IndustriALL Global Union

03/12/2026 | News release | Distributed by Public on 03/13/2026 11:06

Cinq façons de concrétiser la transformation de genre au travail

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12 mars, 2026Si vous êtes une femme active, vous éprouvez probablement déjà ce sentiment. Vous travaillez aussi dur que votre collègue masculin, mais vous gagnez moins. Vous assumez davantage de responsabilités à la maison, mais vous en êtes pénalisée sur votre lieu de travail. Vous prenez la parole lors d'une réunion, mais on vous la coupe aussitôt.

L'inégalité des genres au travail n'est pas le fruit du hasard. Elle est intégrée dans les structures, assimilée par les personnes qui établissent les règles, par celles à qui elles s'adressent et par celles qui en sont exclues. La transformation des relations entre les sexes se pose en vecteur de changement. Voici cinq façons d'atteindre cet objectif.

1. Reconnaître que « mettre tout le monde sur le même pied » n'est pas synonyme d'égalité

La plupart des employeurs affirment traiter les hommes et les femmes de manière égale. Ce qui n'est pas synonyme de résultats équitables, surtout lorsque les règles ont été rédigées en fonction d'un seul groupe.

Prenons l'exemple des équipements de sécurité. Pendant des décennies, les équipements de protection ont été conçus pour le corps masculin moyen. Les femmes devaient se contenter d'une panoplie qui ne convenait pas à leur morphologie et se trouvaient donc exposées à un risque d'accident plus élevé. La règle était « la même » pour tout le monde. Au détriment du résultat.

La transformation de genre implique d'aller au-delà du simple constat de la problématique. Il s'agit de changer les règles en profondeur, d'impliquer les femmes dans leur rédaction, de remettre en question les idées reçues sur les personnes auxquelles certains emplois sont destinés et de s'assurer que les systèmes de sécurité, de rémunération et de promotion fonctionnent de manière analogue pour tout le monde.

Un bon test d'évaluation pour toute politique en milieu de travail : pour qui a-t-elle été conçue et qui exclut-elle ?

2. Prendre en compte le travail que personne ne veut voir

Avant et après leurs heures de travail rémunéré, la plupart des femmes prestent une seconde journée de labeur. Cuisiner, nettoyer, élever les enfants, s'occuper des parents âgés, autant de tâches qui permettent aux familles et aux communautés de fonctionner, mais qui ne figurent ni sur une fiche de paie ni dans les chiffres du PIB.

À l'échelle mondiale, les femmes effectuent 76,2 % de l'ensemble des tâches domestiques non rémunérées, soit au-delà de trois fois plus que les hommes, selon l'Organisation internationale du travail (OIT). On évalue à 708 millions le nombre de femmes qui sont totalement exclues du marché du travail rémunéré en raison de leurs responsabilités familiales, contre 40 millions d'hommes. Au rythme où les choses évoluent actuellement, l'OIT estime qu'il faudra 210 ans pour combler cet écart.

Cet aspect est important pour les travailleuses, car leurs responsabilités familiales les suivent sur leur lieu de travail, délimitant les emplois qu'elles peuvent occuper, les horaires qu'elles peuvent assumer ainsi que leur évolution de carrière. Une véritable égalité entre les sexes implique de reconnaître ce travail, de le redistribuer plus équitablement et de créer des lieux de travail qui en tiennent compte. Et ce par le biais de congés parentaux que les pères utilisent réellement, de services de garde d'enfants abordables et d'horaires flexibles qui ne compromettent pas la carrière.

3. Combler l'écart salarial et obliger les employeurs à en apporter la preuve

Les femmes gagnent environ 20 % de moins que les hommes à l'échelle mondiale. Comme l'affirment les Nations Unies : à travail de valeur égale, pour chaque dollar gagné par un homme, une femme perçoit 77 cents. Les mères sont les plus touchées : leur salaire diminue à chaque nouvelle naissance, tandis que celui des pères augmente la plupart du temps.

Une partie de cet écart résulte d'une discrimination flagrante. Mais il reflète surtout un phénomène plus profond : les emplois principalement exercés par des femmes sont moins valorisés que des postes équivalents majoritairement occupés par des hommes. Une aide-soignante gagne une fraction du salaire d'un agent de sécurité, en dépit de compétences et de responsabilités comparables.

