10/13/2026 | Press release | Distributed by Public on 10/13/2026 16:54
Les situations contrastées de la République arabe syrienne, de l'État de Palestine et du Yémen et les attentes de ces pays vis-à-vis de la communauté internationale ont marqué, ce mardi, le débat général de la Première Commission, chargée des questions de désarmement et de sécurité internationale. Vanuatu a, quant à lui, porté la voix de petits États insulaires en développement (PEID) soucieux, pour leur survie, que soient liés désarmement humanitaire et développement durable. Des pays de l'Afrique francophone ont réaffirmé leur attachement à la mise en œuvre des dispositifs de désarmement régionaux et à l'éventail des outils d'appui onusiens déployés à ce niveau.
Les représentants de ces trois États ont décrit des situations allant de la plus prometteuse à la plus difficile. De « miracle syrien » il a d'abord été question, le délégué de ce pays revenant sur un mois de septembre 2026 riche en accomplissements sur l'échiquier international.
Il a d'abord rappelé que, le 9 septembre, le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait adopté par consensus une résolution décidant de clore le dossier de non-conformité nucléaire ouvert contre la Syrie en 2011. La signification et la portée de cette résolution, saluées par la Türkiye, ouvre, a dit le représentant, de nouvelles perspectives de développement « et la Syrie appelle la communauté internationale à la soutenir sur la voie de l'appropriation de la technologie nucléaire à des fins pacifiques ».
En septembre également, la Syrie a mené la toute première opération de destruction de munitions chimiques sous vérification de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), a fait valoir le délégué.
« La situation de mon pays illustre de façon criante le lien entre prolifération des armes, conflits armés et menaces à la paix et à la sécurité internationales », a, pour sa part, affirmé le représentant du Yémen. Le flux continu d'armes iraniennes vers la milice terroriste houthiste, non seulement prolonge le conflit au Yémen mais étend la menace aux pays voisins et aux voies navigables internationales, a-t-il constaté.
Et parce que la sécurité des voies maritimes constitue un intérêt international commun, « il est impératif d'empêcher l'acheminement et l'utilisation d'armes et de capacités militaires contre des navires internationaux », a insisté le représentant. La République du Yémen appelle tous les États Membres à prendre des mesures pour empêcher le transfert d'armes aux milices houthistes, a-t-il alors lancé. Pour le Yémen, la paix ne pourra être instaurée tant qu'il subsiste un groupe armé contestant à l'État son droit de décider de la guerre et de la paix et utilisant des armes, des missiles et des drones contre des civils, les pays voisins et la navigation internationale.
Ce message a résonné avec celui de l'État de Palestine, dont le délégué a réitéré l'appel de son pays à un embargo complet sur les armes à destination d'Israël et au désarmement des colons israéliens armés. Le peuple palestinien, qui subit des bombardements aveugles, des attaques visant des civils et de graves violations du droit international humanitaire, doit bénéficier d'une protection internationale immédiate et efficace, a-t-il insisté.
Notant avec gravité que les Palestiniens ont vu comment l'intelligence artificielle et les machines à tuer automatiques facilitent la violence à l'encontre de ceux que le droit international humanitaire vise à protéger, il a partagé avec la Commission son sentiment que le choix se joue désormais entre un avenir régi par le droit et un avenir menacé par l'anéantissement.
Pour ces pays, a insisté Vanuatu, l'ordre du jour de la sécurité internationale ne saurait être dissocié des vulnérabilités plus larges auxquelles leurs sociétés sont confrontées.
Notre sécurité est affectée non seulement par les menaces militaires classiques, mais aussi par les changements climatiques, l'élévation du niveau de la mer, les catastrophes naturelles, la criminalité transnationale, l'insécurité maritime et les technologies émergentes, a rappelé le délégué, alertant sur le fait que ces périls peuvent se conjuguer et faire peser une charge disproportionnée sur des pays disposant de ressources limitées.
Le Pacifique s'efforce de préserver sa région comme un océan de paix, et nos pays ont à cet égard un intérêt majeur à prévenir la prolifération et le trafic illicite d'armes, ainsi qu'à renforcer une culture de coopération et de règlement pacifique des différends, a-t-il ensuite exposé. C'est en ce sens qu'il a jugé qu'une compréhension globale de la sécurité internationale doit placer la sécurité humaine, le développement durable et la protection des États vulnérables au cœur de ses préoccupations.
Le Cameroun a déclaré que, confronté au terrorisme, aux trafics illicites, à la criminalité transnationale organisée et aux conséquences de la circulation incontrôlée des armes, « le continent africain ne doit pas être considéré uniquement comme l'espace où les menaces apparaissent ou sont subies: il doit aussi être un espace où les solutions sont conçues, les compétences développées et les règles internationales élaborées avec la pleine participation des États africains ».
En Afrique de l'Ouest particulièrement, a prolongé la Côte d'Ivoire, les phénomènes s'entrecroisent, s'alimentent réciproquement pour franchir les frontières et contrarier les efforts de paix, détournant ainsi des ressources dont les pays ont besoin pour financer l'éducation, la santé et le développement. Dans ce contexte, la Côte d'Ivoire appelle à « une mise en œuvre effective du Programme d'action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects, du Traité sur le commerce des armes et du Cadre mondial pour la gestion des munitions classiques tout au long de leur cycle de vie ». Le représentant a en outre rappelé l'attachement de son pays à la Convention de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) sur les armes légères et de petit calibre, leurs munitions et autres matériels connexes et salué le renforcement récent du partenariat entre la CEDEAO, le Bureau des affaires de désarmement de l'Organisation des Nations Unies et le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique, de Lomé.
La Commission poursuivra son débat général demain, mercredi 14 octobre, à 10 heures.