07/07/2026 | Press release | Archived content
Genève (Suisse)/Rome - La Commission du Codex Alimentarius a adopté aujourd'hui de nouvelles directives internationales relatives à l'étiquetage de précaution des allergènes, marquant ainsi une étape importante dans la volonté de rendre les mentions «peut contenir» plus pertinentes, davantage fondées sur des données scientifiques et plus cohérentes pour les consommateurs souffrant d'allergies alimentaires à travers le monde.
Les allergies alimentaires touchent environ 4,3 pour cent de la population mondiale, les réactions allant de symptômes bénins à une anaphylaxie pouvant entraîner la mort. Pour des millions de consommateurs, les mentions de précaution relatives aux allergènes peuvent jouer un rôle essentiel lorsqu'il s'agit de déterminer si un aliment peut être consommé sans danger.
Cependant, l'utilisation de mentions telles que «peut contenir» varie considérablement en fonction des produits et des pays, et demeure non réglementée dans de nombreuses régions du monde. Par conséquent, les consommateurs sont souvent confrontés à des informations incohérentes qui peuvent rendre difficile l'évaluation du niveau de risque réel.
Certaines personnes évitent inutilement des aliments qui ne présentent aucun danger pour elles, tandis que d'autres peuvent perdre confiance dans ces avertissements et choisir de les ignorer.
Au cours du processus de fabrication des denrées alimentaires, de petites quantités d'un allergène peuvent se retrouver accidentellement dans un produit, même si cet allergène ne figure pas parmi ses ingrédients. Par exemple, une tablette de chocolat ne contenant pas de fruits à coque peut être fabriquée sur la même chaîne de production que des produits qui en contiennent, ce qui peut entraîner la présence de traces de fruits à coque, malgré les procédures de nettoyage. De même, des ingrédients tels que la farine, le lait en poudre ou les graines de sésame peuvent être transférés involontairement lors du stockage, du transport ou de la manipulation des produits. Dans ces situations, des mentions de précaution telles que «peut contenir» permettent d'alerter les consommateurs sur l'existence éventuelle d'un risque résiduel.
Les nouvelles recommandations du Codex visent à garantir que ces avertissements ne soient utilisés que lorsque ce risque a fait l'objet d'une évaluation scientifique et ne peut être maîtrisé de manière adéquate dans le cadre de bonnes pratiques de gestion des allergènes.
Une approche fondée sur des données scientifiques en matière d'étiquetage des allergènes
Les nouvelles directives du Codex, adoptées en annexe de la Norme générale sur l'étiquetage des denrées alimentaires préemballées (CXS 1-1985), établissent une approche harmonisée, fondée sur des données scientifiques et sur l'analyse des risques, pour l'utilisation de l'étiquetage de précaution des allergènes. Ces mentions ne doivent pas remplacer les bonnes pratiques de fabrication mais être utilisées uniquement après que les entreprises du secteur alimentaire ont mis en œuvre des mesures appropriées de gestion des allergènes, et réalisé une évaluation des risques fondée sur des données scientifiques démontrant qu'il subsiste un risque résiduel lié à la présence involontaire d'allergènes.
Les recommandations s'appuient sur des avis scientifiques élaborés à l'issue de sept consultations conjointes d'experts organisées par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ensemble, ces organisations fournissent aux gouvernements et au secteur agroalimentaire un cadre scientifique commun permettant d'évaluer les risques liés aux allergènes et de déterminer les cas dans lesquels un étiquetage de précaution des allergènes est justifié, afin de faciliter une prise de décision plus cohérente tout en maintenant un niveau élevé de protection des consommateurs.
En promouvant une approche harmonisée en matière d'étiquetage de précaution des allergènes, le nouveau texte du Codex vise à renforcer la confiance des consommateurs tout en apportant davantage de clarté aux fabricants de produits alimentaires et aux autorités de réglementation. Il complète les normes existantes du Codex relatives à la déclaration des allergènes et à la gestion des allergènes alimentaires, notamment le Code d'usages sur la gestion des allergènes alimentaires pour les exploitants du secteur alimentaire (CXC 80-2020).
Établie par la FAO et l'OMS, la Commission du Codex Alimentarius élabore des normes alimentaires, des directives et des codes d'usages internationaux conçus pour protéger la santé des consommateurs et promouvoir des pratiques équitables dans le commerce des denrées alimentaires. Les textes du Codex sont de nature facultative, mais ils constituent des références reconnues au niveau international qui viennent étayer les législations nationales et facilitent le commerce international.
Les directives ont été adoptées lors de la 49e session de la Commission du Codex Alimentarius, qui s'est tenue à Genève (Suisse), du 6 au 10 juillet 2026.
FAO-WHO 49th Session of the Codex Alimentarius Commission adopts new standards