UNOG - United Nations Office at Geneva

04/14/2026 | News release | Distributed by Public on 04/14/2026 22:18

« Il est temps de privilégier la diplomatie plutôt que l’escalade », insiste Guterres

Le Secrétaire général de l'ONU appelle à privilégier la diplomatie face à l'escalade au Moyen-Orient, tout en mettant en garde contre un affaiblissement du droit international aux lourdes conséquences pour les civils.

« Il est temps de privilégier la diplomatie plutôt que l'escalade », a déclaré mardi António Guterres, alors que la guerre au Moyen-Orient continue d'alimenter les tensions et de mettre à rude épreuve les règles internationales.

Le chef de l'ONU a averti que le droit international est aujourd'hui ouvertement mis à mal, dénonçant des règles « ignorées » et des civils exposés à « des souffrances intolérables ».

« La justice est censée être aveugle. Mais aujourd'hui, trop nombreux sont ceux qui choisissent de fermer les yeux sur la justice elle-même », a-t-il ajouté lors d'un point de presse aux abords du Conseil de sécurité à New York.

Selon lui, « le respect du droit international est piétiné » à travers le monde, « de façon particulièrement flagrante au Moyen-Orient ». Il a également évoqué des obligations humanitaires « bafouées », ainsi que des protections accordées aux Nations Unies « violées ».

« L'absence de droit mène à la destruction »

« Cette attaque généralisée contre le droit international a des conséquences », a averti le chef de l'ONU.

« L'absence de droit engendre le chaos. L'absence de droit alimente les souffrances. L'absence de droit mène à la destruction. »

Dans ce contexte, il a insisté : « Ce n'est pas le moment de se détourner du droit international. C'est le moment de le réaffirmer. »

© ICJ/Frank van Beek
Nokukhanya Jele, de l'Afrique du Sud, s'adresse à la CIJ, à La Haye, dans le cadre des audiences sur les obligations humanitaires d'Israël envers les Palestiniens.

La CIJ, pilier de l'ordre juridique international

António Guterres a annoncé qu'il se rendrait à La Haye pour marquer le 80e anniversaire de la Cour internationale de Justice.

« La CIJ est l'organe judiciaire principal des Nations Unies et un pilier de l'ordre juridique international », a-t-il rappelé.

Au-delà de la commémoration, le Secrétaire général a voulu envoyer un message sans équivoque : « le droit international s'applique à tous les États, sans exception, et que le respect de ses règles n'est pas facultatif ».

Dans un monde marqué par « une fragmentation accrue » et « une rivalité de puissance plus aiguë », il a ajouté que « le droit international est indispensable ».

Moyen-Orient : illustration d'un droit international fragilisé

Le chef de l'ONU a estimé que cette érosion du droit international se manifeste avec une acuité particulière dans la région.

« Il n'existe pas de solution militaire à cette crise », a-t-il déclaré, appelant à la reprise de « négociations sérieuses » et à la préservation du cessez-le-feu, qui doit être maintenu et « étendu si nécessaire ».

Des négociations sérieuses doivent reprendre. Le cessez-le-feu doit être maintenu - et prolongé si nécessaire.

Il a également rappelé que les « droits et libertés de navigation internationaux », notamment dans le détroit d'Ormuz, doivent être respectés par toutes les parties, plaidant pour « la diplomatie plutôt que l'escalade ».

Interrogé sur les discussions entre les États-Unis et l'Iran, il a jugé « essentiel que ces négociations se poursuivent », tout en avertissant qu'il serait « irréaliste » d'en attendre une solution rapide à un problème « aussi complexe » et « de longue date ».

Selon lui, il est toutefois « hautement probable que ces discussions reprennent ».

Il a en outre précisé que le Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) avait alloué 12 millions de dollars afin de fournir une assistance humanitaire « effective » aux populations en Iran en « besoin urgent ».

Liban : sortir d'une dynamique de déstabilisation

Évoquant les pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, António Guterres a tempéré les attentes.

« Personne ne s'attend à ce que ces discussions […] résolvent tous les problèmes », a-t-il souligné, estimant toutefois qu'« il serait très important qu'elles créent les conditions d'un changement dans la manière dont les acteurs ont développé leurs activités ».

Le chef de l'ONU a pointé la dynamique profondément déstabilisante entre Israël et le Hezbollah, qui pèse sur le Liban.

« Jusqu'à présent, la vérité est que le Hezbollah et Israël ont toujours aidé chacun l'autre à déstabiliser le gouvernement du Liban », a-t-il affirmé.

Il a détaillé ce cycle d'escalade, expliquant que chaque action de l'un sert de justification à l'autre, alimentant ainsi une spirale de violence.

Face à cette situation, il a plaidé pour un changement d'approche. « Il est temps qu'Israël et le Liban travaillent ensemble », a-t-il déclaré, afin que le Liban ne soit plus « victime […] de cette conjugaison négative des actions du Hezbollah et d'Israël ».

M. Guterres a conclu en lançant un appel clair : « Il est temps de renouveler l'engagement en faveur du droit international. »

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