03/30/2026 | News release | Archived content
David Stonehouse, chef intérimaire des investissements à Placements AGF, nous fait part de son analyse du conflit en cours et des occasions qui s'offrent aux investisseurs.
La guerre en Iran a un effet déstabilisateur évident sur les marchés financiers. Quelles sont vos attentes à ce stade du conflit?
Toute forme de résolution du conflit, même du point de vue tactique, entraînerait un rebond des marchés mondiaux. Toutefois, les investisseurs ne doivent pas nécessairement s'attendre à un retour rapide à la normale, même si des négociations fragiles en vue d'un accord de paix entre les États-Unis et l'Iran aboutissent dans les jours ou les semaines à venir.
Le problème immédiat, bien sûr, est le détroit d'Ormuz et le blocus presque total imposé par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur les cargaisons de pétrole qui y transitent. Le blocus paralyse l'exportation de 20 % de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), ce qui entraîne une forte hausse des prix du pétrole ainsi que des effets en cascade, notamment un repli des marchés boursiers et une hausse des rendements obligataires. Il est donc logique de penser que la réouverture du détroit donnerait lieu à un revirement sur les marchés, ce qui se traduirait par une baisse des cours du pétrole, une hausse des marchés boursiers et un recul des rendements obligataires. Toutefois, nous estimons que l'ampleur du revirement pourrait ne pas être aussi importante ou durable que certains pourraient croire. Par exemple, la réouverture du détroit à la suite d'un cessez-le-feu est une chose, mais la situation serait complètement différente si les États-Unis et Israël décidaient d'utiliser la force militaire pour mettre fin au blocus. Le déploiement de militaires américains sur le terrain en Iran a peu de chances d'être bien accueilli par les électeurs ou les investisseurs aux États-Unis. De plus, ni les forces américaines et israéliennes, ni les dissidents iraniens à l'intérieur du pays n'ont réussi à renverser le régime iranien ou à rouvrir le détroit. Par conséquent, contrairement à la situation tarifaire, le président Trump ne maîtrise pas complètement ce conflit. Les dirigeants iraniens, confrontés à une menace existentielle, n'ont guère intérêt à accepter un cessez-le-feu qui menace leur régime, de sorte que les conditions d'une trêve devront être acceptables pour eux plus que pour Donald Trump.
Le président des États-Unis a manifestement le sentiment qu'il est urgent de désamorcer le conflit, compte tenu de ses répercussions sur les consommateurs américains, les marchés financiers et sa cote de popularité à l'approche des élections de mi-mandat qui se tiendront plus tard dans l'année. Toutefois, même si les deux parties au conflit finissent par accepter de cesser les hostilités et de rouvrir le détroit, cela pourrait ne pas suffire pour que les marchés mondiaux reviennent complètement à la normale. Il reste à savoir si la production de pétrole et de GNL sera suffisante pour remplir les navires qui pourraient recommencer à transiter par le détroit. Étant donné que la guerre dure plus longtemps que prévu, de nombreux producteurs du Golfe ont décidé d'interrompre leur production, faute de moyens pour l'acheminer, leurs capacités de stockage étant saturées, et il ne suffit pas d'appuyer sur un interrupteur pour relancer la production. En effet, selon de nombreuses estimations, il faudra jusqu'à deux ou trois mois pour remettre en marche les quelque 10 millions de barils de production quotidienne (soit près de 10 % du total mondial) qui ont été mis à l'arrêt.
De plus, la production pourrait être davantage entravée par le fait que certaines installations énergétiques ont été endommagées lors des combats. L'exemple le plus préoccupant est le bombardement de la zone industrielle de Ras Laffan au Qatar, qui a mis hors service 17 % de la capacité d'exportation de GNL du pays et dont la remise en état complète pourrait prendre de trois à cinq ans.
Dans ce contexte, quelles sont vos prévisions pour les prix du pétrole à court terme?
