WFP - World Food Programme

07/23/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/23/2026 09:27

Les crises de la sécurité alimentaire et de la nutrition infantile persistent à Gaza malgré de fragiles progrès grâce à l’augmentation de l’aide humanitaire et des échanges[...]

La dernière analyse IPC pour Gaza met en évidence à la fois l'impact d'une assistance humanitaire soutenue et l'ampleur des défis qui subsistent

Rome/New York - Une nouvelle analyse publiée aujourd'hui montre une amélioration de la sécurité alimentaire et de la nutrition infantile dans l'ensemble de la bande de Gaza. Toutefois, les Nations Unies avertissent que ces progrès, largement attribuables à un accès accru à l'aide humanitaire dans les domaines de l'alimentation, de la nutrition, de l'agriculture et de la santé, restent fragiles.

Bien que l'accès à Gaza se soit amélioré, un seul point de passage - Kerem Shalom/Abou Salem - situé dans le sud de Gaza, demeure ouvert. Cette situation limite l'acheminement des biens essentiels nécessaires au relèvement et maintient une grande partie de la population dans une dépendance à l'aide humanitaire. Les habitants de Gaza continuent de lutter pour rétablir leurs moyens de subsistance, leurs systèmes alimentaires locaux et les services essentiels.

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'UNICEF et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont souligné que l'amélioration des indicateurs de sécurité alimentaire et de nutrition montre à quel point les conditions peuvent rapidement s'améliorer lorsque la réponse humanitaire et les activités commerciales sont intensifiées. Toutefois, les agences ont averti que les familles de Gaza peinent encore à satisfaire leurs besoins fondamentaux et que les progrès observés pourraient être rapidement compromis sans une aide humanitaire continue, la relance du secteur privé, ainsi que des financements et des investissements en faveur du relèvement.

La dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) identifie les populations les plus vulnérables et met en évidence une amélioration de la sécurité alimentaire et de la nutrition infantile depuis décembre 2025.

  • Selon cette analyse, environ 1,4 million de personnes, soit 67 % de la population de Gaza, sont actuellement confrontées à une insécurité alimentaire aiguë de niveau « crise » ou plus grave (phase 3 de l'IPC ou supérieure). Ce chiffre est en baisse par rapport à la fin de l'année précédente, où 1,6 million de personnes, soit 77 % de la population, se trouvaient dans cette situation.
  • Environ 212 000 personnes demeurent toutefois en situation d'urgence (phase 4 de l'IPC), dont beaucoup vivent dans des zones proches de la ligne contrôlée par l'armée israélienne, où l'accès à l'aide humanitaire et aux services reste particulièrement difficile.
  • Quatre gouvernorats - Nord-Gaza, Gaza, Deir Al-Balah et Khan Younis - devraient connaître des niveaux d'alerte de malnutrition (phase 2 de l'IPC). Certaines zones situées à proximité de la « ligne jaune » sont restées inaccessibles aux analystes durant la période d'enquête, ce qui n'a pas permis d'établir une classification.

L'assistance alimentaire et nutritionnelle a considérablement augmenté depuis l'accord de cessez-le-feu conclu en octobre 2025. En mai 2026 seulement :

  • Des colis alimentaires ont été distribués à environ 1,5 million de personnes ;
  • Une aide en espèces polyvalente a atteint près de 700 000 personnes ;
  • Un soutien nutritionnel a été fourni à 60 % des enfants de moins de cinq ans, tandis que l'accès au traitement de la malnutrition aiguë a également progressé.

À titre de comparaison, en septembre 2025, environ 500 000 personnes recevaient une forme d'assistance alimentaire et la couverture nutritionnelle des enfants de moins de cinq ans était inférieure à 1 %. Des améliorations immédiates de la sécurité alimentaire ont été observées après cette montée en puissance de l'aide, et l'analyse IPC confirme la poursuite de cette tendance. Malgré ces avancées, les rations alimentaires restent insuffisantes pour couvrir pleinement les besoins de la population et la situation demeure extrêmement fragile. De plus, les importations commerciales de produits frais et de protéines demeurent irrégulières.

L'amélioration globale des taux de malnutrition est largement attribuable à l'expansion rapide des programmes de prévention de la malnutrition, ainsi qu'à un meilleur accès aux traitements contre la malnutrition aiguë sévère et modérée. Ces progrès restent toutefois fortement tributaires d'une assistance humanitaire soutenue et ont été réalisés malgré les pénuries persistantes d'aliments nutritifs, les flambées récurrentes de maladies, l'accès limité à l'eau potable et aux services d'assainissement, ainsi que l'effondrement quasi total des moyens de subsistance. Au cours de l'année à venir, quelque 74 000 enfants devraient encore avoir besoin d'un traitement contre la malnutrition aiguë, tandis qu'environ 25 000 femmes enceintes et allaitantes auront besoin d'un soutien nutritionnel.

