Ministry of Europe and Foreign Affairs of the French Republic

01/13/2026 | Press release | Archived content

Entretien de Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l’attractivité, avec « BFM[...]

Q - Vous êtes bien dans le 18-19. Mon premier invité, c'est Nicolas Forissier, ministre délégué au commerce extérieur et à l'attractivité. Bonsoir Nicolas Forissier.

R - Bonsoir.

Q - Merci d'être avec nous. Surtout que vous avez un agenda forcément un peu chargé. En plus, vous rentrez du Danemark. Intéressant. On parlera du Groenland et du Mercosur. Juste, il y a quelques instants, le Premier ministre a annoncé une loi d'urgence agricole. Il a annoncé ça sur X pour que tout le monde soit vite au courant, sachant qu'il y avait quand même quelques 350 tracteurs qui étaient autour de l'Assemblée nationale. Et on voit bien que la colère ne s'est pas calmée encore. Il a promis cette loi aux agriculteurs avec des priorités. Ça sera la politique de l'eau, la prédation du loup et les moyens de production. Ça doit être présenté au Conseil des ministres en mars, normalement avant l'été. Certains disent déjà que Lecornu noie le poisson sur le Mercosur. Est-ce que… c'est la Coordination rurale qui dit ça, est-ce qu'ils n'ont pas peu raison quand même ?

R - Je ne crois pas du tout. Moi, j'ai participé, Hedwige Chevrillon, à toutes les réunions où le Premier ministre recevait avec Annie Genevard et en ma présence, l'ensemble des organisations professionnelles agricoles. Quatre réunions avec les quatre organisations avant Noël et à nouveau quatre réunions en début de semaine dernière. Et la méthode du Premier ministre, et je trouve que cela mérite d'être souligné et d'être rappelé au contraire, c'est vraiment de prendre les sujets un par un, et de rentrer dans le concret. Et il le dit d'ailleurs sur X, il faut que ce soit dans les cours de ferme. Il faut que nos agriculteurs, moi, je suis moi-même fils d'agriculteur, je suis un élu rural, dans l'Indre, je connais vraiment bien ce métier, c'est d'ailleurs un métier qui me passionne, mais on est dans une… Dans le monde rural, on aime bien les choses concrètes, on aime bien des réponses précises. Donc c'est ce que fait le Premier ministre. Et donc on a eu un certain nombre de mesures qui ont été annoncées, notamment dans le cadre du Mercosur, on y reviendra, sur la dermatose nodulaire, c'est-à-dire cette maladie qui touche les bovins, qui est extrêmement grave et qui est en train d'être jugulée. Là, il y a eu aussi énormément de choses très concrètes. On a continué la semaine dernière avec de nouvelles mesures qui ont été annoncées sur un certain nombre de sujets. Le Premier ministre avait dit qu'il irait jusqu'au bout sur l'eau, sur les moyens de production, vous venez de le rappeler, c'est ce qu'il fait ce soir. Et il va le faire dans le cadre d'une loi d'urgence qui va donc permettre au Parlement de trancher à nouveau sur un certain nombre de sujets. Moi, je trouve qu'on avance. On avance méthodiquement.

Q - Deux bémols, vous vous souvenez de cette image des bottes de foin avec Gabriel Attal ? C'était il y a déjà quelques mois. On parlait déjà des problèmes des bassines et de l'eau. Donc vous allez voir, on va tout vous résoudre. On est donc maintenant, on est en début 2026 et rien n'est résolu. Pourquoi faut-il le croire ? Surtout qu'en fait, cette loi agricole, il faut qu'elle soit… Il faut qu'il y ait un budget, il faut qu'il y ait encore un gouvernement, il faut qu'il y ait encore un Parlement. Et là, il y a quand même beaucoup de points d'interrogation.

R - Mais pourquoi vous êtes pessimiste comme cela ?

