FAO - Food and Agriculture Organization of the United Nations

03/27/2026 | Press release | Archived content

Le Fonds vert pour le climat approuve un financement de 50 millions d’USD pour un projet d’adaptation en Jamaïque bénéficiant du soutien de la FAO

Rome/Songdo, Corée du Sud - Le Fonds vert pour le climat (FVC) a approuvé un projet de 50 millions d'USD, qui bénéficie du soutien de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et vise à renforcer la climato-résilience des petits exploitants vulnérables en Jamaïque.

Le projet est axé sur les régions où les risques climatiques et les problèmes de sécurité alimentaire sont les plus importants en raison de la fréquence accrue des ouragans, de sécheresses plus longues et de précipitations de plus en plus irrégulières, aléas qui font déjà baisser les rendements, accroissent les pertes alimentaires et menacent les moyens de subsistance ruraux dans tout le pays.

Intitulé ADAPT Jamaica: Enhancing climate change resilience of vulnerable smallholders in Central Jamaica (ADAPT Jamaïque: Renforcer la climato-résilience des petits exploitants vulnérables dans le centre de la Jamaïque), le projet représente le premier financement en faveur de l'action climatique destiné exclusivement à un pays que reçoit la Jamaïque de la part du FVC. La subvention du FVC s'élève à plus de 40 millions d'USD.

Le projet a été approuvé vendredi, lors de la 44e réunion du Conseil d'administration du FVC, qui s'est tenue à Songdo (Corée du Sud).

Cofinancé par le Fonds d'investissement social de la Jamaïque, le Ministère de l'agriculture, des pêches et des mines de la Jamaïque, la Banque de développement de la Jamaïque et la FAO, le projet profitera à plus de 700 000 bénéficiaires (dont environ la moitié sont des femmes) dans six paroisses (subdivisions administratives) du centre de la Jamaïque qui contribuent à environ 70 pour cent de la production alimentaire du pays.

L'initiative s'inscrit dans le prolongement d'un projet de préparation de projet du FVC mené par la FAO, qui a permis de financer des études de faisabilité cruciales et des analyses sur des sites spécifiques dans l'optique du projet ADAPT Jamaica.
«Cette décision met en évidence la confiance que le FVC et le Gouvernement de la Jamaïque ont dans la capacité de la FAO à apporter des solutions aux multiples difficultés auxquelles le pays est confronté», a déclaré le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu. «La protection des agriculteurs vulnérables et l'investissement dans des systèmes agroalimentaires durables et résilients font partie des choix les plus intelligents que nous puissions faire pour mener une action en faveur du climat qui permette également de concrétiser les quatre améliorations - en matière de production, de nutrition, d'environnement et de conditions de vie - en ne laissant personne de côté.»

M. Floyd Green, Ministre de l'agriculture, des pêches et des mines de la Jamaïque, a déclaré que l'approbation du projet venait à point nommé et était cruciale pour son pays.

«Nos agriculteurs sont en première ligne du changement climatique et sont confrontés à des sécheresses plus intenses, à des ouragans plus violents et à des risques associés à la production de plus en plus importants. Cet investissement nous permet de passer d'une approche réactive à une démarche axée sur la résilience qui consiste à renforcer les infrastructures, à élargir l'accès aux technologies climato-intelligentes et à améliorer la manière dont les agriculteurs produisent, stockent et mettent les aliments sur le marché. Il s'agit d'une étape décisive vers la préservation des systèmes alimentaires de la Jamaïque, pour l'avenir», a affirmé le Ministre.

En tant que cobailleurs de fonds et partenaires d'exécution, le Fonds d'investissement social et la Banque de développement de la Jamaïque - deux entités à accès direct au FVC - joueront un rôle déterminant dans la viabilité à long terme du projet et sa prise en main par le pays.

Renforcer la résilience après les ouragans Beryl et Melissa

Le secteur agricole de la Jamaïque représente environ 7 pour cent du PIB et fait vivre près de 18 pour cent de la population. Les petits exploitants cultivent principalement des plantes racines, des légumineuses, des légumes et des fruits, souvent sur des parcelles à flanc de coteau tributaires de la pluie.