Bien qu'aucune reprise significative des moyens de subsistance ou de l'activité économique à plus grande échelle ne soit encore engagée, des signes précurseurs montrent que la production alimentaire locale peut être rétablie lorsque les agriculteurs et les éleveurs ont accès aux terres agricoles, aux intrants agricoles, aux actifs productifs, aux services vétérinaires et à d'autres services essentiels, notamment l'énergie nécessaire à l'irrigation. Cette évolution est déjà visible dans le secteur de l'élevage, où les effectifs ovins ont augmenté de 33 % dans les zones ayant bénéficié d'un soutien continu. Les communautés font preuve d'une grande ingéniosité pour relancer des activités économiques à petite échelle partout où les conditions le permettent.

Cependant, cette dynamique reste limitée tant que les restrictions sur les marchandises entrant dans la bande de Gaza ne sont pas levées. Plus de 70 % des terres cultivables de Gaza sont inaccessibles, indépendamment de l'étendue des dégâts ou de la disponibilité des intrants, et seulement 3 % de ces terres sont actuellement exploitables. Une reprise à grande échelle est impossible tant que ces terres demeurent inaccessibles et que les restrictions sur les importations commerciales et l'acheminement humanitaire d'intrants agricoles persistent. Cela inclut notamment les intrants agricoles non considérés comme à double usage, tels que les semences, les engrais organiques, les œufs fécondés et les petits animaux, destinés aussi bien aux acteurs commerciaux qu'aux organisations humanitaires. L'accès à la mer reste également interdit, limitant la capacité des habitants à produire de la nourriture, à générer des revenus et à reconstruire leur vie.

La FAO, l'UNICEF et le PAM soulignent qu'une paix durable, ainsi que des conditions de sûreté et de sécurité, sont essentielles pour permettre aux populations de retourner dans leurs exploitations agricoles, leurs entreprises et leurs communautés et de commencer à reconstruire leur existence. Le maintien du flux d'aide humanitaire vitale à travers tous les corridors passant par la Jordanie, Israël et l'Égypte, ainsi que par les points de passage situés au nord et au sud de Gaza, est également indispensable au relèvement du territoire.

Les agences appellent en outre à la fourniture immédiate, via le secteur privé, de matériaux pour les abris, de carburant, de gaz de cuisson et d'intrants agricoles, ainsi qu'à l'élargissement de l'accès commercial afin de permettre aux marchés de se redresser et de se stabiliser. Elles insistent sur le fait que la restauration des systèmes d'approvisionnement en eau, d'assainissement et de santé est essentielle à la reprise, faute de quoi les épidémies risquent d'annuler les progrès réalisés en matière de nutrition.

Les agences lancent un appel à la communauté internationale pour qu'elle augmente les financements flexibles et prévisibles destinés à l'assistance alimentaire et nutritionnelle, à la production agricole, aux soins de santé, aux services d'eau et d'assainissement ainsi qu'aux programmes de rétablissement des moyens de subsistance. Alors que les ressources actuellement disponibles pour la Palestine s'épuisent rapidement, l'absence de financements supplémentaires risque de compromettre les progrès durement acquis et d'exposer davantage les 2,1 millions d'habitants de Gaza.

« La sécurité alimentaire à Gaza ne pourra se rétablir tant que la production alimentaire locale ne reprendra pas et que les agriculteurs, éleveurs, pêcheurs et autres producteurs ne pourront pas reconstruire leurs moyens de subsistance », a déclaré QU Dongyu, Directeur général de la FAO. « Les producteurs ont besoin d'accéder aux terres agricoles et à la mer, ainsi qu'aux semences, aux outils, aux intrants d'élevage et à d'autres ressources agricoles, en plus d'un appui technique. Les restrictions sur les importations agricoles et les fournitures humanitaires doivent être levées. Sans ces éléments essentiels, la production alimentaire et la sécurité alimentaire resteront gravement compromises. »

« La sécurité alimentaire à Gaza montre des signes d'amélioration, mais ces progrès restent fragiles et peuvent être rapidement remis en cause », a déclaré Carl Skau, Directeur exécutif par intérim du PAM. « La situation humanitaire générale demeure dramatique : les familles manquent d'eau, de services d'assainissement et de médicaments. Nous avons besoin d'un accès durable, de financements suffisants et d'un environnement stable afin que la population de Gaza puisse entamer son relèvement. »