Q - Je ne sais pas, moi je lis les journaux, j'écoute…

R - Que ce soit sur la discussion budgétaire, que ce soit sur le sujet de la crise agricole qui est une crise majeure, qui n'est pas simplement une crise conjoncturelle, qui n'est pas seulement liée au Mercosur, qui n'est pas seulement liée à la DNC, mais qui est liée au fond à la nécessité de redéfinir une vision. C'est ce que nous disent d'ailleurs les agriculteurs, moi je le dis depuis très longtemps, je l'ai toujours pensé, il faut redéfinir une vision. Et c'est le travail qui est conduit par le Premier ministre, par Annie Genevard et par tout le Gouvernement en fonction de nos compétences. Moi je vais être mis au boulot sur les négociations commerciales, notamment pour rétablir l'exportation de, je suis déjà en train de le faire d'ailleurs, de broutards, comme on dit, de jeunes bovins mâles, en Italie, y compris quand ils sont vaccinés, c'est très concret. Donc on avance point par point, sujet par sujet, il n'y a pas de grande déclaration, il y a une méthode qui est la méthode Lecornu, permettez-moi de le dire, et qui est une méthode hyper pragmatique, qu'il y ait du concret dans les cours de ferme. C'est cela qui compte. On est là pour cela. Et moi, je pense qu'on sera là au mois de mars pour présenter au Conseil des ministres un projet de loi qui permettra à nouveau d'avancer sérieusement.

Q - Ce n'est pas nous qui avons dit ça, c'est le Premier ministre.

R - Il a simplement rappelé et vérifié l'hypothèse, puisqu'il y a deux motions de censure déposées sur le Mercosur, et peut-être qu'il peut y en avoir une sur le budget, si jamais il y avait un 49-3. Il faut savoir ce qui se passe demain. Moi, je pense qu'on ne peut pas se permettre d'avoir une dissolution, parce que ce serait catastrophique pour l'économie du pays, pour les Françaises et les Français dans leur vie quotidienne, pour leur épargne, mais aussi, évidemment, pour les entreprises qui créent de l'emploi et qui sont des entreprises qui, je suis là pour les défendre sur les marchés internationaux, sont à la conquête. Un emploi sur quatre dépend de l'export. Imaginez l'image que nous aurions et que nos entreprises auraient sur les marchés à l'export si, à nouveau, nous n'étions pas capables de trouver un compromis, ce que font tous les autres pays de l'Union européenne.

Q - Est-ce que vous avez compris pourquoi notre balance agricole est pour la première fois déficitaire ? Vous, le ministre du commerce, qu'est-ce que vous pouvez faire pour inverser la tendance ?

R - J'étais en charge de l'agriculture au Gouvernement il y a 20 ans. On était entre 15 et 20 milliards encore dans ces années-là, d'excédent. Aujourd'hui, on va être peine à l'équilibre, on va être plutôt un peu en dessous. Et évidemment, cela pose un vrai sujet sur la compétitivité de l'offre française. En même temps, il faut relativiser. Vous avez aussi énormément de pays qui ont développé leur offre en matière de produits agricoles.

Q - Notamment l'Allemagne, oui.

R - Notamment l'Allemagne, absolument.

Q - L'Espagne.

R - Et du coup, évidemment, ça relativise cette perte de compétitivité.

Q - Mais nous, on ne l'a pas fait.

R - C'est aussi un problème de volume. Il y a plus de volume sur le marché, on est moins compétitif, donc on a un peu moins de facilité à vendre.

Q - On va revenir sur le Mercosur, parce qu'en plus, vous rentrez du…

R - Je veux juste dire, Hedwige Chevrillon, sur la question de l'agroalimentaire, j'en ai parlé d'ailleurs avec les représentants agricoles, et notamment avec Arnaud Rousseau, avec les Jeunes agriculteurs. Il faut absolument, je veux travailler là-dessus, que l'on mette en œuvre un vrai plan de développement et de reconquête sur les marchés extérieurs des produits agricoles. Et ceci parce que nous sommes un grand pays admiré, nous avons le meilleur système…

Q - Oui, mais notre agriculture, elle n'est pas compétitive, vous qui êtes ministre de l'attractivité.

