01/28/2026 | News release | Distributed by Public on 01/28/2026 14:36
A l'ouverture de la 43e réunion du Conseil exécutif de l'OMS, le chef de l'agence onusienne, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lancé un appel urgent aux donateurs, les exhortant à garantir non seulement des financements suffisants, mais aussi de qualité pour soutenir les priorités essentielles de son programme général de travail.
Le déficit de financement compromet gravement la capacité de l'OMS à répondre aux enjeux mondiaux de santé.
En attendant, comme la majorité des contributions volontaires restent affectées à des fins spécifiques, plusieurs domaines d'activité continuent d'être sous-financés. Il s'agit notamment de la préparation aux situations d'urgence, la résistance aux antimicrobiens, le financement de la santé, la résilience climatique, les déterminants de la santé et les facteurs de risque.
Cette alerte intervient alors que les Etats-Unis disent avoir formellement quitté l'agence onusienne depuis jeudi dernier. Cependant, cette situation de sous-financement s'inscrit dans un contexte globalement difficile pour l'OMS, une année qui a été l'une des plus éprouvantes de son histoire.
« Comme vous le savez, l'année écoulée a été l'une des plus difficiles de l'histoire de l'OMS. Au cours des 12 derniers mois, nous avons mené à bien un processus douloureux mais nécessaire de hiérarchisation des priorités et de réorientation », a déclaré le Directeur général de l'OMS, relevant que des coupes budgétaires ont conduit à « un déficit de financement important pour l'exercice biennal 2024-2025 ».
Il y a un an, le Conseil exécutif avait examiné un budget prévisionnel de 5,3 milliards de dollars pour la période biennale 2026-2027. Cette proposition avait été ajustée à 4,9 milliards de dollars. Bien que cet ajustement ait paru réaliste à l'époque, les perspectives en matière d'aide internationale ont continué de se détériorer. En mars, face à cette situation, une nouvelle réduction à 4,2 milliards de dollars a été proposée, et a été validée par l'Assemblée mondiale de la Santé en mai.
Pour l'agence, cela a abouti à un processus de hiérarchisation des priorités. Des départements et des divisions ont ainsi fusionné, certaines fonctions ont été délocalisées. « Comme vous pouvez l'imaginer, ce processus a été difficile et douloureux », a ajouté le Dr Tedros.
Selon l'OMS, sans cette stratégie, près de 3.000 employés auraient été licenciés. En réalité, l'agence a réussi à limiter le nombre de suppressions de postes à 1.241. Parmi ceux-ci, 1.162 membres du personnel ont quitté ou quitteront l'organisation dans le cadre de départs à la retraite, de retraites anticipées volontaires ou de départs naturels. Par ailleurs, environ 600 postes ont été sauvés grâce à l'augmentation des contributions obligatoires.
Cette gestion rigoureuse des ressources humaines s'inscrit dans un contexte plus large, où l'OMS doit sans cesse s'adapter aux besoins en constante évolution des pays qu'elle soutient.
Face à ces défis croissants, l'OMS doit non seulement répondre aux besoins actuels, mais aussi anticiper les enjeux émergents. D'autant que les défis et les opportunités auxquels les pays sont confrontés aujourd'hui - du changement climatique à l'intelligence artificielle - sont très différents de ceux qu'ils connaissaient en 1948, ou même en 1998.
C'est dans ce contexte de transformations rapides que l'agence sanitaire mondiale de l'ONU doit se réinventer, en devenant plus agile et mieux préparée aux défis de demain.
« Je vois donc l'OMS du futur comme une organisation plus légère, encore plus ciblée, plus efficace et mieux adaptée à sa mission : une organisation dont l'indépendance est protégée et le financement assuré, moins vulnérable aux chocs causés par les changements géopolitiques », a fait valoir le chef de l'OMS.
Pour parvenir à cette vision, l'OMS se lance aujourd'hui dans des discussions clés sur la réforme afin de faciliter la transition vers un écosystème mondial de la santé plus léger, plus collaboratif et plus efficace.