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07/21/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/21/2026 13:59

Conseil de sécurité: la Syrie, entre avancées institutionnelles et défis humanitaires et sécuritaires

10199e séance - matin
CS/16418
21 juillet 2026

Conseil de sécurité: la Syrie, entre avancées institutionnelles et défis humanitaires et sécuritaires

Ce matin, lors de sa réunion mensuelle consacrée à la Syrie, le Conseil de sécurité a examiné l'évolution de la situation dans le pays, marquée par la nomination de la cour constitutionnelle suprême et la session inaugurale de l'Assemblée populaire. Les exposés ont couvert les différents défis qu'il reste à surmonter, sur les plans sécuritaire, humanitaire et de stabilité régionale, après que l'Envoyé spécial adjoint pour la Syrie a annoncé le voyage du Secrétaire général dans ce pays dans le courant de la semaine à l'invitation du Gouvernement.

Le Secrétaire général entend réaffirmer l'engagement des Nations Unies à soutenir le Gouvernement et le peuple syriens en cette période déterminante de l'histoire de la Syrie. Il rencontrera le Président Al-Sharaa, le Ministre des affaires étrangères Al-Shaibani et d'autres responsables gouvernementaux, ainsi que des représentants de la société civile, des organisations de femmes et de diverses communautés, a précisé l'Envoyé spécial adjoint Claudio Cordone.

Sur le plan humanitaire, la Directrice de la Division des interventions face aux crises du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a informé que 1,7 million de réfugiés et 1,9 million de déplacés sont retournés dans leurs communautés depuis décembre 2024, tout en prévenant que ces retours nécessitent de la sécurité et des services essentiels. Mme Edem Wosornu a souligné l'ampleur des besoins humanitaires pour les 15,6 millions de personnes qui ont encore besoin d'aide.

La possibilité pour la Syrie de réussir est réelle, mais l'opportunité sans investissement n'est que du potentiel, a-t-elle mis en garde en regrettant un niveau de financement inadapté à l'ampleur des besoins.

L'étape cruciale de la consolidation de l'État

Sur le plan politique, M. Cordone a mis en avant les progrès institutionnels réalisés en juillet dans le cadre de la Déclaration constitutionnelle de mars 2025. Le 5, une cour constitutionnelle suprême de sept juges, dont deux femmes, a été nommée par le Président Ahmad Al-Sharaa, et le 12 a eu lieu la session inaugurale de l'Assemblée populaire.

Celle-ci compte 206 membres, dont 70 personnalités désignées par le Président parmi des représentants tribaux, des membres de l'opposition et des survivants de détentions ou d'attaques chimiques. Cet organe est désormais chargé de préparer une constitution permanente et d'organiser des élections inclusives. L'Envoyé spécial adjoint s'est néanmoins dit préoccupé de la représentation limitée des femmes et de toutes les composantes de la société.

La séance inaugurale de l'Assemblée populaire a rassemblé les composantes de la population, dont des victimes de l'ancien régime et des femmes, a fait valoir le représentant syrien en mettant en avant les avancées du pays sur plusieurs plans. « La Syrie, hier, était en ruines et aujourd'hui, elle envoie une équipe d'aide civile au Venezuela après le tremblement de terre pour secourir les victimes. »

Les membres du Conseil ont commenté et salué les progrès institutionnels, dont la tenue de la séance inaugurale de l'Assemblée. Ils y ont vu une étape cruciale pour consolider l'État et refléter les aspirations de la population. L'Assemblée populaire devait bénéficier d'une large légitimité pour renforcer l'état de droit, a estimé la Grèce.

La question de la représentation des femmes a retenu l'attention de la Lettonie et de Panama, qui se sont félicités de la présence de 15 femmes parmi les nouveaux membres nommés. La France a insisté sur leur rôle indispensable dans la vie politique du pays. Une transition politique inclusive constitue le socle indispensable au rétablissement de la paix, a rappelé la Chine, tandis que la Colombie a soutenu un processus politique dirigé par les Syriens en conformité avec la résolution 2254 (2015).