R - Il y a un problème intérieur, il y a un problème aussi de conquête à l'extérieur. Il faut qu'on reparte à l'assaut des marchés extérieurs parce que nos produits, et je pense que c'est possible, sont, au fond, admirés, demandés. Ce sont les plus sûrs sur le plan sanitaire. C'est le modèle gastronomique français aussi, c'est l'excellence française qu'il faut qu'on remette en avant.

Q - Alors on va y aller tout de suite sur le Mercosur, je vous parlerai de l'attractivité de la France qui est un peu en berne, mais sur le Mercosur parce que c'est intéressant. Vous, vous dites, évidemment, en disant le Mercosur, c'est une manière d'ouvrir et c'est un débouché pour certaines filières. OK, c'est pour les bovins, l'élevage c'est très mauvais, mais en revanche pour d'autres filières, c'est une planche de salut. Comment convaincre les agriculteurs que c'est vrai ?

R - On a toujours dit, et moi je l'ai toujours dit, qu'il y avait évidemment des filières qui pouvaient trouver beaucoup d'intérêt à des accords commerciaux qui sécurisent les débouchés et qui nous permettent de diversifier aussi les débouchés. Quand les producteurs de lait sont barrés par des mesures chinoises sur la crème de lait ou sur les produits laitiers, le lait infantile, etc., ils sont bien contents, et ils me le disent, de trouver d'autres marchés où ils peuvent sécuriser leurs débouchés et compenser. Donc il y a une approche, il faut avoir une approche très concrète. Mais on a toujours dit aussi qu'il était hors de question, parce que la France est un grand pays agricole, c'est le premier pays agricole de l'Union européenne. C'est notre identité, c'est nos paysages.

Q - Elle est mise à mal…

R - Oui, mais il est hors de question, on l'a toujours dit, de sacrifier certaines filières parce que d'autres, y compris évidemment dans l'industrie ou les services, auraient beaucoup d'avantages, et c'est le cas dans le cas du Mercosur.

Q - Oui, mais on ne peut jamais contenter tout le monde.

R - Tant que l'accord n'est pas équilibré, on se bat. Et franchement, honnêtement, on a obtenu avec ce bras de fer avec la Commission, y compris en votant « non ».

Q - Vous n'avez rien obtenu, pardonnez-moi, vous n'avez pas obtenu grand-chose.

R - On a obtenu des éléments de protection de nos filières qui n'ont jamais été obtenus dans aucun accord commercial. La clause de sauvegarde renforcée, en gros c'est le frein d'urgence, si les prix des produits [baissent ?] de 5% par rapport aux trois années précédentes ou si les volumes augmentent de plus de 5% par rapport aux trois années glissantes, on arrête les importations de produits du Mercosur. C'est par exemple le cas dans la filière bovine, à laquelle je suis très attaché. C'est un outil extrêmement puissant. On ne l'avait jamais obtenu. Non seulement on a obtenu cela, mais on a obtenu des mesures miroirs qui sont à confirmer, mais pour la première fois, la Commission accepte le principe et le fait sur cinq substances qui sont déjà interdites.

Q - Pourquoi le Président a dit non ?

R - Non, parce qu'on n'est pas satisfait aujourd'hui sur l'ensemble des demandes qui sont les nôtres. On a obtenu quasiment tout ce que l'on demandait sur la clause de sauvegarde. On a un principe sur les mesures miroirs, c'est-à-dire les mêmes normes s'appliquent aux pays qui nous exportent de la viande que celles que l'on impose à nos éleveurs par exemple. Sauf que cela mérite d'être confirmé par la Commission et nous, on continue le bras de fer…

Q - Mais la mise en place est très compliquée…

R - On a obtenu le doublement des contrôles parce qu'évidemment si vous interdisez mais que vous ne contrôlez pas, y compris sur place dans les élevages par exemple…

Q - C'est plus compliqué au Brésil qu'au Canada.

