07/16/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/16/2026 07:32
La journaliste indépendante Islam Amarneh, collaboratrice du réseau palestinien féministe d'information Nawa, est détenue en Israël depuis le 3 mai 2026. Son frère, Osayd Amarneh, photoreporter pour le site Al-Jarmaq News, est incarcéré depuis près d'un an. Tous deux sont enfermés arbitrairement et sans procès. Reporters sans frontières (RSF) appelle à leur libération immédiate et sans condition, ainsi que celle des 20 autres journalistes palestiniens actuellement dans les geôles israéliennes en raison de leur travail.
Dans la famille Amarneh, le journalisme s'est imposé afin de documenter les crimes de l'occupation israélienne en Cisjordanie. C'est ce travail qui a conduit Islam Amarneh, son frère Osayd Amarneh et leur cousin Moath Amarneh dans les geôles israéliennes. Si ce dernier a été libéré, les deux autres journalistes de la famille y sont toujours enfermés, sans jugement.
"L'acharnement des autorités israéliennes contre les journalistes Islam et Osayd Amarneh s'inscrit dans une persécution qui vise l'ensemble de la profession en Cisjordanie occupée. Il est clair que les autorités israéliennes entendent empêcher la couverture médiatique des crimes des colons et des forces de sécurité israéliennes dans ce territoire soumis à une pression extrême, accrue depuis le 7 octobre 2023 et le début de la guerre à Gaza. RSF exige la libération de tous les journalistes palestiniens arbitrairement détenus.
Dernière victime de cette persécution orchestrée par les autorités israéliennes, Islam Amarneh est incarcérée depuis plus de deux mois. Dans la nuit du 3 mai, cette journaliste âgée de 31 ans, contributrice du réseau palestinien féministe d'information Nawa, a été arrêtée au domicile de son père, dans le camp de Dheisheh, au sud de Bethléem, en Cisjordanie occupée. Son matériel de reportage a été confisqué lors de ce raid. Cette nuit-là, il est autour de 3h30 du matin lorsque des soldats israéliens font irruption dans le foyer. Ils isolent immédiatement Islam Amarneh, pour l'interroger tandis que le reste de la famille est retenu dans une autre chambre. La brutalité de cette scène continue de traumatiser la fille de la journaliste, privée de sa mère à l'âge de cinq ans. "La scène de l'arrestation reste gravée dans sa mémoire et elle la raconte sans cesse", témoigne Abdel Majed Amarneh, le père d'Islam Amarneh interrogé par RSF.
Visée pour son travail, transférée à Damon
Après son arrestation, Islam Amarneh a subi une série d'interrogatoires liés à son travail journalistique, certains en l'absence de son avocate. Un mois plus tard, le 1er juin, elle est transférée vers la prison pour femmes de Damon, dans le nord d'Israël. Dans ce centre de détention destiné aux Palestiniennes, l'organisation Amnesty International a documenté des traitements dégradants imposés par les services pénitentiaires israéliens, tels que la confiscation de leurs protections hygiéniques.
Selon les informations recueillies par RSF, les arrestations de journalistes ont bondi en Cisjordanie occupée depuis le 7 octobre 2023. Sur 19 journalistes palestiniens de Cisjordanie détenus par les autorités israéliennes, 15 l'ont été après cette date. Cette répression s'opère au moyen d'un recours massif et généralisé à la "détention administrative", comme l'a montré l'organisation de défense des droits humains israélienne HaMoked. Ce recours, légal en Israël, permet aux autorités d'incarcérer des citoyens palestiniens sans inculpation, ni jugement, sous couvert de "sécurité nationale". Par ailleurs, trois autres journalistes palestiniens de la bande de Gaza sont détenus par les autorités israéliennes.
L'un sort de prison, l'autre voit sa détention prolongée
C'est ce même recours qui justifie, depuis plus de dix mois, l'incarcération arbitraire du journaliste Osayd Amarneh. Photoreporter pour le site d'information palestinien Al-Jarmaq News, il a été arrêté le 27 août 2025 à son domicile, à l'est de Bethléem, par les autorités israéliennes. Détenu dans la prison d'Ofer, située en Cisjordanie occupée, à proximité de Ramallah, il a vu, trois jours après l'arrestation de sa sœur Islam Amarneh, sa détention prolongée de six mois.
Le mois précédent, le 9 avril, leur cousin, le photographe de presse indépendant Moath Amarneh, collaborateur d'agences locales et internationales, était libéré par les autorités israéliennes, après 7 mois et 20 jours derrière les barreaux en raison de son travail de reporter.
La détention d'Osayd Amarneh doit prendre fin le 27 août, mais ses proches redoutent qu'elle soit de nouveau prolongée. "Il n'y a ni sécurité, ni lieu sûr, tous les Palestiniens sont vulnérables, dénonce le père du journaliste. Les journalistes font partie de cette réalité".