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05/05/2026 | News release | Distributed by Public on 05/05/2026 10:35

Hantavirus sur un navire de croisière : l’OMS soupçonne une transmission interhumaine

Deux cas d'hantavirus ont été confirmés et cinq autres sont suspectés à bord d'un navire de croisière néerlandais immobilisé au large du Cap-Vert, a indiqué mardi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui évoque une possible transmission interhumaine et enquête sur un risque de contamination à bord d'un avion.

Compte tenu de la durée de la période d'incubation du hantavirus, qui peut varier entre une et six semaines, l'agence sanitaire mondiale suppose que ces passagers ont été « infectés en dehors du navire ».

« Nous pensons qu'il pourrait y avoir une transmission interhumaine parmi les personnes en contact très étroit », a déclaré aux journalistes Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l'OMS.

Ce navire, le MV Hondius, reliait Ushuaïa, en Argentine, à l'archipel du Cap-Vert, et n'a plus que 147 personnes à bord, selon le bulletin d'information de l'OMS mardi.

« Au 4 mai 2026, sept cas (deux cas confirmés et cinq cas suspectés) ont été identifiés, dont trois décès, un patient dans un état critique (actuellement en soins intensifs à Johannesburg, en Afrique du Sud, ndlr) et trois personnes présentant des symptômes légers », avait précisé sur le réseau social X, le chef de l'OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Passagers invités à rester en cabine

Le premier cas suspecté est celui d'un Néerlandais de 70 ans qui le 6 avril « a présenté des symptômes de fièvre, de maux de tête et de diarrhée légère à bord du navire », a expliqué l'OMS. Le 11 avril, son état s'est aggravé et il est décédé le même jour. Aucun test microbiologique n'a été effectué.

Il a été ensuite conseillé aux passagers à bord de respecter au maximum la distanciation physique et de rester dans leurs cabines dans la mesure du possible.

Un peu plus tôt, l'OMS avait indiqué qu'elle s'efforçait de retrouver les passagers d'un vol reliant l'île de Sainte-Hélène à Johannesburg, en Afrique du Sud, à bord duquel une croisiériste néerlandaise infectée par l'hantavirus avait été évacuée avant de mourir à l'hôpital.

« Des recherches ont été lancées pour retrouver les passagers » du vol Sainte-Hélène-Johannesburg emprunté par la Néerlandaise malade, a ajouté l'OMS. Sur le bateau, des équipes médicales sont venues à bord pour examiner les personnes malades.

Au sujet des origines présumées de l'épidémie, la Dre Van Kerkhove a indiqué que les premiers patients, un couple marié, avaient embarqué en Argentine.

« Compte tenu de la durée de la période d'incubation du hantavirus, qui peut aller d'une à six semaines, nous supposons qu'ils ont été infectés en dehors du navire », a-t-elle affirmé.

© Unsplash/Nico Smit Deux cas d'hantavirus ont été confirmés et cinq autres sont suspectés à bord d'un navire de croisière néerlandais immobilisé au large du Cap-Vert, selon l'OMS.

Enquêtes épidémiologiques en cours

Le navire a quitté Ushuaia, en Argentine, le 1er avril 2026 et a suivi un itinéraire à travers l'Atlantique Sud, avec de multiples escales dans des régions isolées et écologiquement diversifiées, notamment l'Antarctique continental, la Géorgie du Sud, l'île Nightingale, Tristan da Cunha, Sainte-Hélène et l'île de l'Ascension.

Le navire transporte au total 147 personnes, dont 88 passagers et 59 membres d'équipage. Les passagers et l'équipage à bord représentent 23 nationalités. Au 4 mai 2026, le navire est amarré sur l'Atlantique, au large des côtes du Cap-Vert.

Du côté de l'OMS, des enquêtes épidémiologiques sont en cours afin de déterminer la source d'exposition.

« L'OMS collabore avec les pays concernés et l'exploitant du navire pour apporter un soutien aux passagers et à l'équipage », a détaillé l'agence onusienne, relevant que la réponse internationale coordonnée comprend « des enquêtes approfondies, l'isolement et la prise en charge des cas, l'évacuation médicale et des analyses de laboratoire ».

229 cas dont 59 décès en 2025 dans les Amériques

Même si des milliers de cas d'hantavirus sont observés chaque année, les infections à hantavirus sont relativement rares à l'échelle mondiale.

Un foyer a été identifié en Argentine il y a quelques années. Et en 2025 dans la Région des Amériques, huit pays ont signalé 229 cas et 59 décès, avec un taux de létalité de 25,7 %. Dans la Région européenne, 1.885 infections à hantavirus ont été signalées en 2023 (0,4 pour 100.000), ce qui représente le taux le plus bas observé entre 2019 et 2023.

En Asie de l'Est, en particulier en Chine et en République de Corée, la fièvre hémorragique à hantavirus avec syndrome rénal (HFRS) continue de représenter plusieurs milliers de cas chaque année, bien que l'incidence ait diminué au cours des dernières décennies.

« Mais ce n'est pas habituel » et c'est la première fois sur un bateau, a expliqué Mme Van Kerkhove.

Par ailleurs, il n'existe aucun traitement spécifique contre le hantavirus, hormis des soins de soutien.

« En général, les personnes développent des symptômes respiratoires, c'est pourquoi l'assistance respiratoire est vraiment importante », a déclaré le Dr Van Kerkhove, soulignant que certaines personnes ont besoin d'une ventilation mécanique. Des soins intensifs peuvent être nécessaires, en particulier si l'état des patients se détériore.

Plus globalement, l'OMS estime actuellement que le risque que cet événement représente pour la population mondiale est faible et continuera de surveiller la situation épidémiologique et de mettre à jour son évaluation des risques.

L'agence sanitaire mondiale déconseille l'application de toute restriction en matière de voyages ou de commerce sur la base des informations actuellement disponibles concernant cet événement.

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