03/12/2026 | News release | Distributed by Public on 03/12/2026 04:59
Accueil Actualité de la Fédération des élus des Entreprises publiques locales Métiers Aménagement et immobilier d'entreprise L'Institut de la Transition Foncière met au jour le rôle des infrastructures de transports dans l'artificialisation des sols
« La contribution des infrastructures de transports à l'artificialisation des sols demeure insuffisamment prise en considération ». C'est le constat que pose l'Institut de la Transition Foncière dans une note d'analyse publiée début mars. Le think tank plaide pour une meilleure intégration des enjeux de sols dans les politiques de mobilités. Il s'agit d'une part d'abandonner des projets non essentiels et très consommateurs d'ENAF et d'autre part, de repenser l'utilisation du stock d'infrastructures existantes, par exemple les délaissés routiers, les aérodromes ou encore les parkings, en vue d'une éventuelle renaturation.
Et si un changement des politiques de mobilités permettait de mieux préserver voire de restaurer les sols ? C'est la question que soulève l'Institut de la Transition Foncière (ITF) dans une note d'analyse publiée début mars et intitulée « L'impensé de l'emprise foncière des infrastructures de transport. Eviter, réduire, renaturer ». Un pas de côté qui nous invite à regarder ces politiques « non pas sous l'angle de la décarbonation », mais sous celui de la sobriété foncière.
Aujourd'hui, les transports et leurs infrastructures consomment 1,6 million d'hectares sur les 55 millions que compte l'Hexagone, soit 3% de la totalité du territoire. A titre d'exemple, le réseau routier représente plus d'un million de kilomètre de linéaire, les lignes ferroviaires près de 30 000, auxquels s'ajoutent près de 500 plateformes aériennes, aéroports et aérodromes.
La répartition des sols artificialisés en France © ITF
Ainsi, les sols artificialisés représentent 9,5% de l'occupation des sols et parmi eux, 26,8% le sont du fait des routes, des places et des parkings (sols revêtus) et 18,5% du fait des voies ferrées, pistes forestières, chemins et décharges (sols stabilisés). C'est dire à quel point les infrastructures de transports contribuent, par leur emprise surfacique, au phénomène d'artificialisation des sols.
Limiter la croissance du réseau
Alors que le réseau routier français est déjà très dense, la construction de nouvelles infrastructures routières continue d'artificialiser les sols, regrette l'ITF. Entre 2011 et 2021, elle aurait été responsable d'entre 6 et 7% de la consommation d'ENAF, soit près de 16 000 ha.
Cartographie de la consommation d'ENAF par les infrastructures routières sur la période 2009-2023 © Cerema
A cet égard, l'ITF recommande de limiter voire d'abandonner les nouveaux projets en cours, par exemple l'A69 entre Toulouse et Castres qui artificialise près de 470 ha, mais aussi les LGV, le projet Canal Seine Nord Europe, des contournements routiers, etc. L'institut estime que « près de 15 % de l'effort de réduction de moitié de la consommation d'espaces sur la décennie 2021-2031 pourrait être réalisé grâce à l'arrêt de la consommation d'espaces par les infrastructures ».
Des gisements à haut potentiel écologique
L'Institut de la Transition Foncière propose également de reconsidérer le stock d'infrastructures existantes en faveur de « leur redirection vers d'autres utilisations, leur optimisation ou leur renaturation partielle ». Sont ici visés : les aéroports de taille intermédiaire et les petits aérodromes civils et privés, qui représentent à eux seuls 14 000 ha, les délaissés d'infrastructures, les barrières de péage vouées à disparaître, les parkings surdimensionnés de zones commerciales et de ZAE… La réduction de la vitesse de circulation sur certains axes et par conséquent celle de l'emprise au sol des chaussées peut aussi ouvrir la voie à une éventuelle reconquête écologique.
D'après les calculs de l'ITF, « la renaturation de 1% par an des espaces revêtus en France pendant 10 ans représenterait environ 140 000 hectares, soit un volume supérieur à l'enveloppe nationale de consommation d'espaces pour la décennie 2021-2031.
Compte tenu de l'évolution du système des mobilités, une artificialisation résiduelle pourrait être tolérée pour les projets d'amélioration du réseau ferré existant, les projets de transports en commun et les projets favorisant les mobilités douces et les véhicules légers, ces derniers nécessitant au passage des terrassements et des sous-couches bien moins importants que les autres modes.
Exercice de scénarisation © ITF
La « redirection écologique des infrastructures routières » que l'Institut de la Transition Foncière appelle de ses vœux doit aussi être l'occasion de réduire les coûts d'entretien à la charge de l'Etat et des collectivités et d'investir dans la décarbonation des mobilités.
Article rédigé par Inès Edel-Garcia
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