UN - United Nations

10/06/2026 | Press release | Distributed by Public on 10/06/2026 15:23

La Deuxième Commission s’inquiète des chocs climatiques et des conflits qui entravent le développement durable

Une véritable asphyxie économique. Tel est le résultat des chocs climatiques, des perturbations des échanges et du déficit de financement du développement durable, a constaté aujourd'hui la Deuxième Commission (questions économiques et financières). Elle a consacré pas moins de deux jours de débat général à chercher des solutions à ce problème de financement du développement durable dans une économie mondiale en mutation.

De fait, l'instabilité économique, l'insécurité alimentaire et énergétique, la pauvreté, les catastrophes climatiques, les tensions géopolitiques et les conflits, les inégalités et d'autres défis exercent une pression sans précédent sur la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), se sont inquiétés l'Ouzbékistan, le Mozambique ou la Géorgie. En outre, pour la France, « la remise en cause du multilatéralisme fragilise notre capacité collective à répondre aux enjeux globaux ».

Le déficit annuel de financement des ODD dépasse 4 000 milliards de dollars, a rappelé hier la Présidente de la Commission, l'Albanaise Suela Janina, à l'ouverture du débat. Ce déficit est bien l'un des principaux obstacles à la réalisation des 17 ODD, car ce ne sont pas les engagements internationaux en faveur du développement durable qui manquent, mais bien la volonté politique et les ressources pour les traduire en résultats tangibles. Personne n'aurait pu imaginer qu'autant de défis se poseraient quand le Programme de développement durable à l'horizon 2030 a été adopté, a fait remarquer l'Ukraine, pour qui, aujourd'hui, « des progrès ne peuvent être imaginés que si nous faisons face ensemble ».

L'eau et la forêt: les préserver à tout prix

Les dégâts causés par les changements climatiques ont retenu toute l'attention des États Membres, à commencer par les plus vulnérables, qui ont souligné la nécessité d'un financement climatique prévisible et accessible. Ainsi, l'Afrique souffre beaucoup des chocs climatiques alors qu'elle contribue à moins de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pour les pays déjà confrontés à un lourd fardeau de la dette, la vulnérabilité climatique ne doit pas devenir une nouvelle source d'endettement, a insisté le Ghana. Par exemple, les changements climatiques et les catastrophes naturelles ont déjà coûté 0,4% du PIB de Sri Lanka, qui s'attend à un triplement des dépenses d'ici à 2050.

Le manque d'eau est un sujet de préoccupation majeur puisque l'insécurité hydrique menace désormais les systèmes alimentaires, l'énergie et la stabilité économique. La prochaine Conférence des Nations Unies sur l'eau, qui se tiendra du 8 au 10 décembre à Abou Dhabi, est coorganisée par les Émirats arabes unis et le Sénégal. Le pays hôte a expliqué que, pour la première fois, un dialogue interactif sera dédié aux investissements dans le domaine de l'eau, dans l'objectif de traduire les engagements en actions concrètes. De l'avis du Maroc, cette conférence donnera un élan pour mobiliser des financements, renforcer les partenariats et élargir la coopération en matière hydrique.

Parallèlement au manque d'eau, l'Ouzbékistan accorde une grande importance à la restauration des sols dégradés et à l'extension du couvert forestier. À son initiative, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé la période 2027-2036 « Décennie internationale pour le boisement et le reboisement ». D'autres forêts sont en revanche de véritables poumons verts et des puits à carbone, tel le bassin du Congo qui rend chaque jour un service écologique irremplaçable. Mais leur conservation, leur entretien et la préservation de leur biodiversité sont coûteux, a rappelé le Congo. S'il est favorable au marché carbone et aux échanges dette-nature, le Suriname a mis en garde: ces mécanismes doivent être transparents, avoir une valeur environnementale et être utilisés à une échelle appropriée.

Pas de développement durable sans paix et sécurité

L'autre cause anthropique qui vient entraver le développement durable tient à la multiplication des conflits et des tensions géopolitiques. D'ailleurs, l'expérience de l'Ukraine montre que le développement durable ne peut pas être séparé de la paix et de la sécurité.

Comme l'ont fait observer Bahreïn ou les Émirats arabes unis, la sécurité des échanges et le principe de souveraineté des États constituent un pilier fondamental du développement économique durable. De plus, il convient d'éviter le protectionnisme et les barrières superflues aux échanges, a ajouté le Viet Nam. Bahreïn a demandé la cessation immédiate de la destruction des infrastructures essentielles, qui ne fait que saper la stabilité économique et perturber les chaînes d'approvisionnement.

L'Italie a rappelé qu'elle avait lancé en mai 2026, avec la Croatie, la Coalition de Rome pour l'accès aux engrais et la sécurité alimentaire afin de répondre au blocage du détroit d'Ormouz et aux perturbations maritimes des échanges.

Un financement pour des solutions efficaces

Dans ce contexte, et « dès lors qu'on ne saurait combler un déficit de financement par un excédent d'incantations », le Cameroun a plaidé pour une mise en œuvre intégrale, diligente et mesurable de l'Engagement de Séville, adopté en 2025 lors de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement. Le Cambodge, la République dominicaine, l'Éthiopie, la Mauritanie et bien d'autres ont appelé à des financements à long terme abordables et concessionnels, à des solutions efficaces en matière d'endettement et à une architecture financière internationale plus juste, plus équitable et plus inclusive.

En écho, le Japon s'est dit déterminé à collaborer avec les organisations internationales afin d'améliorer l'accès au financement pour les pays en développement. De l'avis de l'Italie, les pays les moins avancés (PMA), les pays en développement sans littoral (PDSL) et les petits États insulaires en développement (PEID) devraient être les premiers bénéficiaires des programmes de coopération.

Mais qu'on ne s'y trompe pas. Un financement abordable doit soutenir la transformation économique à long terme en renforçant les capacités de production, en favorisant la diversification et en créant des emplois décents. C'est ce que fait le Congo: diversifier son économie afin de réduire sa dépendance au pétrole, et renforcer son agriculture pour réduire sa dépendance aux importations alimentaires. Comme l'a souligné le Cameroun, « notre jeunesse ne tend pas la main pour recevoir une aide compassionnelle; elle demande des leviers concrets pour créer, produire et conquérir des marchés ».

UN - United Nations published this content on October 06, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on October 06, 2026 at 21:23 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]