01/14/2026 | Press release | Distributed by Public on 01/14/2026 12:29
Q - Justement sur l'Iran, le ministre a été questionné trois fois sur l'éventuelle position française sur l'inscription des Gardiens de la révolution sur la liste européenne d'organisations terroristes. Chaque fois, il a évité de répondre. Donc, quelle est la position française ? Pourquoi est-ce que la France est hésitante à faire ceci ? Et plus globalement, est-ce que les services français ont fait une analyse de ce qui s'est passé en Iran ? Est-ce que vous avez une estimation du nombre de morts ? Et si les autorités ont repris un certain contrôle de la situation ? Merci.
R - Le ministre a été plutôt clair dans ses réponses lors des différentes interventions, tant ce matin sur une grande chaîne de radio que cet après-midi lors des questions au Gouvernement. En fait, les Gardiens de la révolution sont déjà sous sanctions européennes au titre de trois régimes différents et nous allons poursuivre dans cette voie. Ce que je voudrais rappeler, ensuite, sur la situation et notre analyse, il y a différents chiffres qui circulent. Nous sommes nous-mêmes en train de faire notre évaluation de la situation. Je note que les autorités iraniennes indiquent désormais que plus de 2.000 personnes sont décédées et qu'une réponse judiciaire de la part des autorités iraniennes est en cours. Ce que nous disons, c'est que cette répression est intolérable. Le président de la République a utilisé notamment le terme de violence d'État.
Notre réponse, elle est en quatre axes. Le premier, c'est le soutien à nos ressortissants. Ils sont environ 900 inscrits au registre et, pour une bonne partie d'entre eux, binationaux. Et évidemment, en particulier à Cécile Kohler et Jacques Paris, qui sont en sécurité, qui sont toujours à notre ambassade. Notre but est de pouvoir les ramener aussi vite que possible en France. Le deuxième élément, c'est d'engager des sanctions à l'encontre des responsables de cette répression contre les manifestants. C'était l'un des messages de la convocation de l'ambassadeur iranien en France hier à la demande du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Le troisième, c'est le soutien à la société civile. Vous le savez, le ministre a également demandé à ce que soient étudiées des solutions via l'opérateur EUTELSAT, pour que le rétablissement des connexions Internet puisse être fait au bénéfice des sociétés civiles. Et puis enfin, d'anticiper, de nous préparer à toute éventualité. Toute éventualité, cela veut aussi dire une possibilité d'intervention étrangère et cela veut aussi dire un risque d'escalade régionale que nous voulons évidemment éviter. Voilà un peu les différents éléments de notre position là-dessus et ce que je peux vous dire s'agissant de notre connaissance de la situation sur le terrain.
Q - Merci, pardonnez-moi, mais je vais revenir sur la question de John. Je ne suis pas française, c'est peut-être ça le problème, mais quand vous dites qu'on va « continuer dans cette voie », qu'est-ce que ça veut dire ? Pour moi, ce n'est pas du tout clair. J'aimerais aussi savoir, en fait, qu'est-ce que le ministre a répondu ? Parce qu'il y avait une demande explicite ce matin aussi dans son entretien avec le ministre israélien Gideon Sa'ar. Vous n'avez rien dit sur ce coup de fil. Donc, d'abord, cette question-là. J'aimerais aussi savoir, toujours sur le dossier iranien, est-ce que vous avez l'intention de retirer vos forces des bases que vous avez dans la région, sachant que les Américains sont en train de le faire ?
R - Quand vous dites nos forces, vous dites nos forces militaires ou notre ambassade ?
Q - Militaires d'abord, dans la région, pas en Iran, bien sûr.
R - Nous n'avons pas de forces militaires en Iran.
Q - Non, justement. Mais vous en avez dans la région du Golfe, donc est-ce qu'une démarche pareille est prévue ? J'aimerais aussi savoir, est-ce que vous prévoyez des sanctions, parce que c'est très bien de faire des déclarations et de faire une démarche, de convoquer l'ambassadeur iranien, mais est-ce qu'il y a des vraies sanctions qui sont sur la table, côté français ou côté européen, que vous prévoyez de faire ? Et juste aussi une petite, toute petite chose, toujours sur la question de John, parce que le ministre des Affaires étrangères de Luxembourg a dit ce matin qu'eux, ils sont pour. Il était extrêmement clair, pourquoi vous ne pouvez pas être si clair, ou peut-être que vous ne voulez pas ? Aussi, je n'ai pas compris sur les trucs des satellites, parce que moi, ce que j'ai entendu ce matin, c'est que le ministre a dit que cette possibilité va être explorée. Est-ce que vous dites que ça va être mis en place ? C'est très différent pour moi. Et Sur le Liban, est-ce que vous pouvez donner quelques détails sur le déplacement de M. Le Drian ? Est-ce qu'enfin il y a une date pour cette grande conférence de soutien de l'armée libanaise ? Merci.
