 2026, une personne exilée ayant séjourné sur les campements du Dunkerquois a été diagnostiquée comme porteuse de diphtérie. Cette maladie à déclaration obligatoire peut être mortelle et est susceptible d'entraîner des complications graves, notamment cardiaques ou neurologiques, si la personne infectée n'est pas vaccinée.
Les associations présentes sur le terrain se sont tout de suite mobilisées, en lien avec l'Agence Régionale de Santé (ARS), pour faire face à cette situation de crise. Une campagne de vaccination a débuté le 24 septembre sur le Dunkerquois et devrait se poursuivre à minima jusqu'au 9 octobre. Mais malgré les nombreuses alertes - des associations, comme de l'ARS - auprès des autorités, les opérations d'expulsion des campements ont continué sur le Calaisis et aucun engagement formel n'a été pris sur le Dunkerquois. Cela présente un risque pour la santé et met à mal la gestion d'un épisode potentiellement épidémique, accentué par la forte mobilité des personnes exilées entre les deux territoires.
Depuis le 11 septembre 2026, malgré le risque de propagation de la diphtérie, au moins sept opérations ont eu lieu dans le Calaisis les 11, 15, 16, 18, 22 et 25 septembre qui ont mené à l'expulsion de seize lieux de vie. Selon une estimation récente des associations de terrain, au moins 1300 personnes seraient concernées par ces expulsions.
En termes de gestion épidémique, les opérations d'expulsion impliquent :
"En poursuivant les expulsions alors qu'il y a un risque épidémique, l'Etat met en danger la vie de centaines de personnes et porte atteinte à des libertés fondamentales dont il devrait pourtant être le garant. Le droit à la santé et à la vie n'est pas conditionné au statut administratif ou à une situation sociale. Malgré nos alertes, malgré celles de l'ARS, rien n'a changé : les expulsions continuent. Nous demandons au juge de faire ce que l'Etat ne fait pas : protéger la santé de toutes et tous." Diane Léon, coordinatrice du programme Nord littoral pour Médecins du Monde.
Médecins du Monde et Human Rights Observers demandent donc au juge des référés d'enjoindre aux préfets du Nord et du Pas-de-Calais de ne pas accorder le concours de la force publique pour réaliser les opérations d'expulsion et de suspendre les opérations d'expulsion fondées et non fondées sur des décisions de justice, jusqu'à la fin de la période sanitaire définie par l'ARS Hauts-de-France.