01/26/2026 | Press release | Distributed by Public on 01/26/2026 13:37
Le gouvernement a organisé, lundi 26 janvier à Bercy, les premières Rencontres de la souveraineté numérique présidées par Anne Le Hénanff, ministre du Numérique et de l'Intelligence artificielle. L'évènement a permis de présenter les initiatives de l'exécutif en matière de souveraineté numérique, portées conjointement par le Ministère de l'Économie des Finances et de la Souveraineté industrielle et énergétique et le Ministère de l'Europe et des affaires étrangères. Au cours de cet événement, la ministre du Numérique et de l'Intelligence artificielle a présenté deux démarches complémentaires visant à cartographier les dépendances numériques des acteurs publics et privés : l'Observatoire de la souveraineté numérique, confié au Commissariat à la Stratégie et au Plan ; l'Indice de résilience numérique, initiative privée et présidée par Olivier Sichel.
L'événement du 26 janvier s'inscrit dans le contexte du lancement, réalisé le mardi 20 janvier 2026 par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, d'une campagne de sensibilisation du grand public, afin d'alerter sur les effets néfastes des algorithmes de recommandation pour la société et de renforcer notre plaidoyer en faveur d'une transparence et d'une régulation accrues des plateformes.
L'influence des algorithmes de recommandation des plateformes et réseaux sociaux sur les démocraties libérales est de plus en plus palpable. En sélectionnant, hiérarchisant et amplifiant certains contenus, ces systèmes orientent l'attention, structurent l'accès à l'information et contribuent à la formation des opinions. Ils peuvent favoriser des dynamiques d'exposition répétée aux mêmes points de vue, accroître la polarisation et installer des bulles informationnelles qui réduisent la diversité des sources et des perspectives.
Ces mécanismes ont des effets concrets sur le débat public, les échéances électorales et la santé mentale des plus jeunes. Un Européen sur deux estime que l'utilisation abusive de ses données personnelles a un impact négatif sur sa vie quotidienne. La frontière entre le champ numérique et le champ physique n'a jamais été aussi ténue, alors que les algorithmes n'ont jamais été aussi peu transparents.
Par ailleurs, certains acteurs d'ingérences étrangères disposent d'une expertise avancée pour exploiter ces mécanismes : ils savent jouer avec les signaux d'engagement (likes, partages, commentaires, temps de visionnage), pousser des contenus clivants et artificiellement amplifier des narratifs afin d'influencer la visibilité et la circulation des messages. Cette capacité à tirer parti des logiques algorithmiques renforce la nécessité d'une vigilance collective et d'outils de compréhension accessibles à tous.
Malgré l'adoption de législations dédiées, telle que le règlement sur les services numériques (DSA), les algorithmes demeurent de véritables « boîtes noires ». La capacité des démocraties européennes à réguler les plateformes en ligne constitue un test de souveraineté majeur pour l'Union européenne.
La France s'implique pleinement dans l'application du DSA et, en coordination avec la commission européenne et son régulateur national l'ARCOM, veille à son efficacité. Le ministère de l'Europe et des affaires étrangères (MEAE) souhaite par cette campagne sensibiliser les publics français et européens aux conséquences des algorithmes de recommandation sur nos sociétés et rappeler la détermination de France à faire appliquer le DSA.
Cette campagne, à la fois publique et institutionnelle, mobilisera les acteurs institutionnels français, sur le sol national comme dans l'ensemble du réseau diplomatique.