06/22/2026 | News release | Distributed by Public on 06/22/2026 12:38
La réduction de l'aide internationale a accru l'exposition des civils aux dangers, précise le HCDH, pour qui « un financement prévisible est essentiel pour renforcer les initiatives de protection des civils ».
« Comme si la population du Myanmar n'avait pas assez souffert aux mains de l'armée, elle semble désormais avoir été oubliée par le reste du monde. Dans de nombreuses régions, le financement des efforts de protection locaux constituait le seul réconfort face aux souffrances causées par les attaques ciblées et aveugles perpétrées sans relâche par l'armée. Ce retrait ne fait qu'aggraver ce préjudice », a déclaré dans un communiqué, Volker Türk, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme.
La baisse des financements a entraîné des coupes budgétaires drastiques dans les programmes, des fermetures et des licenciements au sein des organisations de la société civile, a détaillé le rapport, relevant que les organisations de femmes ont été touchées de manière disproportionnée.
Les programmes humanitaires et communautaires, notamment l'aide aux personnes déplacées, les initiatives éducatives et le soutien psychosocial, ont été réduits ou suspendus, ce qui a accru la vulnérabilité des communautés.
En raison des blocus militaires et de ces coupes budgétaires, la prestation des soins de santé d'urgence s'est détériorée, les organisations faisant état de difficultés à maintenir les chaînes d'approvisionnement en médicaments et les établissements de santé.
Les foyers d'accueil pour les victimes de violences sexuelles et de genre ont fermé ou fonctionnent à capacité réduite, tandis que les structures d'hébergement, l'éducation et les programmes destinés aux femmes ont été réduits ou ne sont maintenus que grâce à la réaffectation de ressources d'urgence limitées, souligne le rapport qui couvre la période allant d'août 2025 à fin janvier 2026 (de l'annonce des élections par l'armée jusqu'à la fin du scrutin).
Ces coupes budgétaires interviennent alors que le conflit et la répression ne faiblissent pas. L'ONU confirme au moins 702 décès de civils au cours de la période de six mois couverte par le rapport, principalement dans les régions du centre et dans l'État de Rakhine. Parmi ces décès, 476 sont dus à des frappes aériennes, dont 111 - parmi lesquels 43 femmes et 10 enfants - ont eu lieu avant le début du scrutin en décembre.
Dans le même temps, des acteurs étrangers continuent de fournir à l'armée birmane des armes, des pièces et des composants d'armes, des munitions, ainsi que du kérosène et d'autres biens à double usage, ce qui risque de faciliter des violations du droit international des droits de l'homme et du droit international humanitaire, indique le rapport.
Le Haut-Commissaire a donc réitéré son appel en faveur d'une cessation immédiate des hostilités et de la facilitation de l'accès humanitaire à tous les civils.
Il recommande aux États de cesser et d'empêcher le transfert d'armes et de leurs pièces et éléments, de munitions, et de biens à double usage vers le Myanmar, lorsqu'il existe un risque que ceux-ci puissent faciliter la commission de violations du droit international humanitaire et de violations du droit international des droits de l'homme et d'atteintes à ces droits.
« La communauté internationale devrait se regarder dans le miroir et se demander : après une décennie de souffrances atroces, allons-nous encore une fois laisser tomber le peuple du Myanmar ? La réponse doit être non », a fait valoir M. Türk.