02/06/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/06/2026 03:23
En 2026, l'économie mondiale est soumise à des forces divergentes. D'un côté, les investissements soutenus dans l'Intelligence Artificielle (IA), l'énergie et la défense renforcent sa résilience. De l'autre, les droits de douane, la fragmentation géoéconomique, les conflits persistants, les niveaux élevés d'endettement public et diverses incertitudes politiques et institutionnelles accentuent les risques baissiers.
Ces forces étaient déjà à l'œuvre en 2025, année où l'équilibre a finalement penché en faveur de la résilience. Toutefois, plusieurs de ces facteurs de soutien devraient s'atténuer en 2026.
L'intelligence artificielle, un moteur puissant en 2025, mais un soutien moins assuré en 2026
En premier lieu, l'IA a soutenu l'économie mondiale en 2025 de manière significative, notamment aux États-Unis. Sa contribution à la croissance du PIB américain est estimée à 1,0 point, dont environ 0,5 point provenant de l'investissement (corrigé du contenu d'importation) et un apport similaire via les effets de richesse qui ont soutenu la consommation. L'investissement dans l'IA devrait rester solide en 2026, mais il est improbable qu'il puisse générer de nouveau un point de croissance annuelle.
L'IA devrait être une source de gains de productivité significatifs, mais ils mettront du temps à se matérialiser au niveau macroéconomique. Par ailleurs, la faiblesse - voire le recul - des créations d'emplois dans les secteurs adjacents à l'IA signale un risque de cannibalisation qui contraste avec le caractère fortement complémentaire des investissements dans le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC) au cours des années 1990.
Conditions financières, un soutien qui s'amenuise face aux tensions sur la dette
L'assouplissement des conditions financières a également soutenu l'économie en 2025, mais la possibilité de nouvelles baisses de taux semble désormais limitée. La détérioration des trajectoires d'endettement public a entraîné une hausse des primes de terme obligataires de plusieurs grandes économies - notamment au Japon, aux États-Unis et en France - avec des répercussions sur les marchés mondiaux.
Enfin, la baisse des prix du pétrole observée depuis le pic de 2022 touche vraisemblablement à sa fin, tandis que les tensions géopolitiques continuent de faire peser un risque haussier sur les prix de l'énergie.
Parmi les surprises possibles en 2026, l'une des plus significatives serait une accélération plus rapide que prévu de l'intégration européenne, avec des avancées sur plusieurs unions clés - bancaire, épargne-investissement, énergétique ou de défense. Une évolution de ce type soutiendrait la croissance à court terme et renforcerait durablement la résilience structurelle de l'Europe pour les décennies à venir.