R -Il y a une date pour cette grande conférence, mais je la donnerai en dernier dans mes réponses. Je vois que vous l'avez. Pour revenir sur le sujet iranien, déjà, je voudrais quand même redire, parce que l'on a le sentiment, en vous écoutant, qu'il n'y a pas de sanctions, que l'on n'a rien fait sur le sujet iranien depuis ces derniers mois. Je vous rappelle que l'on est revenu au régime de sanctions avant 2015, avant le JCPoA, c'est-à-dire qu'en activant le « snap-back », on est revenus au niveau maximal des sanctions et des différentes résolutions qui ont été adoptées entre 2006 et 2010 contre le régime iranien sur un autre sujet qui n'était pas la répression de sa population, mais sur le sujet de risque de prolifération nucléaire. Donc on en est là. Et votre question me permet de préciser ce que le ministre a aussi également dit, qui est en fait ensuite d'engager, notamment désormais, des sanctions au niveau européen, suite à ses échanges avec la Commission européenne. Premièrement, les différentes convocations des ambassadeurs iraniens en Europe ont été faites de manière coordonnée avec les Européens. Vous avez remarqué que notamment les autorités espagnoles ont fait ça à peu près en même temps que nous, les autorités allemandes également. Deuxièmement, nous engageons au niveau européen, donc ensuite, un système de sanctions proposé, donc là, il y a encore des échanges qui doivent être menés, qui en termes de sanctions vont dans les domaines habituels de l'interdiction de voyager sur le territoire européen et du gel des avoirs. Donc là, désormais, ce qui doit être fait, c'est notamment l'identification des responsables des répressions et ensuite la mise en place de ces sanctions à travers le cadre légal, notamment européen, et c'est un instrument qui est extrêmement puissant. Donc, à la fois, il y a les différentes sanctions de « snap-back » qui ont été rétablies et qui ne sont pas minces depuis septembre dernier. Il y a les trois régimes de sanctions qui sont déjà sur l'IRGC. Et puis, il y a ce travail que nous menons au niveau européen avec la Commission sur l'identification des responsables des répressions actuelles et la mise en place de ces sanctions au niveau européen. Cela peut prendre très longtemps, cela peut aller aussi assez vite quand il y a une certaine détermination et un certain consensus au niveau européen qui n'a pas l'air de ne pas être le cas actuellement.
Deuxièmement, concernant le retrait des forces militaires dans la région. Je n'ai pas d'informations en ce sens, c'est un sujet qui relève du ministère des Armées. Toutefois, concernant notre dispositif diplomatique sur lequel je suis plus à même de répondre, je peux vous confirmer que notre ambassadeur est sur place, que l'ambassade est fonctionnelle, et que nous avons reconfiguré notre dispositif. Nous l'avons réduit à un peu moins d'une vingtaine d'agents expatriés. Ce « noyau dur », tel que nous l'appelons, est un format qui permet d'assurer les missions du poste dans le contexte local, notamment celles au service de nos ressortissants, afin de leur passer les bonnes informations ainsi que les messages de prudence.
Enfin, sur la question des satellites, cette piste va être notamment explorée. Ce que nous ont demandé nos autorités, c'est que nous puissions explorer cette piste, évidemment avec l'entreprise citée, pour voir si techniquement et comment techniquement tout cela est possible. Cela va prendre un petit peu de temps. Mais en tout cas, c'est en cours et, encore une fois, la volonté est là.
