09/24/2026 | News release | Distributed by Public on 09/23/2026 00:54
Les entreprises de construction métallique profitent de l'expansion massive et de la construction de nouveaux centres de données dédiés à l'IA, notamment aux États-Unis. Selon des études de la banque d'investissement Jeffries, les besoins en acier devraient continuer à augmenter. Cette demande est stimulée par le développement des infrastructures, notamment la construction de nouveaux centres de données dans le sillage de l'essor de l'IA. Une prévision de la banque table sur une augmentation de la demande d'acier aux États-Unis de +3,5 % par an d'ici 2030, ce qui correspond à environ 2 millions de tonnes d'acier.
Forte demande d'acier dans les centres de données
Contrairement aux immeubles de bureaux classiques, les centres de données nécessitent plusieurs fois plus d'acier, car ces bâtiments doivent supporter des charges structurelles extrêmement élevées. Ainsi, de lourds systèmes de refroidissement sont souvent installés sur le toit de structures à plusieurs étages. L'aménagement intérieur des centres de données nécessite également beaucoup d'acier. Selon les données de Thyssenkrupp, un centre de données moyen compte environ 10 000 baies de serveurs, ce qui correspond à environ 1 000 tonnes d'acier. À cela s'ajoute une infrastructure massive dédiée au refroidissement, à la protection contre les incendies et à d'autres mesures de sécurité, pour laquelle on utilise presque exclusivement de l'acier : tuyaux, conduits de ventilation, planchers surélevés, caissons de transformateurs ainsi que des barrières de sécurité physiques tout autour du bâtiment.
Des ordres de grandeur différents
Il convient toutefois de tenir compte des différences de taille. Selon une brève analyse réalisée à l'aide de l'outil d'IA Gemini, qui synthétise les données de construction actuelles et les rapports sectoriels (notamment ceux de Morgan Stanley, Thyssenkrupp et d'entreprises spécialisées dans la construction métallique), un centre de données « normal » et moderne, nouvellement construit pour les services cloud, nécessite environ 3 000 à 5 000 tonnes d'acier. Les méga-centres de données, tels que ceux construits par les géants de la tech comme Amazon, Google ou Microsoft pour l'utilisation de l'IA, jouent dans une autre catégorie : ils nécessitent chacun entre 10 000 et 20 000 tonnes d'acier.
Concurrence pour l'électricité
Du point de vue des producteurs d'acier et des entreprises de construction en acier, on peut se réjouir de la hausse de la demande en acier due aux investissements dans de nouveaux centres de données dédiés à l'IA, y compris en Europe. Mais il y a un hic. Si, d'un côté, les deux acteurs - les exploitants de centres de données et les entreprises sidérurgiques - tirent profit les uns des autres, de l'autre, ils deviennent des concurrents. En effet, ces deux secteurs consomment énormément d'électricité.
Selon un article paru dans « MBI Stahl aktuell » le 15 juillet 2026, l'association des entreprises sidérurgiques américaines a déjà tiré la sonnette d'alarme : les besoins insatiables en électricité des centres de données d'IA font grimper les coûts de l'électricité - à hauteur de « plusieurs dizaines de millions de dollars par an ». Certains producteurs d'acier américains ont même déploré des hausses des coûts d'électricité de plus de 70 % par rapport à l'année précédente.
Ces hausses coïncident avec l'essor des centres de données dédiés à l'IA. Selon une prévision commandée par le ministère américain de l'Énergie, les centres de données pourraient consommer environ 10 % à 15 % de l'électricité aux États-Unis d'ici 2030.
Coup d'œil sur l'Europe
L'Europe représente une part nettement plus faible de la puissance de calcul mondiale en IA que les États-Unis - environ 5 % contre 70 %, selon les estimations. La part de la consommation d'électricité imputable aux centres de données s'élève actuellement à environ 4 %. Les prévisions tablent toutefois sur une forte augmentation dans ce domaine également.
La situation est similaire en Suisse. Selon une étude de l'Office fédéral de l'énergie (OFEN), la consommation d'électricité des centres de données représente environ 3,5 % à 4 % de la consommation totale d'électricité en Suisse. Ce petit pays présente toutefois l'une des plus fortes densités de centres de données au monde en comparaison internationale. Certes, l'entraînement des grands modèles d'IA, très gourmand en énergie, a rarement lieu en Suisse. Mais l'essor du secteur du cloud et l'afflux croissant d'entreprises technologiques mondiales sont considérés comme un défi majeur pour le réseau électrique suisse. Les experts estiment que la part de la consommation d'électricité imputable aux centres de données en Suisse pourrait également atteindre 10 % à 15 % d'ici 2030.
Aujourd'hui déjà, l'industrie sidérurgique européenne subit une pression énorme due à la hausse des prix de l'énergie et de l'électricité. Outre l'essor de l'IA, un autre facteur déterminant est ici la transition en cours des procédés classiques de haut fourneau vers les fours à arc électrique (EAF) ou la réduction directe du fer (DRI) à l'hydrogène. Si cela permet de réduire les émissions directes de CO₂, cela augmente en revanche la consommation d'électricité des aciéries.
Nécessité d'agir
Ces perspectives soulignent la nécessité urgente d'agir, y compris en Suisse, pour garantir la sécurité des ressources énergétiques. Ce sujet occupera une place prépondérante dans le débat politique au cours des prochaines années. AM Suisse s'engagera, en collaboration avec les grandes associations économiques et industrielles, en faveur d'un approvisionnement en électricité durable et sûr à des prix abordables.