Pour combler cet écart, il importe avant tout de le rendre visible. Les employeurs doivent publier des données salariales ventilées par sexe et par fonction, pour éviter toute tentative de dissimulation. Les travailleurs, les travailleuses et les syndicats pourront alors utiliser ces données pour contester les inégalités salariales lors des négociations, publiquement et devant les tribunaux. La boîte à outils sur l'équité salariale d'IndustriALL est un guide pratique gratuit spécialement conçu pour aider les syndicats à lutter contre l'écart salarial entre les sexes, depuis la sensibilisation jusqu'à la négociation de la transparence salariale avec les employeurs.

4. Changer l'institution, pas uniquement les règles

Les politiques ont leurs limites. Pour obtenir un changement durable, il faut modifier la culture des organisations, y compris les syndicats eux-mêmes. Comme l'a fait valoir la Professeure Akua Opokua Britwum, l'une des principales académiciennes féministes d'Afrique, lors de la réunion du Comité des femmes d'IndustriALL qui s'est tenue au Cap en juin 2023 :

« Vous pouvez nommer 100 % de femmes à la direction d'un syndicat, mais si les structures et la culture restent inchangées, ce syndicat continuera à décevoir les travailleuses. »

IF Metall, la fédération syndicale suédoise des métallurgistes, a inscrit les principes féministes dans ses statuts fondateurs, tandis que le syndicat français CGT a introduit la parité hommes-femmes au sein de son Comité directeur en 1999. En Espagne, en 2017, ELA a mené une enquête anonyme auprès de l'ensemble de ses adhérents, posant des questions sans fard sur la discrimination et les préjugés au sein du syndicat lui-même. Les questionnaires ont été complétés par 95 % des personnes interrogées et les résultats obtenus se sont avérés embarrassants. Les dirigeants d'ELA ont néanmoins agi en conséquence.

Les hommes font également partie de ce processus. Un milieu de travail qui attend des femmes qu'elles s'occupent de tout à la maison et qu'elles défendent l'égalité au travail ne constitue pas un environnement féministe, mais un contexte épuisant. Les syndicats et les employeurs qui ont directement impliqué les travailleurs, par le biais de formations et de conversations sans détour sur la manière dont les normes de genre nuisent également aux hommes, ont réalisé des progrès plus durables.

5. Connaissez vos droits et exigez qu'ils soient respectés

Les travailleurs et travailleuses ont plus de droits que beaucoup ne le pensent et ces droits existent parce que les générations précédentes se sont battues pour les obtenir. En matière d'égalité des sexes au travail, certaines des protections parmi les plus importantes proviennent des normes internationales établies par l'OIT.

La Convention sur la violence et le harcèlement (C190) établit que chaque travailleur et travailleuse a droit à un lieu de travail exempt de violence et de harcèlement, y compris de violence sexiste. La Convention sur l'égalité de rémunération (C100) énonce le principe de l'égalité de rémunération pour un travail de valeur égale. Il ne s'agit pas d'objectifs ambitieux, mais de normes contraignantes dans les pays qui les ont ratifiées.

Le problème réside souvent dans leur mise en application. Les droits sur le papier n'ont que peu de sens en l'absence de pression pour les mettre en œuvre. Cette pression émane des travailleurs syndiqués, au sein de leurs organisations, durant les campagnes et sur les lieux de travail. IndustriALL a développé une boîte à outils pour former les formateurs sur la C190, disponible en une quinzaine de langues, afin d'aider ses affiliés à mettre la convention en pratique.

La résolution féministe de 2025, adoptée par les affiliés d'IndustriALL, définit un programme complet : de l'égalité salariale et la sécurité sur le lieu de travail au care, en passant par la justice climatique et la lutte contre la montée de l'autoritarisme. Elle indique explicitement que la justice de genre n'est pas une question secondaire pour le mouvement syndical. Elle est le mouvement syndical.

« La transformation des relations entre les sexes ne se fera pas sans lutte. Les outils, les cadres et la solidarité existent bel et bien. La question est de savoir si nous les utilisons avec détermination et dans un but commun. », a déclaré Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d'IndustriALL.

Des femmes dirigeantes syndicales venues du monde entier à la Conférence des femmes d'IndustriALL, Sydney, novembre 2025. @IndustriALL

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