R - Et bien oui mais sauf qu'il faut que l'on ait concrètement les postes, la mise en œuvre de cette force de contrôle européenne que la France demande etc. Donc on a obtenu beaucoup de choses mais on considère que l'on n'est pas allé au bout et donc on maintient le bras de fer. Et quand j'entends que la France s'est couchée, qu'elle est faible, etc., c'est le contraire. En fait, c'est une position de force qui est la nôtre. On a obtenu, pour le compte d'ailleurs, des agriculteurs des autres pays européens…

Q - Monsieur le ministre, vous voyez bien, une position de force, je veux bien, qu'est-ce qui se passe là concrètement ? Emmanuel Macron, le président français, a dit non.

R - Il a été cohérent avec ce qu'il a toujours dit, le Gouvernement l'a été…

Q - Et là, le 17 janvier, Ursula von der Leyen va aller au Paraguay pour parapher l'accord. Et en plus, il va sans doute entrer en vigueur extrêmement rapidement, vous pouvez peut-être nous le confirmer, parce que vous êtes plus au fait que nous, parce que ça doit passer devant le Parlement européen, mais visiblement, le Conseil européen, c'est de la mécanique bruxelloise, a fait en sorte qu'il va rentrer en vigueur plus rapidement que prévu, c'est ça ?

R - Très honnêtement, la réalité c'est que les accords provisoires, commerciaux, ne peuvent pas rentrer, c'est une tradition au sein des instances européennes, en application tant que le Parlement ne s'est pas prononcé, ou alors ce serait un déni de démocratie. Or le Parlement va se réunir entre le 19 et le 22 janvier, il va voter au moins sur une chose, et cela il faut le prendre, c'est la fameuse clause de sauvegarde, parce que c'est vraiment la protection absolue pour nos filières sensibles. Je pense évidemment aux bovins, mais c'est vrai de la volaille, c'est vrai du sucre, c'est vrai de l'éthanol. Deuxièmement, il est probable, si le texte est bien déposé, qu'il y aura un vote sur la saisine de la Cour de justice européenne. Si le Parlement européen saisit la Cour de justice, cela suspend l'application immédiatement pendant un an et demi en gros, parce qu'il faut 18 mois pour que la Cour de justice rende en moyenne ses réponses, cela suspend l'application de l'accord Mercosur.

Q - Il n'y a pas justement un petit chemin de traverse qui a été pris, qui fait que, en tous les cas c'est ce qu'on lit, c'est ce qu'on nous dit, qu'il y a un chemin de traverse qui va permettre en fait de faire rentrer en vigueur très rapidement le Mercosur.

R - Non, on dit beaucoup de choses, mais la tradition…

Q - Vous, vous nous dites ce soir que non, mais c'est important.

R - Honnêtement, ce serait un déni de démocratie, ce serait contraire à la tradition et aux habitudes qui sont celles des instances européennes. On ne met pas en œuvre un accord provisoire tant que le Parlement ne s'est pas prononcé. Le Parlement d'ailleurs semble devoir se prononcer plus rapidement que prévu, puisque j'ai vu que Mme Metsola, la présidente, avait sans doute évoqué la possibilité que le Parlement se prononce plutôt en février-mars qu'en mars-avril. On semblerait avoir un peu d'accélération pour clarifier les choses. Mais en l'état, le texte n'est pas signé et il ne peut être appliqué, y compris de façon provisoire, que lorsque le Parlement se sera prononcé. Et moi j'attire votre attention sur le fait qu'aujourd'hui, tous les politiques qui ont été unanimes à dénoncer l'accord Mercosur, il faut qu'ils aillent voir leurs parlementaires européens. On va voir si on a de l'influence à Bruxelles ou à Strasbourg en l'occurrence, pour leur dire, saisissez la Cour de justice. Cela nous permettra, un, de clarifier les choses sur le plan de l'accord Mercosur, d'un point de vue juridique, sur son contenu, mais cela nous permettra aussi d'aller jusqu'au bout de la négociation que la France a très largement engagée.