Enfin, s'agissant du Liban, Jean-Yves Le Drian…
Q - (inaudible)
R - S'agissant de l'IRGC, je vous ai répondu. Je n'ai pas plus de commentaires que ce que je viens de vous dire. Sur l'entretien avec Gideon Sa'ar : je vous confirme que cet entretien a eu lieu. Sur l'Iran, les échanges se sont essentiellement tenus sur les développements en cours et aussi la volonté de prévenir tout risque d'escalade régionale. Le ministre a fait part ensuite de sujets bilatéraux avec les autorités israéliennes. Un des objets de cet appel était de faire part de nos préoccupations notamment sur les 37 ONG qui avaient été délistées et qui n'avaient pas été réenregistrées par les autorités et sur la colonisation, les différentes colonisations qui se développent elles encore en Cisjordanie. Ils ont échangé également sur la phase 2 du plan Trump. Voilà ce que je peux vous dire sur cet échange téléphonique entre Gideon Sa'ar et notre ministre Jean-Noël Barrot il y a quelques instants.
Sur le Liban, l'envoyé spécial du président de la République est en ce moment au Liban. Il a eu l'occasion de s'entretenir avec le président de la République, le président du Parlement, et le président des forces armées libanaises. Son voyage était notamment sur trois éléments principaux. Le premier, c'était le suivi et le renforcement du mécanisme de cessez-le-feu dans le cadre de l'accord du 27 novembre 2024. Deuxièmement, la mise en œuvre du plan des forces armées libanaises et notamment la deuxième phase annoncée, et du désarmement du Hezbollah, qui est, vous savez, une priorité partagée, et de la mise en œuvre des réformes économiques et financières nécessaires au relèvement du Liban. Il s'est ensuite entretenu également avec le Premier ministre, Nawaf Salam, dans les entretiens que je voulais vous indiquer. Ils se sont mis d'accord, notamment avec les représentants du Quintet, pour l'organisation à Paris, le 5 mars, de la conférence de soutien aux forces armées libanaises. C'est une conférence dont nous avons beaucoup parlé dans cette enceinte ces derniers temps. Je vous avais dit que nous y travaillions, c'est désormais chose faite. Nous avons un lieu, une date et les différentes parties prenantes pour la préparer. Donc ce sera le 5 mars à Paris.
Q - Toujours sur cette conférence de soutien à l'armée libanaise. C'est vrai que vous avez parlé de cette conférence, mais elle devait se tenir à Riyad et elle devait être suivie d'une autre conférence à Paris pour la reconstruction du Liban. Pourquoi ce changement ? Pourquoi la conférence de soutien à l'armée libanaise se tiendra à Paris et non pas à Riyad ?
R - Nous sommes toujours dans l'idée de maintenir le second track de conférence, qui est une conférence dédiée aux sujets notamment économiques. Je vous avais dit que notamment un des sujets qui devaient être réglés en amont ou qui devaient être discutés étaient les réformes économiques. Elles sont, pour certaines d'entre elles, intervenues, vous savez, à la fin de l'année dernière. Donc ce sujet de conférence, en tout cas la reconstruction de l'économie libanaise, est aussi en gestation. Et enfin, je n'ai pas de commentaire à faire sur pourquoi telle ville plus que telle autre, nous avons un principe d'efficacité avec les différentes parties prenantes, et en tout cas, les différentes parties prenantes, dont les partenaires saoudiens, sont d'accord pour cette organisation le 5 mars prochain à Paris.
Q - Sur le Venezuela, demain, il y a la réunion de Donald Trump avec Maria Corina Machado. Quelle est la position française suite aux déclarations des États-Unis qu'ils allaient laisser de côté l'opposition vénézuélienne et essayer d'avoir des contacts et des discussions avec le gouvernement de Delcy Rodríguez ? Quelle est votre position sur cela ? Est-ce que vous avez des contacts directs avec les autorités en place, c'est-à-dire le gouvernement de Delcy Rodríguez ? L'Espagne a suggéré la possibilité de revoir les sanctions européennes avec le régime vénézuélien, puisqu'il y a déjà des pas qui ont été donnés, notamment la libération de certains prisonniers politiques. Est-ce que vous êtes aussi pour cela ?