« La malnutrition aiguë a reculé, mais de nombreux enfants souffrent encore de la faim, et certains pourraient ne jamais se remettre totalement des conséquences d'une longue période de privation nutritionnelle », a déclaré Catherine Russell, Directrice générale de l'UNICEF. « Ces progrès démontrent que lorsque l'accès humanitaire s'améliore et que l'aide parvient aux populations, les enfants peuvent être éloignés du danger. Mais ils reposent sur un programme d'alimentation complémentaire qui ne touche pas tous les enfants et dont les financements s'amenuisent. Sans accès durable et sans financements continus, ces avancées pourraient être perdues en quelques mois. »

# # #

Note aux rédacteurs :

Des images vidéo de qualité diffusion sont disponibles ici.

Des photos haute résolution sont disponibles ici.

Classifications de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition : Le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) est la référence mondiale utilisée pour mesurer et classer la gravité de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition infantile. Il repose sur une échelle de cinq phases permettant de décrire le niveau de gravité de l'insécurité alimentaire aiguë et de la malnutrition :

Phase Classification Description
Phase 1 Nulle/Minimale Les ménages sont en mesure de satisfaire leurs besoins essentiels alimentaires et non alimentaires sans recourir à des stratégies inhabituelles ou non durables pour accéder à la nourriture et aux revenus.
Phase 2 Sous pression (Stress) Les ménages ont une consommation alimentaire minimalement adéquate et sont en mesure de couvrir leurs dépenses essentielles non alimentaires sans avoir recours à des stratégies d'adaptation liées au stress.
Phase 3 Crise Les ménages présentent soit des déficits de consommation alimentaire se traduisant par des niveaux de malnutrition aiguë supérieurs à la normale, soit ne parviennent à couvrir leurs besoins alimentaires minimaux qu'en épuisant des moyens de subsistance essentiels ou en recourant à des stratégies d'adaptation de crise.
Phase 4 Urgence Les ménages présentent soit d'importants déficits de consommation alimentaire, se traduisant par des niveaux élevés de malnutrition aiguë et une surmortalité, soit ne parviennent à réduire ces déficits qu'en recourant à des stratégies d'urgence pour préserver leurs moyens de subsistance et en liquidant leurs actifs.
Phase 5 Catastrophe Les ménages sont confrontés à une pénurie extrême de nourriture et/ou sont incapables de satisfaire leurs autres besoins essentiels, même après avoir épuisé toutes les stratégies d'adaptation disponibles. La famine, les décès, le dénuement extrême et des niveaux extrêmement critiques de malnutrition aiguë sont observés. Le terme catastrophe désigne les populations ou les ménages qui se trouvent à ce niveau d'insécurité alimentaire ou qui risquent de l'atteindre.
Phase 5 Famine Pour qu'une situation soit classée comme une famine, une zone doit présenter des niveaux extrêmement critiques de malnutrition et de mortalité.
Phase IPC malnutrition aiguë Classification Prévalence de la malnutrition Description
Phase 1 Acceptable <5% La malnutrition aiguë se situe à des niveaux relativement faibles et n'est pas considérée comme un problème majeur de santé publique. La plupart des enfants présentent un état nutritionnel adéquat.
Phase 2 Alerte 5.0-9.9% La malnutrition aiguë se situe à des niveaux supérieurs à la normale et nécessite une surveillance étroite ainsi que des mesures préventives afin d'éviter une détérioration de la situation.
Phase 3 Sérieuse 10.0-14.9% La malnutrition aiguë a atteint un niveau préoccupant de santé publique. Un nombre important d'enfants souffrent de malnutrition et nécessitent un renforcement des interventions nutritionnelles.
Phase 4 Critique 15.0-29.9% La malnutrition aiguë a atteint des niveaux critiques. Les risques de maladie et de mortalité chez les enfants sont élevés, ce qui nécessite une réponse urgente et de grande ampleur en matière de nutrition et de sécurité alimentaire.
Phase 5 Extrêmement critique ≥30% La malnutrition aiguë a atteint un niveau extrêmement critique, avec des risques exceptionnellement élevés pour la santé et la survie des enfants. Une intervention immédiate, globale et de grande ampleur est nécessaire.
WFP - World Food Programme published this content on July 23, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on July 23, 2026 at 15:27 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]