02/05/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/06/2026 01:40
Merci beaucoup, Monsieur le Ministre, cher Fouad, de m'accueillir à nouveau à Bagdad. Il s'agit de ma deuxième visite en Irak en moins d'un an, ce qui témoigne, si c'était nécessaire, de la force et de la qualité de notre partenariat et de l'importance que la France attache à poursuivre un dialogue soutenu avec l'Irak. Un dialogue soutenu dans un contexte qui est marqué par de fortes tensions régionales, en particulier dans le voisinage immédiat de l'Irak, avec le risque toujours présent d'une escalade militaire et le spectre d'une résurgence de Daech.
La lutte contre le terrorisme islamiste est l'objet principal de mes déplacements successifs en Syrie et en Irak aujourd'hui. Je suis venu en mission anti-Daech. Car la sécurité des Françaises et des Français se joue aussi ici, en Irak et en Syrie. Et dix ans après les attaques du Bataclan planifiées par Daech depuis le théâtre syro-irakien, la France continue de combattre le terrorisme islamiste sans relâche et sans pitié, avec toute la puissance de ses moyens militaires, comme l'ont encore démontré les frappes conduites le 3 janvier en Syrie, et dans un cadre légal, celui de la coalition internationale contre Daech. Des militaires français sont engagés dans ce combat, ici en Irak, aux côtés de leurs frères d'armes irakiens. Je les rencontrerai tout à l'heure.
Avec le ministre des affaires étrangères, mon ami Fouad Hussein, nous avons bien sûr évoqué la situation en Syrie, que nos deux pays ont suivi avec beaucoup d'attention ces dernières semaines. Avec la signature du cessez-le-feu entre le gouvernement de Damas et les forces démocratiques syriennes, que nous saluons, je retiens de notre échange que nous restons alignés sur nos objectifs et nos attentes : le soutien à un processus de transition pacifié et inclusif, pour toutes les composantes de la société syrienne et la poursuite du combat contre Daech. J'ai par ailleurs relevé le rôle majeur joué par l'Irak, qui prend en charge l'accueil de plusieurs milliers de détenus transférés du nord-est syrien en Irak. L'Irak peut compter sur notre appui dans ce contexte.
Nous avons également abordé la situation en Iran. J'ai fait part de notre condamnation la plus ferme à l'égard de la répression sanglante exercée par les autorités iraniennes contre le peuple iranien. Face aux risques d'escalade et face aux conséquences qu'ils porteraient pour l'Irak et pour la région, j'ai souligné la nécessité impérative que l'Iran se saisisse de la proposition de négociation américaine, se résolve à des concessions majeures sur son programme nucléaire, son arsenal balistique et ses activités de déstabilisation régionale, et que l'Iran mette fin à la répression contre son peuple. Nous soutenons, à ce titre, tous les efforts diplomatiques visant à trouver une solution négociée, respectueuse de nos intérêts de sécurité, et respectueuse des droits les plus fondamentaux du peuple iranien.
La stabilité et la sécurité de l'Irak, patiemment acquises, doivent être préservées, quelles que soient les circonstances régionales. Elles sont indispensables à la poursuite du relèvement et du renouveau du pays que nous pouvons tous observer aujourd'hui, et qui constitue, pour toute la région, une source d'espoir.
Nous souhaitons donc que l'Irak poursuive sur cette voie. Face aux crises, face aux tensions, face aux défis communs dans tous les domaines, il est plus que jamais nécessaire d'œuvrer à une stabilité et à une paix durable dans la région. Ce constat partagé nous a amené à évoquer la Conférence de Bagdad, une initiative qui correspond à la vision régionale que portent la France et l'Irak : un Levant où des États forts, souverains, dialoguent d'égal à égal, à l'abri des ingérences étrangères déstabilisatrices, pour favoriser la stabilité et l'intégration régionale, notamment sur le plan économique, avec des projets transfrontaliers dans le domaine des transports, de l'eau, des interconnexions électriques, pour tourner la page des conflits fratricides et créer les conditions d'une prospérité partagée. Nous sommes convenus d'œuvrer ensemble à la tenue d'une troisième Conférence de Bagdad dès que les conditions seront réunies.
L'Irak est entré dans une ère nouvelle, qui offre un nouvel essor à nos relations bilatérales. Avec vous, Monsieur le Ministre, nous avons passé en revue les perspectives de coopération qui sont excellentes dans tous les domaines, vous l'avez rappelé. Et nous oeuvrons chaque jour à approfondir le partenariat stratégique qui unit nos deux pays en continuant de le décliner au service des Irakiens et au service des Français. Depuis les élections de novembre dernier, la France suit avec attention l'évolution du processus institutionnel en cours en Irak. Il est dans l'intérêt de l'Irak, et de tous, j'en ai la conviction, que la politique de développement, de réforme, de diversification économique et d'ouverture se poursuive et se renforce. La stabilité et la continuité sont essentielles pour l'avenir de l'Irak.
Pour conclure, et avant de rejoindre le Premier ministre, avec lequel je vais évoquer également l'ensemble de ces sujets, je souhaite rappeler à tous l'amitié qui lie la France et l'Irak, et vous dire mon engagement à renforcer les liens entre nos deux pays, comme le Président de la République s'y emploie depuis bientôt neuf ans. La France est et restera aux côtés de l'Irak.
Merci encore, cher Fouad, pour ton accueil.