Q - Nicolas Forissier, j'ai beaucoup de questions à voir avec vous notamment, on va parler du commerce extérieur, puisque vous êtes ministre du commerce extérieur, vous n'avez pas les chiffres sur l'année 2025, mais peut-être vous pouvez nous donner quand même des tendances, sachant que, bon, là, vous avez vu, mauvaise nouvelle, Boeing est passé devant Airbus en termes de livraison d'avions, puisque Boeing a vendu davantage d'avions qu'Airbus, et qu'Airbus, c'est ce qui fait notre commerce extérieur. Vous avez des inquiétudes sur 2025 ?

R - Airbus a été pendant des années le leader. On sait qu'il y a eu de très grosses commandes un peu sous la pression de M. Trump dans certains pays. Airbus reste quand même le très grand leader de l'aéronautique mondial. Après, sur les chiffres du commerce extérieur, je n'ai pas les chiffres définitifs, mais ce qui est clair, c'est que notamment lors du dernier trimestre 2025, mais c'était déjà sensible au troisième trimestre, nous avons une progression du commerce extérieur français. Au dernier trimestre, le commerce extérieur français progresse de 2,2%, ce qui a contribué d'ailleurs à relever le taux de croissance qui était prévu moins haut et qui va finir un peu en dessous de 1, mais qui est meilleur que ce qui était prévu par les prévisionnistes.

Q - Donc notre balance commerciale en 2025 sera…

R - Cela progresse.

Q - Elle sera très négative, elle sera moyennement négative ?

R - Elle reste négative, mais elle est moins négative progressivement, on redresse la barre. Et ce qui est intéressant, c'est qu'au quatrième trimestre, en 2025, en réalité, vous avez une progression du commerce extérieur de 2,2%, comme je vous le dis, qui se traduit de façon structurelle. C'est + 10 milliards d'exportations. Ce n'est pas parce qu'on a moins acheté d'énergie. Donc c'est intéressant parce que c'est structurel. Après, on est loin du compte. Il faut continuer, il faut se battre. Et c'est mon boulot d'aller soutenir les entreprises françaises, négocier, faire valoir l'offre française, faire en sorte que… D'ailleurs, ce n'est pas assez dit dans nos médias français, dans le débat public. Nous avons des centaines de milliers de Françaises et de Français qui se battent en première ligne, sur ce que j'appelle la ligne de front, pour tenir les positions de nos entreprises, pour conquérir des marchés. C'est le réseau diplomatique, c'est Business France, c'est aussi…

Q - Ils défilent sur ce plateau, Nicolas Forissier, ils défilent sur ce plateau, ceux qui font ça, la ligne de front de l'économie française, sur BFM Business.

R - Je suis là pour le rappeler à nos concitoyens. Parfois, je trouve qu'on ne parle pas assez d'eux dans les médias, peut-être pas dans les médias, en tout cas pas sur BFM Business, si j'ai bien compris, mais dans le débat public, plus globalement, alors qu'ils sont au boulot pour faire en sorte que nous soyons conquérants et que nous tenions nos positions. Je les ai encore vus, je pense au Conseil du commerce extérieur de la France, par exemple, c'est le cas de tous des cadres, de tous les chefs d'entreprise qui se battent. Je l'ai encore vu au Danemark, encore hier.

Q - Oui, sur le Danemark, justement, parce qu'il me reste encore deux questions. Très rapidement, sur le Danemark, vous avez été voir la Première ministre, qui est vraiment en ligne de front, pour le coup, contre Trump, sur le Groenland.