Il est évidemment difficile de faire des prévisions, mais nous ne serions pas surpris que le pétrole reste nettement au-dessus du seuil des 90 $ US le baril pendant un certain temps, et estimons peu probable un retour au niveau des 65 $ US le baril observé avant la guerre. D'ailleurs, nous accordons davantage d'importance aux prix à terme du pétrole qu'aux prix au comptant. Le contrat à terme de juin sur le Brent se négocie actuellement au-dessus de 100 $ US, ce qui indique que les marchés mondiaux n'anticipent plus un retour prochain à un environnement de prix de 65 $ US à 75 $ US. Par conséquent, nous nous attendons à ce que les marchés financiers demeurent volatils, car les inquiétudes liées à la hausse des prix de l'énergie et à l'augmentation des coûts d'emprunt pourraient persister même après la réouverture du détroit. Cela est d'autant plus vrai si ces pressions inflationnistes finissent par peser de manière importante sur la croissance économique et les bénéfices des entreprises. En effet, les estimations de bénéfices, historiquement élevées, n'ont que peu fluctué, ce qui constitue l'un des rares points positifs sur les marchés boursiers mondiaux au cours des dernières semaines. Un ralentissement des dépenses se traduirait par une croissance des revenus plus modérée, tandis que la hausse des coûts des intrants, attribuable à l'augmentation des prix de l'énergie et des taux d'intérêt, pourrait exercer une pression négative sur les marges des entreprises. Par conséquent, les prévisions des bénéfices pourraient bien devoir être revues à la baisse dans les mois à venir. Plus la période de contrainte sur l'offre énergétique se prolonge, entraînant ainsi des révisions négatives des taux de croissance des bénéfices, plus il est probable qu'un rebond provoqué par un cessez-le-feu et la réouverture du détroit s'essouffle, empêchant les marchés d'atteindre de nouveaux sommets durables tant que les attentes en matière de bénéfices, les indicateurs de marché et l'opinion des investisseurs ne seront pas réajustés.
En fin de compte, nous estimons que la réouverture du détroit et la fin de la guerre constitueraient sans équivoque une évolution favorable pour les investisseurs. Nous demeurons toutefois prudents quant à la mesure dans laquelle les répercussions éventuelles de la guerre sur l'économie mondiale et les marchés de capitaux sont déjà intégrées dans les évaluations actuelles.
Comment cette prudence se traduit-elle dans l'approche d'investissement d'AGF?
Au cours des derniers trimestres, le Comité de répartition de l'actif AGF a maintenu une pondération égale en actions, une sous-pondération en obligations et une surpondération en liquidités. Bien entendu, cette orientation n'était pas fondée sur le conflit avec l'Iran, mais elle reflétait un niveau de confiance et des évaluations élevés, associés à une inflation persistante. Plus récemment, bon nombre de nos gestionnaires de portefeuille ont augmenté leurs liquidités au cours des deux derniers mois après le solide début de l'année, tout en réduisant leur exposition aux segments du marché ayant fortement progressé, comme les actions à bêta élevé.
Quelles occasions entrevoyez-vous sur les marchés à l'avenir?
Nous pensons que le segment des obligations à court et à moyen terme reflète une réaction démesurée. En l'espace de quelques semaines, le marché des titres à revenu fixe est passé de l'anticipation de multiples baisses de taux aux États-Unis et au Royaume-Uni à l'intégration de hausses de taux de la part de toutes les grandes banques centrales. Nous comprenons la nécessité pour les autorités monétaires d'adopter une approche plus restrictive à l'égard de l'inflation liée à l'énergie, afin d'éviter toute propagation vers des attentes d'inflation plus élevées ou vers des hausses de prix d'autres biens et services, mais le risque d'un ralentissement économique augmente rapidement. L'histoire montre que les hausses de taux attribuables à un choc de l'offre énergétique sont souvent suivies, à brève échéance, de baisses de taux lorsque le ralentissement économique s'installe. Par conséquent, nous pensons que la plupart des banques centrales ne relèveront pas leurs taux et que celles qui adopteront cette approche ne le feront que modestement, avant de devoir envisager de faire marche arrière.
Les marchés boursiers canadiens et américains ont fait preuve d'une certaine résilience par rapport aux marchés asiatiques, émergents et européens en raison de l'indépendance énergétique de l'Amérique du Nord. Nous nous attendons à ce que les actions nord-américaines demeurent assez bien positionnées tant que les prix de l'énergie resteront élevés. À l'inverse, certains des sous-secteurs les plus résistants, qui ont enregistré d'excellents rendements au cours de la dernière année, risquent, selon nous, de subir des corrections plus prononcées.
Même si nous craignons qu'un rebond des marchés financiers après le cessez-le-feu ne soit pas durable dans un premier temps, nous ne prévoyons pas de récession. Nous croyons que le repli inférieur à 10 % enregistré jusqu'à présent pourrait ne pas refléter pleinement l'ampleur éventuelle de l'incidence sur la croissance économique et celle des bénéfices. En revanche, nous serions d'avis qu'une correction plus prononcée dans les mois à venir, conjuguée à des signaux plus clairs de capitulation sur les marchés boursiers, constituerait une occasion intéressante d'augmenter notre exposition aux actions et au crédit. Selon nous, le marché obligataire pourrait déjà offrir des points d'entrée plus intéressants, compte tenu de la forte hausse récente des rendements à court et à moyen terme. À la suite d'une résolution du conflit, associée à un creux plus durable des marchés boursiers, nous pensons que les segments les plus sensibles à l'énergie et les plus durement touchés - comme la consommation, les transports, l'Asie et les marchés émergents - constitueraient de bons candidats pour augmenter notre exposition. Dans l'ensemble, malgré nos préoccupations et notre prudence à court terme, nous continuons d'anticiper une progression des marchés d'ici la fin de l'année.
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