UNOG - United Nations Office at Geneva

01/26/2026 | News release | Distributed by Public on 01/26/2026 10:37

Soudan du Sud : l’ONU alerte sur un risque de violences massives contre les civils dans l'Etat de Jonglei

La Mission de paix des Nations Unies au Soudan du Sud et des experts indépendants de l'ONU ont lancé un cri d'alarme concernant la situation dans l'Etat de Jonglei, théâtre depuis fin décembre d'affrontements entre l'armée et les forces loyales à l'ancien vice-président Riek Machar, arrêté fin mars et inculpé en septembre de « crimes contre l'humanité ».

Les récents propos « incendiaires de hauts responsables militaires et les informations faisant état de la forte mobilisation de troupes accentuent considérablement le risque de violences massives contre les civils et sapent davantage l'accord de paix » ayant mis fin à une guerre civile qui a fait rage de 2013 à 2018, ont prévenu les experts de la Commission des Nations Unies sur les droits de l'homme au Soudan du Sud.

Selon la Commission, les propos appelant au meurtre de civils, y compris de personnes âgées, et de personnes ne participant plus aux hostilités, avec l'affirmation que « personne ne doit être épargné », sont non seulement « choquants, mais aussi extrêmement dangereux ».

Une rhétorique annonciatrice d'atrocités

« Par le passé, une telle rhétorique a précédé des atrocités de masse au Soudan du Sud », a averti Yasmin Sooka, Présidente de la Commission, relevant qu'aucun haut responsable politique ou militaire dans la capitale sud-soudanaise Juba ne peut prétendre ignorer les incitations publiques flagrantes à commettre des crimes graves dans l'État de Jonglei.

« Lorsque de tels propos sont tenus ou tolérés par des personnes occupant des postes de commandement, cela revient à autoriser la violence et à supprimer toute attente de retenue. À un moment où les civils sont déjà déplacés, traumatisés et exposés, ce type d'incitation met des communautés entières en grave danger », a-t-elle ajouté.

Pour les experts, à moins d'une intervention immédiate au plus haut niveau pour maîtriser les forces, désamorcer la situation et réaffirmer l'engagement en faveur d'une politique consensuelle, le Soudan du Sud risque « de sombrer rapidement dans une nouvelle phase de violences généralisées ».

UN Photo/Isaac Billy
La Commission des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Soudan du Sud continue de documenter les violations des droits.

Appel pour éviter une tragédie

« La mobilisation des forces dans ce contexte, associée à des messages à caractère ethnique, risque de déclencher une spirale de violences en représailles qui pourrait rapidement dégénérer et devenir incontrôlable », a prévenu l'un des trois experts de la Commission, Barney Afako.

Les experts indépendants de l'ONU ont donc appelé toutes les parties « à cesser immédiatement les discours incendiaires et la mobilisation de forces dans le but de désamorcer les tensions ». Ils ont exhorté le Président Salva Kiir de veiller à ce que la mobilisation ethnique et les appels à la violence exterminatrice soient immédiatement et publiquement rejetés.

Par ailleurs, la Commission a appelé la communauté internationale à « faire pression sur les dirigeants sud-soudanais pour qu'ils reviennent à la voie politique à laquelle ils se sont engagés », sans quoi le pays risque d'être entraîné « dans un conflit ethnique généralisé et une tragédie évitable ».

La MINUSS dénonce des « discours incendiaires »

La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) s'est aussi inquiété des informations selon lesquelles un haut responsable militaire inciterait les troupes à commettre des violences aveugles contre les civils dans l'État de Jonglei, où plus de 180 000 personnes auraient récemment été déplacées par le conflit.

Elle a fustigé les « discours incendiaires appelant à la violence contre les civils, y compris les plus vulnérables » qui sont odieux et qui doivent cesser immédiatement ».

Selon l'ONU, les communautés de Jonglei et d'autres régions du Soudan du Sud subissent d'immenses souffrances en raison de l'escalade du conflit, notamment des affrontements militaires directs entre les forces alignées sur les principales parties à l'accord de paix.

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