UNOG - United Nations Office at Geneva

05/22/2026 | News release | Distributed by Public on 05/22/2026 23:33

Afghanistan : l’ONU appelle les États à mettre fin aux retours forcés

Le chef des droits de l'homme de l'ONU a mis en garde, vendredi, contre la « tendance persistante » aux retours forcés de réfugiés et de demandeurs d'asile afghans depuis les pays d'accueil vers l'Afghanistan, en violation du droit international des droits de l'homme et du droit des réfugiés.

Selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH), près de 270.000 Afghans ont été expulsés vers l'Afghanistan depuis le début de l'année, principalement depuis l'Iran et le Pakistan. Des chiffres moins élevés ont également été signalés depuis la Turquie et le Tadjikistan. Ces chiffres s'ajoutent aux plus de 1,2 million d'Afghans expulsés d'Iran et aux 150.000 expulsés du Pakistan l'année dernière.

« Les femmes, les enfants et les hommes afghans continuent d'être expulsés des pays où ils avaient cherché refuge, ce qui les oblige à retourner en Afghanistan contre leur gré et les expose à de graves dangers », a déclaré Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

Alors que plusieurs États membres de l'Union européenne (UE) appellent à une approche plus coordonnée en matière de retours des ressortissants afghans, M. Türk s'est également dite alarmée par les informations de plus en plus nombreuses selon lesquelles, malgré la situation très grave des droits de l'homme en Afghanistan, certains pays européens reprennent ou envisagent actuellement des expulsions.

Des Afghans menacés d'expulsions dans certains pays européens

Selon le HCDH, les nouvelles règles proposées par l'UE en matière de retours, actuellement à l'étude, sont également préoccupantes. Elles pourraient affaiblir les garanties en matière de droits de l'homme et exposer les personnes à des risques.

« Je mets solennellement en garde contre tout renvoi forcé vers l'Afghanistan en l'absence d'évaluations individualisées des risques, qui sont exigées par le droit international des droits de l'homme et le droit international des réfugiés et doivent être menées conformément à ces textes », a averti le Haut-Commissaire.

Selon les rapports des médias, vingt États européens - dix-neuf membres de l'Union et la Norvège - avaient exhorté en octobre dernier la Commission européenne à remettre en tête de son agenda le retour des ressortissants afghans en situation irrégulière.

Ces derniers développements interviennent alors que le rapport publié l'année dernière par la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) et le HCDH a révélé qu'un certain nombre d'Afghans renvoyés de force en Afghanistan avaient été victimes de diverses violations graves des droits de l'homme, dont des « arrestations arbitraires, des détentions, des tortures et des mauvais traitements infligés par les autorités de facto ».

Menaces sur les femmes et la communauté LGBTIQ+

Selon les services du Haut-Commissaire Türk, les femmes et les filles, les professionnels des médias, la société civile et les membres de la communauté LGBTIQ+ font partie de ceux qui restent exposés à un risque grave de représailles, de violations des droits humains et d'abus.

Des individus affiliés à l'ancien gouvernement et à ses forces de sécurité sont également contraints de vivre dans la clandestinité depuis leur retour en Afghanistan en raison des menaces - réelles ou redoutées - des autorités de facto.

« Le renvoi forcé vers l'Afghanistan de personnes exposées à un risque grave de violations des droits de l'homme est contraire au principe fondamental du droit international de non-refoulement », affirmé M. Türk, exhortant les États à s'abstenir de toute mesure qui exposerait ces Afghans à « un préjudice irréparable à leur retour ».

Outre la situation très grave en matière de droits de l'homme, ce pays d'Asie centrale est confronté à une situation humanitaire précaire et à une insécurité transfrontalière, en particulier depuis octobre 2025. Au cours du dernier trimestre, l'ONU a enregistré les taux les plus élevés de victimes civiles depuis la prise de pouvoir par les talibans, en raison de l'escalade des hostilités entre le Pakistan et l'Afghanistan.

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