04/28/2026 | News release | Distributed by Public on 04/28/2026 12:44
Le rapport, intitulé « Darfour : 20 ans plus tard, les enfants menacés », souligne comment le conflit qui perdure au Soudan a ravivé la violence à grande échelle, les déplacements massifs, la famine aiguë et les violations graves commises à l'encontre des enfants dans cette région de l'ouest du Soudan.
Comme en 2005, des maisons ont été incendiées, des marchés attaqués, des écoles et des établissements de santé endommagés ou détruits, et des familles contraintes de fuir - mais aujourd'hui, l'ampleur des besoins est plus grande, et l'indignation mondiale est bien plus modérée.
« Il y a vingt ans, le monde s'est uni dans l'indignation face aux souffrances des enfants du Darfour. Aujourd'hui, une nouvelle génération d'enfants subit des violences, la faim et la terreur », a déclaré Catherine Russell, Directrice générale du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF). « Nous ne pouvons pas laisser l'histoire se répéter ».
© UNICEF/Mohammed Jamal Des milliers de personnes ont fui El Fasher, la capitale du Darfour Nord, en octobre dernier, lors de sa prise par les Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire. Elles vivent toujours dans des camps de fortune à Tawila.A El Fasher et dans d'autres localités du Darfour du Nord, la prolongation du conflit et les sièges ont privé les familles de nourriture, d'eau potable et de soins de santé, forçant nombre d'entre elles à fuir vers des zones déjà surpeuplées.
Dans tout le Darfour, le conflit a endommagé ou détruit des infrastructures essentielles, accélérant la propagation de la famine, de la faim et des maladies à mesure que les moyens de subsistance s'effondrent.
Les enfants sont également confrontés à une escalade alarmante de la violence extrême, notamment à El Fasher. Depuis avril 2024, plus de 1.500 violations graves commises à l'encontre d'enfants et attribuées aux parties au conflit y ont été vérifiées, notamment le meurtre et la mutilation de plus de 1.300 enfants.
« Les enfants sont souvent victimes d'armes explosives et de drones, ainsi que de violences sexuelles, d'enlèvements et de recrutement et d'utilisation par des groupes armés », a déclaré le Port-Soudan, Sheldon Yett, Représentant de l'UNICEF au Soudan, lors d'un point de presse régulier de l'ONU à Genève.
Pourtant, la violence ne se limite pas à une seule ville ou région. Partout au Soudan, elle s'intensifie. Rien qu'au cours des 90 premiers jours de cette année, au moins 245 enfants auraient été tués ou blessés.
« Ce ne sont là que les cas que nous avons pu documenter ; le bilan réel est probablement bien plus lourd. Derrière chaque chiffre se cache un enfant dont la vie et l'avenir ont été irrémédiablement bouleversés », a ajouté M. Yett.
Dans un contexte de violence persistante et d'effondrement humanitaire à grande échelle, les données les plus récentes témoignent de l'ampleur croissante de la crise.
Quelque 33 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire, dont plus de la moitié sont des enfants. L'ONU estime à 15 millions le nombre de déplacés internes, dont environ 5 millions d'enfants.
© UNICEF/Osman Rajab Catherine Russell, directrice générale de l'UNICEF (à droite), visite un centre de soutien aux victimes de violences sexistes dans l'État de Kassala, au Soudan.Malgré des défis extraordinaires, l'UNICEF et ses partenaires continuent d'apporter une aide vitale dans tout le Darfour et dans les pays voisins, en assurant l'éducation, l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, en traitant les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère, en soutenant les services de santé mobiles, en offrant un soutien psychosocial et en créant des espaces sûrs pour les enfants.
Cependant, les efforts humanitaires restent fortement entravés par l'insécurité, les obstacles bureaucratiques et le manque de financement, laissant de nombreux enfants privés d'aide au moment où ils sont le plus en danger.
A ce jour, l'appel humanitaire 2026 de l'UNICEF pour le Soudan n'est financé qu'à hauteur de 16 %. « Les enfants du Darfour n'ont pas besoin de compassion. Ils ont besoin que le monde agisse, maintenant. C'est toute une génération qui est en jeu », a conclu M. Yett.