06/04/2026 | News release | Distributed by Public on 06/04/2026 10:29
Les nouvelles données publiées en amont de la Journée mondiale de la sécurité alimentaire qui aura lieu dimanche 7 juin, montrent que 866 millions de personnes contractent chaque année une maladie liée à la consommation d'aliments insalubres et 1,5 million en décèdent.
L'étude de l'OMS, qui a évalué 42 risques d'origine alimentaire dans 194 pays entre 2000 et 2021, estime qu'une grande partie de ces victimes pourrait être évitée grâce à des mesures telles que l'amélioration de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène, des pratiques de sécurité alimentaire comme la pasteurisation et l'accès aux soins de santé pour les populations vulnérables.
© UNICEF/Vincent Tremeau Des enfants déjeunent dans un village de Tagal, au Tchad.« La sécurité alimentaire n'est pas une question abstraite : elle concerne chaque repas, chaque famille, chaque jour », a déclaré dans un communiqué, le Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Les jeunes enfants de moins de cinq ans sont particulièrement vulnérables. Leur risque de contracter une maladie d'origine alimentaire est près de trois fois supérieur à celui des enfants plus âgés et des adultes
Bien qu'ils ne représentent que 9 % de la population mondiale, les jeunes enfants sont touchés par près d'un tiers de tous les cas de maladies d'origine alimentaire, en particulier les maladies diarrhéiques qui peuvent être mortelles pour ce groupe d'âge vulnérable.
L'exposition à des dangers biologiques, notamment aux bactéries et virus d'origine alimentaire ainsi qu'aux infections parasitaires, a causé la majorité des maladies d'origine alimentaire (environ 860 millions en 2021), tandis que l'exposition à des substances chimiques a été responsable de 73 % des décès dus à la consommation d'aliments contaminés.
L'arsenic inorganique (42 %) et le plomb (31 %) étaient ainsi en 2021 à l'origine de la majorité des décès liés à des substances chimiques, en grande partie parce que l'exposition à ces agents accroît le risque de maladies cardiovasculaires et de cancers.
Bien que le fardeau global des maladies d'origine alimentaire ait reculé depuis 2000, de fortes disparités régionales subsistent, l'Afrique et l'Asie du Sud-Est étant les régions les plus touchées. Ces régions représentent près des trois quarts de tous les cas de maladies d'origine alimentaire et 60 % des décès dans le monde.
Plus globalement, l'OMS pointe du doigt l'évolution des régimes alimentaires, les pressions environnementales, la mondialisation et les inégalités au sein des systèmes alimentaires, qui « continuent de déterminer qui est le plus exposé aux aliments dangereux ».
Selon l'OMS, les enfants et les personnes vivant dans des communautés défavorisées supportent le plus lourd fardeau sanitaire, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
© PAM/Jaber Badwan Une mère à Gaza s'occupe de ses enfants dans un refuge temporaire.Au-delà des effets sur la santé, l'étude estime qu'en 2021 les maladies d'origine alimentaire ont entraîné 647 milliards de dollars de pertes de productivité (absentéisme pour cause de maladie).
« Ce rapport est un signal d'alarme, mais aussi une feuille de route », a fait valoir Yuki Minato, responsable technique de l'OMS pour la sécurité alimentaire.
« Les données montrent que les maladies d'origine alimentaire sont non seulement persistantes, mais qu'elles sont aggravées par le changement climatique, qui accroît les risques de contamination, et par la résistance aux antimicrobiens, qui rend les infections plus difficiles à traiter. Nous ne pouvons pas faire face à ces menaces seuls ».
Selon l'OMS, ces conclusions devraient aider les pays à cibler leurs interventions, à renforcer la surveillance et à améliorer la coopération entre les secteurs de la santé, de l'agriculture et de l'environnement.