03/10/2026 | News release | Distributed by Public on 03/10/2026 11:16
Selon un rapport annuel présenté lundi par la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazier, les enfants continuent d'être tués ou mutilés « à un rythme alarmant » dans plusieurs théâtres de guerre, notamment en République démocratique du Congo, en Haïti, dans les territoires palestiniens occupés et au Soudan.
Ces violences ne se limitent pas à quelques foyers isolés. Elles prennent des formes différentes selon les conflits, mais produisent partout les mêmes conséquences dévastatrices pour les enfants.
En Afghanistan, à Gaza, au Myanmar, en Syrie et en Ukraine, les engins explosifs ont eu un impact « dévastateur et durable » sur les plus jeunes. Dans certains contextes, notamment dans l'enclave palestinienne et au Soudan, des enfants sont également morts de faim, souligne le rapport, qui couvre la période de décembre 2024 à décembre 2025.
Devant le Conseil des droits de l'homme, Vanessa Frazier a averti que la dynamique observée ces dernières années ne montre aucun signe d'inversion. Les violations graves commises contre les enfants continuent à un niveau « choquant ».
La responsable onusienne cite notamment « les meurtres et mutilations d'enfants, les enlèvements d'enfants, le refus d'accès humanitaire et le recrutement et l'utilisation d'enfants » parmi les violations « particulièrement préoccupantes ».
« D'après l'analyse des données dont nous disposons à ce jour, il semble que les meurtres et mutilations d'enfants, ainsi que les enlèvements d'enfants, aient encore augmenté », a-t-elle déclaré, ajoutant que « les viols et autres formes de violence sexuelle restent chroniquement sous-déclarés ».
Les données disponibles pour 2024 donnent déjà la mesure du phénomène. Les Nations Unies ont vérifié 41 370 violations graves commises contre 22 495 enfants, soit une augmentation de 25 % par rapport à l'année précédente.
Les meurtres et mutilations arrivent en tête des violations recensées, suivis par le refus d'accès humanitaire, le recrutement et l'utilisation d'enfants par des forces ou groupes armés, puis les enlèvements.
Au milieu de ce tableau sombre, certaines avancées existent néanmoins. Dans plusieurs conflits, des milliers d'enfants ont pu être libérés des forces armées ou des groupes armés.
En Afghanistan, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, en Iraq, au Soudan et en Syrie, les Nations Unies poursuivent des discussions avec les parties aux conflits afin d'obtenir la libération d'enfants associés aux groupes armés.
Parallèlement, des programmes de formation et d'assistance technique ont été mis en place pour aider les forces de sécurité nationales à prévenir ces violations et à appliquer des protocoles de transfert des enfants vers des structures de protection. De telles initiatives sont notamment menées en Haïti, au Mali, au Burkina Faso, au Mozambique, en République centrafricaine, au Nigéria et dans le bassin du lac Tchad.
Ces progrès restent toutefois fragiles. Selon l'ONU, la réduction des financements humanitaires et le recul des opérations de paix limitent désormais les capacités de l'organisation à surveiller, vérifier et prévenir les violations contre les enfants.
« La baisse mondiale des financements humanitaires et la réduction des opérations de paix des Nations Unies ont un impact direct sur la mise en œuvre du programme relatif aux enfants et aux conflits armés, avec des conséquences dévastatrices pour les enfants », a averti Vanessa Frazier.
Alors que le monde marque cette année le trentième anniversaire du mandat onusien consacré aux enfants et aux conflits armés, la responsable estime que l'urgence reste entière. Malgré l'existence d'outils pour protéger les mineurs, leur mise en œuvre dépend toujours « d'une volonté politique, de ressources adéquates et d'un engagement durable ».