09/01/2026 | Press release | Distributed by Public on 09/01/2026 03:34
Monsieur le Commissaire de la Communauté Économique des États de l'Afrique centrale, en charge de l'Environnement et du Développement durable,
Mesdames et Messieurs les représentants des États, du Gabon, du Cameroun, de la République du Congo et de la République centrafricaine,
Monsieur le représentant de l'Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime et coordonnateur régional du projet financé par l'Union européenne qui nous réunit aujourd'hui,
Mesdames et Messieurs en vos rangs, grades et qualités,
Distingués participants,
Je suis ravi d'être parmi vous aujourd'hui à l'occasion de la clôture de cette conférence régionale sur l'élaboration d'instruments de coopération judiciaire et opérationnelle pour les paysages transfrontaliers du TRIDOM et du TNS.
Permettez-moi tout d'abord, au nom de l'Union européenne, de remercier chaleureusement le Gouvernement de la République Gabonaise pour avoir accueilli cet événement, et pour l'engagement démontré au plus haut niveau durant ces travaux. La présence à l'ouverture de S.E.M. le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Chargé des Droits Humains Augustin EMANE et de S.E.M. le Ministre des Eaux et Forêts, de l'Environnement, du Climat, Chargé du Conflit Homme-Faune Maurice ALLOGHO NTOSSUI en est l'illustration.
Je voudrais également saluer l'engagement de la CEEAC et de la COMIFAC, ainsi que le travail de l'ONUDC dans la coordination de cette initiative régionale.
Enfin, je souhaite remercier tout particulièrement les participants des quatre États pour la qualité et le caractère constructif de leurs contributions.
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Mesdames et Messieurs,
L'Afrique centrale abrite le deuxième massif forestier tropical du monde et une biodiversité d'importance mondiale. Cette richesse exceptionnelle se concentre notamment dans les grands paysages transfrontaliers du Tri-national de la Sangha - le TNS - et du Tri-national Dja-Odzala-Minkébé - le TRIDOM.
Vous le savez, ces espaces sont essentiels. Ils le sont pour la conservation de la biodiversité et la gestion durable des ressources naturelles, mais aussi pour les populations qui en dépendent, pour les économies nationales et pour la stabilité des zones frontalières du Cameroun, de la République du Congo, du Gabon et de la République centrafricaine.
Mais, comme cela a été rappelé au cours de Conférence, cette richesse est confrontée à une menace qui, elle aussi, ignore les frontières : une criminalité environnementale de plus en plus organisée et transnationale.
Face à une criminalité qui dépasse les frontières, notre réponse doit être à la hauteur : coordonnée, régionale et collective.
C'est tout le sens des travaux que nous achevons aujourd'hui.
Cette Conférence, inscrite dans la continuité du processus régional engagé lors du Forum transfrontalier d'Ebolowa de mars 2024, a permis de franchir une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération judiciaire et opérationnelle entre les pays de la région.
Vous avez notamment avancé dans l'identification des principes directeurs de la future Convention régionale et dans la réflexion sur l'harmonisation des procédures opérationnelles standardisées qui sont indispensables pour permettre aux acteurs de terrain de coopérer de manière plus fluide, plus rapide et plus efficace.
Vos travaux ont été imprégnés d'une certitude, celle que la coopération régionale doit se traduire par des mécanismes concrets et opérationnels.
Il est également apparu clairement que la lutte contre la criminalité environnementale ne peut pas se limiter à l'arrestation ou à la poursuite de ses auteurs.
La criminalité organisée est motivée par le profit. Pour obtenir un impact durable, il faut donc également s'attaquer à son modèle économique.
Cela signifie renforcer les enquêtes financières parallèles, identifier les bénéficiaires effectifs, améliorer le traçage des avoirs et utiliser pleinement, lorsque les conditions légales sont réunies, les mécanismes de saisie et de confiscation. S'attaquer, aussi, à la corruption, lorsqu'elle se présente.
Protéger les ressources naturelles, c'est défendre un bien commun mais c'est aussi combattre les réseaux criminels en les privant d'une source de revenus.