R - J'ai vu plusieurs membres du gouvernement, y compris une ministre du Groenland, vous savez que c'est différent du Danemark, et le Groenland a des compétences propres, notamment, en l'occurrence, c'était sur les sujets de prospection minière et d'industrie.

Q - Et ils vous ont semblé comment, optimistes, pessimistes, sur la capacité de résistance ?

R - Je pense qu'ils sont, nos amis danois et nos amis groenlandais, extrêmement lucides sur la tension qu'ils vivent et la situation qui est la leur. Notre rôle, c'est de rappeler, ce que j'ai fait au nom du Gouvernement, mais le Président, le Premier ministre, le ministre Jean-Noël Barrot l'avaient fait, y compris sur place, avant, le Danemark et le Groenland, qui est un territoire autonome associé au Danemark, doivent pouvoir déterminer par eux-mêmes quel est leur avenir. Il est hors de question qu'il y ait des pressions. Je pense qu'il y a derrière tout cela une négociation qui dépasse la seule situation du Danemark et du Groenland. Mais nous, nous devons réaffirmer notre solidarité et celle des Européens. Et nous devons aussi faire en sorte que l'on construise des ponts et des partenariats.

Q - Ce n'est pas ça qui va arrêter Donald Trump.

R - Je ne suis pas la personne qui va arrêter Donald Trump. Mais je vous dis que l'on doit exprimer notre solidarité et construire cela sur des bases qui sont des bases de partenariats économiques, ce que l'on a fait, y compris avec le Groenland.

Q - Vous avez négocié des accords sur les terres rares ?

R - On essaie de les accompagner sur, effectivement, la prospection et la meilleure connaissance de leurs ressources minières, notamment de minéraux critiques ou de terres rares. On peut les accompagner en matière de tourisme aussi. Et évidemment, on a des relations extrêmement solides avec le Danemark. Je rappelle que le Danemark est le premier investisseur des pays nordiques en France. Et que la France, puisque c'est une question, je crois que vous vouliez me poser, je la devance, reste un pays extrêmement attractif.

Q - Juste parce que ça y est, c'est terminé, Nicolas Forissier, vous avez vu cette interview des dirigeants de JP Morgan chez nos confrères des Échos, c'est très intéressant, qui dit « nous pourrions déménager ailleurs ». C'est une situation regrettable. Après dix ans d'investissement massif à Paris, ils ont même fait leur hub européen post-Brexit, ils sont absolument désespérés parce qu'ils observent en France.

R - Ils disent cela dans l'hypothèse où il n'y aurait pas de budget et où la situation serait mauvaise. La réalité, c'est que la France, pour la sixième année consécutive - c'est le symbole du sommet Choose France tous les ans. C'est la vérité. Pour la sixième année consécutive, la France est la première destination en Europe pour les investissements directs étrangers.

Q - Nous donnons l'impression au marché mondial sans vouloir que la France est moins ouverte aux affaires.

R - Je pense que les chiffres contredisent cette appréciation. En fait, JP Morgan, ils envoient un peu un signal en disant, attends, ressaisissez-vous, il faut un budget, il faut de la stabilité dans le pays, mais les fondamentaux de l'attractivité sont bons. Ce n'est pas la langue de bois, cela. Ce sont des faits.

Q - Non, ça, c'est sûr que ce n'est pas de la langue de bois.

R - Choose France au mois de juin, c'est 40 milliards d'investissements supplémentaires. Choose France, entreprises françaises, à l'automne, c'est 32 milliards. Donc honnêtement, je pense qu'on reste les premiers en Europe.

Q - Merci beaucoup Nicolas Forissier, très optimiste, mais surtout à votre poste, vous avez raison de l'être. Nicolas Forissier, ministre délégué du commerce extérieur et à l'attractivité. Merci d'avoir été avec nous.

Source : BFM BUsiness

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