01/28/2026 | News release | Distributed by Public on 01/28/2026 14:36
Au total plus de 12 600 Soudanais sont arrivés en Europe pendant les onze premiers mois de 2025. Près de 65 % rejoignent la Grèce, 30 % l'Italie, le reste l'Espagne.
Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), les femmes sont plus nombreuses parmi les Soudanais arrivés en Grèce (18 %), mais leur part dans le nombre total d'arrivées n'est pas connue.
De plus, bien qu'elles ne soient pas incluses dans l'échantillon, les données provenant d'Italie montrent une proportion notable d'enfants (18 %) parmi les arrivées, principalement des adolescents âgés de 15 à 17 ans.
Chez les hommes comme chez les femmes, les raisons les plus courantes de la migration étaient la guerre ou les conflits (respectivement 99,5 % et 92 %) et la violence personnelle (respectivement 8 % et 6 %). Un petit nombre d'hommes interrogés ont également cité des facteurs économiques (3 %) comme raison de leur migration.
Les conflits et la violence, principales causes poussant les Soudanais à fuir leur pays, se reflètent dans les flux vers l'Europe. Entre 2020 et 2024, leurs arrivées ont fluctué, avant de fortement augmenter entre 2023 et 2025, notamment sur les routes menant à l'Italie et à la Grèce.
Les principales destinations envisagées par les répondants soudanais varient en fonction de l'itinéraire choisi.
Parmi ceux qui ont atteint la Grèce, plus de 80 % ont déclaré avoir l'intention de rester dans ce pays, tandis que d'autres ont mentionné la France et d'autres pays européens. Les ressortissants soudanais arrivés en Italie ont mentionné l'Italie dans 22 % des cas, beaucoup d'entre eux indiquant le Royaume-Uni (41 %), la France (15 %) ou d'autres pays européens (22 %) comme destination envisagée.
Parallèlement, les enquêteurs de l'OIM ont observé des mouvements de transit à partir de ces points d'arrivée initiaux en Europe. Avec un décalage de plusieurs mois, les transits soudanais à travers les pays des Balkans occidentaux ont augmenté.
Par exemple, la hausse des arrivées en Grèce au troisième trimestre 2025 a été suivie d'une augmentation des enregistrements de transit dans les pays des Balkans occidentaux tout au long du quatrième trimestre.
Les arrivées « irrégulières » signalées par le Royaume-Uni suivent une tendance similaire, le nombre d'enregistrements de Soudanais le plus élevé depuis cinq ans ayant été signalé aux deuxième et troisième trimestres 2025.
Cette hausse des arrivées en Europe s'accompagne de trajets longs et périlleux : plus de la moitié des Soudanais passent par des pays de transit pendant de longues périodes, souvent un an ou plus en Libye ou en Égypte, avant de poursuivre leur route vers l'Italie et la Grèce.
Environ 30 % des personnes interrogées ont déclaré avoir passé au moins un an en Libye, tandis que près de 20 % ont mentionné avoir séjourné en Égypte pendant au moins un an. À partir de ces pays, ils se dirigent ensuite vers l'Italie et la Grèce.
Par ailleurs, l'enquête de l'OIM a examiné la vulnérabilité des Soudanais et les formes de violence, d'exploitation et d'abus subies pendant leur périple.
Le long de la route de la Méditerranée centrale (arrivées par voie maritime en Italie et à Malte), les principaux problèmes signalés concernaient des difficultés financières (37 %), le manque d'abri (20 %) et les vols.
En outre, près d'un tiers (28 %) des personnes interrogées ont déclaré avoir effectué un travail non rémunéré, 26 % ont déclaré avoir été retenues contre leur gré dans un lieu et 70 % ont déclaré avoir subi des violences physiques. Bon nombre de ces incidents auraient eu lieu pendant leur transit et leur séjour en Libye.
Alors que certains Soudanais cherchent à atteindre l'Europe par la Méditerranée, la majorité fuit le conflit en restant dans le pays ou en traversant les frontières vers les États voisins. L'OIM recense plus de 9,2 millions de déplacés internes dans les 18 États du Soudan, tandis que depuis le 15 avril 2023, plus de 4,4 millions ont dû se réfugier à l'étranger, illustrant l'ampleur dramatique de cette crise humanitaire.