R - Alors, je voudrais vous redonner un tout petit peu de contexte sur le sujet et sur notre position. La première, nous l'avons dit et redit, c'est qu'aucune solution politique durable pour nous ne saurait être imposée de l'extérieur. Nous continuons à défendre le droit international et les principes de la Charte des Nations unies. Nous pensons, également que le peuple vénézuelien doit être au cœur de cette transition. Le week-end de l'intervention américaine, le président de la République s'est entretenu avec Mme Machado. Dans sa déclaration, le Président a notamment indiqué que le président González devait avoir une position centrale dans la future transition. C'est toujours ce que nous pensons, c'est-à-dire que cette transition doit être pacifique, inclusive et surtout donner la parole au peuple vénézuélien. Les ambassadeurs européens au Venezuela ont eu l'occasion de s'entretenir avec la vice-présidente actuelle localement. Et la libération, ces derniers jours, des prisonniers politiques vénézuéliens et de plusieurs ressortissants européens est un signal positif que nous avons accueilli positivement. S'agissant désormais des prochaines étapes, tous les prisonniers politiques restant doivent être libérés dans les prochains jours et semaines. C'est indispensable pour une transition apaisée. S'agissant de notre positionnement, notre ambassade sur place est pleinement fonctionnelle et elle entretient des relations diplomatiques avec les autorités vénézuéliennes. Enfin, s'agissant des sanctions de l'Union européenne, nous avons pris note de la position de l'Espagne et nous allons en discuter entre Européens dans les enceintes compétentes du Conseil.
Q - Est-ce qu'on peut nous donner des informations supplémentaires sur la situation en Iran, sur l'ampleur des manifestations ? Est-ce qu'on est plutôt sur une mobilisation qui augmente ou bien, à l'inverse, qui faiblit ? Est-ce qu'il y a des éléments supplémentaires que vous pouvez nous donner sur ce qui se passe ?
R - Notre position, ce n'est pas celle d'être des commentateurs d'événements extérieurs. Nous sommes des acteurs diplomatiques et nous défendons à la fois nos intérêts et les intérêts de nos ressortissants sur place. Je n'ai pas plus d'éléments à vous donner sur ce qu'il se passe. Il y a un suivi qui est très important, notamment fait par la presse. Ce qui est, en tout cas, vraiment majeur pour nous, c'est la défense de nos ressortissants sur place, la préservation de notre emprise diplomatique et le fait que nous puissions continuer à effectuer notre travail. Et c'est bien la logique de reconfiguration de l'ambassade que nous avons adoptée.
Q - Je veux juste comprendre, quelle est la position de la France sur l'idée d'inscrire les Gardiens de la révolution comme organisation terroriste ? J'ai compris qu'il y a des sanctions, quoique les sanctions depuis 2020 et 2023, franchement, ça ne change pas grand-chose, parce qu'elles sont essentiellement symboliques. Je dirais que même, de mettre ce régime de sanctions contre les gardes révolutionnaires aussi, mais le symbole est beaucoup plus important que les sanctions individuelles sur des gens qui n'ont pas d'avoirs en Europe et qui ne voyagent pas en Europe. Donc, juste, sur le régime de sanctions gardes révolutionnaires-terrorisme, quelle est la position de la France ? Est-ce qu'on est pour ? Est-ce qu'on est contre ? Est-ce qu'on veut voir comment ça se passe dans les prochaines semaines ? Ce n'est pas une critique, c'est juste d'essayer de comprendre, parce qu'il y a certains pays qui sont pour, d'autres qui sont contre, et il y a des raisons logiques pour être contre ; mais là, à ce stade, la France ne communique pas, et ce serait bien de comprendre quelle est l'idée derrière tout ça.
R - Nous ne n'excluons pas. Nous devons en parler entre Européens et les experts doivent travailler. C'est ça, surtout, là où nous en sommes. C'est pour ça que c'est une réponse qui est à ce stade une réponse d'attente. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, a annoncé un travail. On va travailler avec elle là-dessus. Et encore une fois, même si c'est peut-être jugé insuffisant, les Gardiens de la révolution sont déjà sous sanctions européennes au titre de trois régimes de sanctions. Et encore une fois, la France a joué, avec les pays des E3, l'Allemagne et le Royaume-Uni, un rôle majeur dans le rétablissement du snapback à l'été dernier. Donc il ne faut surtout pas donner cette impression qu'il n'y ait pas de régime de sanctions face, actuellement, au régime iranien.
Q - En revenant vers l'Iran, s'il vous plaît. Sur la question que ma collègue a abordée, sur le nombre des ressortissants français qui sont sur place. Est-ce que vous avez des chiffres exacts ? Une autre question, peut-être anticipée : est-ce que, s'il y a une intervention militaire contre l'Iran, est-ce que la France va participer ?