Pourtant, l'agriculture reste l'un des secteurs les plus touchés par les effets du changement climatique dans le pays.

L'ouragan Beryl (catégorie 4), qui a frappé en juillet 2024, a causé des pertes agricoles de plus de 30 millions d'USD et a touché plus de 48 000 agriculteurs. En octobre 2025, l'ouragan Melissa, le premier ouragan de catégorie 5 à toucher directement terre en Jamaïque, a provoqué de 6 à 7 milliards d'USD de dégâts et a détruit plus de 100 000 structures dans les principales paroisses agricoles.

En outre, les projections climatiques laissent présager que les risques vont continuer de croître. Le sixième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) confirme que les cyclones tropicaux s'intensifieront à mesure que les températures mondiales augmenteront. En Jamaïque, ce phénomène se traduira par des ouragans plus fréquents et plus destructeurs, des périodes sèches plus longues et plus chaudes et des précipitations de plus en plus imprévisibles.

En outre, les pratiques d'utilisation des sols non durables sur les terres en pente ont contribué à l'érosion et à la dégradation des sols et à la pression qui pèse sur les limites des zones forestières, ce qui accroît les risques de déforestation et affaiblit la résilience des écosystèmes.

Les pertes alimentaires après récolte élevées, estimées à 30-40 pour cent pour de nombreuses cultures, nuisent également à l'efficacité de la production alimentaire.

Les agriculteurs enregistrent fréquemment des pertes de tomates, d'oignons et de légumes-feuilles en raison de mauvaises pratiques après récolte et d'une mauvaise manutention, de l'absence de maîtrise de la température pendant le stockage et d'un temps d'arrivée sur les marchés trop long.

Tous ces impacts réduisent déjà les rendements et aggravent la pauvreté chez les petits exploitants agricoles, dont beaucoup pratiquent une agriculture pluviale et ont un accès limité à l'irrigation, aux financements, à la technologie et aux informations sur le climat.

L'objectif du projet est de remédier à ces problèmes en intégrant des pratiques agricoles climato-résilientes, en améliorant les systèmes hydriques et les systèmes de gestion après récolte, en renforçant les services d'information sur le climat et d'alerte rapide et en facilitant l'accès aux financements et aux marchés.

Grâce aux écoles pratiques d'agriculture, qui dispenseront des formations sur certaines technologies, notamment l'irrigation à énergie solaire et le stockage au froid, ainsi que sur certaines pratiques, notamment les systèmes de production mixte, l'utilisation de variétés végétales améliorées et la gestion durable des sols, de l'eau et des nutriments, le projet vise à réduire les pertes alimentaires, à stabiliser les revenus des agriculteurs et à renforcer la résilience dans les chaînes de valeur agricole. En outre, le développement des liens entre les marchés et les financements aidera les producteurs à transposer à grande échelle ces améliorations et à les faire perdurer. Les sites de démonstration présenteront des moyens de protéger l'activité agricole et de la rendre résiliente face aux ouragans, notamment des serres renforcées et des serres d'ombrage conçues pour résister aux ouragans de catégorie 4-5.

Les agriculteurs apprendront également comment une irrigation efficace associée à des systèmes de collecte d'eau peut aider à gérer la sécheresse et le stress thermique tout en réduisant les coûts d'exploitation. Les fermes-modèles promouvront l'agroforesterie et les pratiques de conservation des sols, notamment la plantation en cordon, le paillage et l'intégration des arbres dans les systèmes agricoles, qui sont des moyens de stabiliser les pentes, de réduire l'érosion, de rétablir la santé des sols et de protéger les écosystèmes environnants.

Globalement, le projet représente un investissement crucial dans la sécurité alimentaire à long terme du pays. Il permettra de renforcer la climato-résilience des systèmes agricoles et de réduire les pertes alimentaires et contribuera à faire en sorte que l'approvisionnement alimentaire reste stable malgré l'intensification du changement climatique.

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