Les échanges de ces derniers jours ont également confirmé l'importance d'une approche intégrée. La conservation, la gouvernance, la justice pénale, la coopération régionale et l'implication des communautés ne sont pas des dimensions séparées : elles se renforcent mutuellement.
C'est cette approche que l'Union européenne souhaite continuer à soutenir en travaillant main dans la main avec les autorités nationales et l'ensemble des partenaires concernés.
L'engagement de l'Union européenne en faveur de la protection de la biodiversité et des ressources naturelles en Afrique centrale s'inscrit dans le temps. Il s'est notamment traduit par les six phases successives du programme régional ECOFAC, lancé en 1992, et se poursuit aujourd'hui à travers NaturAfrica.
Notre partenariat porte également sur le renforcement de l'État de droit, de la gouvernance et des capacités des systèmes judiciaires à lutter contre ceux qui tirent profit de l'exploitation illégale des ressources naturelles.
C'est notamment l'objectif du programme mondial GUARD Wildlife (Global United Action to Reduce and Dismantle Organized Wildlife Crime) de l'Union européenne dont la mise en œuvre a été confiée à l'Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime, avec ses partenaires de l'International Consortium on Combating Wildlife Crime - l'ICCWC.
À travers le programme PARCIC, également financé par l'Union européenne et mis en œuvre par l'ONUDC, nous avions déjà accompagné la CEEAC dans le développement de sa politique régionale de lutte contre la criminalité environnementale. Il existe donc une ligne directrice claire dans notre partenariat : soutenir les États et les institutions régionales dans la construction de mécanismes durables capables de dépasser la durée d'un projet individuel.
Cette continuité est importante : elle témoigne de notre volonté de construire dans la durée, et pas simplement de multiplier les initiatives.
L'Union européenne attache naturellement une grande importance aux résultats. Mais elle accorde une importance tout aussi grande à leur appropriation et à leur durabilité.
Les outils et mécanismes que nous contribuons à mettre en place ne pourront produire leurs effets dans le temps que s'ils sont pleinement portés par les États, par la CEEAC et la COMIFAC, et par les administrations qui les mettent en œuvre au quotidien.
C'est pourquoi la prochaine étape est essentielle.
Il nous faut maintenant transformer les conclusions de cette Conférence en actions concrètes.
Poursuivre la consolidation technique des propositions. Finaliser les principes directeurs de la future Convention. Avancer sur l'harmonisation des procédures. Mais surtout, tester ces mécanismes sur le terrain, identifier ce qui fonctionne, corriger ce qui doit l'être et faire de cette coopération une réalité opérationnelle.
C'est à cette condition que les travaux de cette Conférence prendront tout leur sens.
Mesdames et Messieurs,
Au moment de clôturer cette rencontre, je voudrais souligner que la qualité d'une conférence ne se mesure pas seulement à la richesse des discussions qu'elle suscite, mais aussi à sa capacité à créer une dynamique qui se poursuit au-delà de la salle de conférence.
Je crois que nous disposons aujourd'hui de cette dynamique.
Elle repose sur une conviction partagée : la criminalité environnementale est une menace régionale et transnationale, et elle appelle une réponse qui soit elle aussi régionale, transnationale et collective.
L'Union européenne restera pleinement engagée aux côtés de ses partenaires pour accompagner cette dynamique et contribuer à la construction de mécanismes efficaces, durables et véritablement appropriés par la région.
Je voudrais, pour terminer, réitérer nos sincères remerciements à la République Gabonaise pour son accueil et son engagement, à la CEEAC et à la COMIFAC, à l'ONUDC et à l'ensemble des experts, praticiens et partenaires qui ont contribué à la réussite de cette Conférence.
La coopération ne se décrète pas : elle se construit, par le dialogue, par la confiance et par l'action.
Cette Conférence nous a permis de faire un pas supplémentaire dans cette direction.
À nous désormais de faire en sorte que ce pas soit suivi de beaucoup d'autres.
Je vous remercie.