R - Je ne réponds pas à des options fictives à ce stade, c'est un principe, donc je ne vous répondrai pas sur ce point. S'agissant des ressortissants, nous sommes à environ 900 ressortissants français ou franco-iraniens sur place, inscrits au registre. C'est la base du travail consulaire habituel : c'est celui d'être en contact avec eux à travers ce qu'on appelle par exemple des chefs d'îlots, Et notre travail consulaire, c'est d'être en contact avec eux, de pouvoir leur donner des informations telles que nous les avons, et puis ensuite aussi de pouvoir identifier et avoir de leurs nouvelles et savoir où ils sont. Je ne saurais que redire le message, qui est de ne pas se rendre en Iran, bien sûr de la part de nos ressortissants, mais y compris de la part de la presse.
Q - Deux petites questions. Est-ce que vous pensez qu'il est toujours possible d'éviter une action américaine ? Et que faites-vous dans ce sens, diplomatiquement ? Et pour le Liban, est-ce qu'on sait qui va participer à la conférence du 5 mars ? Parce qu'on n'a pas encore… C'est quel pays qui va soutenir l'armée ? On sait qu'il y a ces cinq pays qui sont organisateurs, qui sont à bord, mais est-ce qu'on a plus de détails sur la conférence ?
Et sur le Groenland, puisque personne n'a posé cette question, le Président a dit qu'il y aura des conséquences inédites s'il y a une atteinte à la souveraineté d'un allié.
R - Conséquences en cascade inédites.
Q - Oui, inédites, en cascade, exactement. Est-ce que vous pouvez définir plus ce que ces conséquences pourraient être ? L'annonce aujourd'hui du consulat, est-ce que ça, c'est un message ? Le timing, il est assez intéressant. C'est une action qui va dans ce sens, oui, pour soutenir le Groenland. Mais que faites-vous ? On a l'impression que les Européens ne pourront pas empêcher une action américaine, s'il y a une décision qui a été déjà prise.
R -Sur le sujet iranien, notre position est celle, de manière très constante et que nous avons sur différents sujets, celui non seulement de la stabilité régionale, mais aussi du respect du droit international. Dans le cas iranien, ce que nous n'avons cessé de dire, c'est que nous pensons que la diplomatie et la négociation, telle que nous l'avons montré par exemple en 2015, sont de nature à régler la situation de manière durable, en particulier le sujet du risque de prolifération nucléaire. Mais de manière générale, pour avoir une solution politique durable, s'agissant des événements récents qui sont, encore une fois, inacceptables - et c'était le sens des propos du Président comme du Ministre - le peuple iranien doit en être le cœur et doit déterminer son propre avenir.
Q - (inaudible)
R - Ça, je vous laisserai le dire aux autorités américaines, si elles se sont exprimées là-dessus. Il y a des échanges qui sont de nature classifiée, sur lesquels, vous le comprendrez évidemment, nous n'avons pas de commentaires à faire. Notre position est celle, encore une fois, du respect du droit international et de la discussion diplomatique sur ces différents sujets. Je vous rappelle que la France avait été un des rares pays à condamner la violation du droit international lors de la guerre des douze jours, en juin dernier.
Sur le Liban, nous sommes à deux mois de la conférence. Il reste encore beaucoup de temps et beaucoup d'éléments à mettre bout à bout. Je note qu'il y a eu beaucoup d'avancées, notamment sur la mise en place et l'objectivation du désarmement du Hezbollah par les forces armées libanaises. C'était l'objet de l'annonce, la semaine dernière, par le gouvernement libanais. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire, d'ici au 5 mars prochain. Nous ne sommes pas en retard, mais nous passons désormais à la phase de la mise en œuvre. Et vous avez dit les cinq pays, et il y en aura d'autres. Pour l'instant, il est encore trop tôt pour vous donner plus de détails là-dessus, mais évidemment, on y reviendra dans quelques jours.
