05/15/2026 | News release | Distributed by Public on 05/15/2026 09:38
Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), les taux de déchargement ont chuté à 78 % entre le 1er et le 11 mai dernier. Les données recueillies par le groupe sectoriel des humanitaires chargés de la logistique précise que ce chiffre n'inclut pas les dons humanitaires bilatéraux ni ceux du secteur privé.
Cette baisse intervient alors même que le volume global des livraisons humanitaires suivies par l'ONU avait enregistré une légère progression le mois précédent. En avril, le volume des livraisons humanitaires entrantes suivies par l'ONU a augmenté de 4 % par rapport à mars, passant de 47.500 à 49.500 palettes déchargées.
Selon l'OCHA, cette hausse aurait pu être plus importante, mais seuls 86 % des fournitures déclarées aux autorités israéliennes pour entrer à Gaza, après approbation initiale, ont finalement été déchargées aux points de passage. Les fournitures restantes ont été renvoyées à leur point d'origine.
D'une manière générale, « les taux de déchargement ont été particulièrement faibles pour les fournitures arrivant par le corridor égyptien, à seulement 69 % », détaille le rapport.
Sur le plan commercial, 789 camions du secteur privé sont entrés à Gaza entre le 4 et le 10 mai, soit une légère hausse par rapport aux 750 camions enregistrés la semaine précédente. La plupart d'entre eux auraient transporté des denrées alimentaires. Mais une part plus modeste comprenait des articles d'hygiène, des matériaux de construction d'abris, ainsi que certains équipements électriques et de communication et des fournitures médicales.
Ces flux continuent toutefois de transiter par un nombre très limité de points de passage vers l'enclave palestinienne. Kerem Shalom et Zikim restent toujours les seuls points d'entrée opérationnels pour les marchandises humanitaires et commerciales à destination de Gaza.
Ces derniers développements interviennent alors que la situation humanitaire dans l'ensemble du territoire palestinien occupé est marquée par « l'insécurité, des attaques incessantes qui mettent des vies en danger et l'érosion progressive, voire souvent la destruction, des infrastructures essentielles ». « Les déplacements répétés et prolongés, combinés à de sévères restrictions de circulation, continuent de perturber la vie quotidienne », alerte l'OCHA.
ONU Info La surpopulation sévère, la détérioration des abris et les mauvaises conditions d'eau et d'assainissement ont créé un environnement à forte transmission de maladies dans toute la bande de Gaza.Dans ce contexte de précarité persistante, les conditions sanitaires des populations déplacées continuent également de se dégrader. Les partenaires humanitaires indiquent que les familles déplacées signalent de plus en plus souvent des infections cutanées et d'autres maladies, car des rats et des insectes s'introduisent dans leurs tentes ou contaminent leur nourriture.
Face à cette dégradation sanitaire, les agences humanitaires tentent de renforcer les dispositifs d'assainissement dans l'enclave et la lutte contre les nuisibles.
« Toutefois, pour apporter des solutions suffisantes et durables, il faut rétablir l'accès aux deux décharges sanitaires de Gaza situées près de la frontière. Il faut également autoriser l'entrée des engins de déblaiement des débris, ainsi que d'autres équipements essentiels », souligne l'OCHA.
Sur le terrain, les efforts humanitaires se poursuivent malgré des moyens et des conditions d'intervention particulièrement contraints. L'urgence est de soutenir le rétablissement des services de base et des capacités locales d'adaptation. « Cependant, les contraintes, les pénuries, les dégâts généralisés et, plus généralement, l'absence de solutions s'attaquant aux causes profondes de la crise continuent de limiter la portée, la cohérence et la durabilité de cette intervention », conclut l'OCHA.