S'agissant du Groenland et de l'annonce concernant notre consulat. Ce n'est pas une annonce qui arrive juste maintenant, parce qu'il y a eu différentes déclarations ces dernières semaines. Je vous rappelle qu'elles datent du 15 juin dernier, quand le Président de la République s'est rendu sur place. Il avait ensuite demandé, effectivement, au Quai d'Orsay cette mise en place. Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères s'était également rendu au Groenland, avec à l'époque un préfigurateur. Nous y sommes. Quelques mois plus tard, le Ministre a annoncé ce matin cette ouverture le 6 février prochain. Ce qui désormais doit intervenir, c'est l'arrivée de ce fonctionnaire. Il s'agira d'un fonctionnaire expérimenté, un ancien ambassadeur, Jean-Noël Poirier, qui sera le préfigurateur de cette mission. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire l'installation d'un consulat, qui va avoir des missions consulaires, des missions politiques de relations avec les autorités locales, des missions d'influence, et des missions également scientifiques, dans cette partie du monde qui devient de plus en plus importante sur le plan stratégique. Ce n'est pas juste une réaction, c'est quelque chose que nous mettons sur pied depuis désormais plusieurs mois, et nous y sommes actuellement.
S'agissant des menaces de recours à la force par les forces américaines, c'est une position qui nous semble tout à fait incongrue, qu'un membre de l'OTAN décide, en réalité, de s'en prendre à un autre membre. Pour nous, cela n'a pas de sens. Cela fait bientôt 80 ans que cette alliance existe. Et donc ce chantage de la part des autorités américaines, et c'est ce que le Ministre a répondu, à la fois en début de semaine et encore ce jour, ce chantage de la part des autorités américaine doit cesser. La sécurité dans l'Arctique est une priorité essentielle pour nous, pour l'Europe, et elle est cruciale pour la sécurité internationale et transatlantique. Nous la prenons très au sérieux et nous pensons que la situation actuelle permet de le faire. Enfin, je voudrais vous rappeler qu'il existe des accords bilatéraux forts entre le Danemark et les États-Unis, qui permettent déjà un large accès des autorités américaines au Groenland, et notamment un large accès militaire sur place.
Q - Est-ce qu'il y a un attaché de défense dans ce consulat ou quelqu'un en charge des questions de défense au Groenland ? Et est-ce que le ministre des affaires étrangères prévoit une visite de place, le 6 février ou à un autre moment ?
R - À ce stade, il n'y a pas d'attaché de défense prévu. Nous sommes encore dans une phase de mise en route et de mise en place, y compris très pratique et logistique, à Nuuk. Ensuite, s'agissant d'un projet de déplacement du ministre des affaires étrangères sur place, si c'était le cas, nous vous en informerons en temps utile.
Q - Combien de citoyens français au Groenland ?
R - Inscrits au registre ? Il y a six citoyens français ; sur 55.000, environ, citoyens groenlandais.
Q - Je crois que le Ministre va visiter une entreprise de fabrication de drones. Il y a deux mois, vous avez, en grande pompe, eu une réunion avec les dronistes ukrainiens français pour essayer de conclure des accords. Deux mois plus tard, où en est-on ? Est-ce qu'il y a eu un accord qui a été conclu depuis cette réunion pour cette coproduction ou pour envoyer des entreprises de drones en Ukraine ?
R - Vous parlez de la réunion qui était en marge, à l'Élysée, de la venue du président Zelensky, et qui était coorganisée notamment par le Quai d'Orsay. En réalité, c'était une réunion rassemblant à la fois des financeurs, des industriels français, des opérateurs, des personnes qui étaient spécialistes, et notamment des experts militaires, français comme ukrainiens. Ce n'est donc pas un accord qu'on attendait, c'était différents accords. Il faut le voir comme une forme de salon ou de congrès de ces domaines-là, notamment parce que nous avions de très grandes capacités industrielles ou techniques, et d'autre part parce qu'il y avait aussi, côté ukrainien, à la fois un grand besoin, mais aussi un grand retour d'expérience, avec évidemment tout ce qui se passe sur le front ukrainien. Ce qui s'est passé, je ne vais pas communiquer là-dessus parce que cela implique des sociétés françaises, qui communiquent elles-mêmes de leur côté. Mais cet effort à la fois de notre côté, pour monter en compétence, et ensuite, avec eux, pour partager notre savoir-faire et soutenir la capacité de résistance ukrainienne face à l'agression russe, est toujours intact. Et effectivement, la visite demain du Ministre dans cette usine participe exactement de cela. Il s'agit de l'entreprise Edge Autonomy.