Sur le volet de la mémoire et des réparations, la Grèce et le Pakistan, entre autres, ont insisté sur l'importance de la justice transitionnelle. Comme Bahreïn, ils ont qualifié la recherche des personnes disparues d'obligation humanitaire fondamentale, tandis que la Colombie a salué les efforts législatifs syriens en exigeant la prise en compte des victimes de violences sexuelles. La Syrie avance sur le front de la justice transitionnelle, a réagi le représentant syrien avant de rendre hommage aux victimes des événements de Soueïda.

Une situation sécuritaire encore tendue

Les évolutions territoriales internes ont également fait l'objet d'évaluations distinctes. M. Cordone, la Grèce et la Colombie ont salué les progrès enregistrés dans le cadre de l'accord du 29 janvier sur l'intégration militaire et administrative conclu entre le Gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS). En revanche, l'impasse politique à Soueïda a inquiété la Colombie et le Royaume-Uni, qui ont appelé à l'application de la feuille de route de 2025 pour apaiser les tensions locales.

Inquiet des tensions et violences intercommunautaires qui persistent à Soueïda, M. Cordone a dénoncé les attentats perpétrés à Damas les 2 et 7 juillet. Les États-Unis ont rappelé que les attaques du 7 juillet sont survenues durant la visite du Président français Emmanuel Macron, dont le courage de poursuivre sa visite a été salué par le représentant syrien. Des actes terroristes condamnés fermement par de nombreuses délégations.

Les États-Unis ont néanmoins salué l'engagement actif des dirigeants syriens contre Daech, tandis que le Danemark, la Lettonie et le Pakistan ont appelé à maintenir des efforts antiterroristes soutenus et coordonnés.

La question des ingérences et des frappes étrangères a soulevé les inquiétudes de la Lettonie et des États-Unis qui ont dénoncé les récentes frappes de l'Iran dans le pays. Les États-Unis ont par ailleurs félicité les autorités syriennes pour avoir intercepté un convoi de matériel militaire iranien destiné au Hezbollah libanais.

Le représentant de la Syrie a, lui, dénoncé le comportement d'Israël qu'il a estimé aux antipodes de celui de la Syrie. « Là où la Syrie éteint les incendies, Israël les allume. » M. Cordone, lui aussi préoccupé par la poursuite des activités militaires d'Israël dans le sud de la Syrie, a attiré l'attention sur les incursions, les bombardements et les restrictions imposées aux civils dans les provinces de Qouneïtra et Deraa.

Préoccupation relayée par de nombreux membres du Conseil, la Russie et la France notamment, qui ont condamné ces interventions en appelant au respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Syrie. Le Groupe des États arabes a exigé le respect de l'Accord de désengagement de 1974 et le retrait israélien. Le Royaume-Uni a exhorté le Gouvernement israélien à reprendre des négociations directes avec Damas.

La Syrie est de retour dans le monde et le monde est de retour en Syrie

L'annonce par les États-Unis de leur intention de retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme a été chaleureusement accueillie par le Pakistan, Bahreïn et la Lettonie, qui y ont vu un signal fort pour la réintégration internationale du pays.

Dans le cadre du relèvement économique de la Syrie, la Fédération de Russie a dénoncé l'impact délétère des sanctions unilatérales sur le redressement économique de la Syrie, tandis que la Chine et la Colombie ont insisté sur la nécessité d'accroître les investissements dans le relèvement rapide et la reconstruction des infrastructures essentielles.

Le Président Macron était accompagné de chefs d'entreprise lors de sa « visite historique » à Damas les 6 et 7 juillet, a rappelé la France avant d'annoncer la restitution de plus de 50 millions d'euros issus des avoirs mal acquis saisis pour financer le développement. Ravi de cette visite du Président français, le délégué syrien a fait remarquer que « la nouvelle Syrie se détourne des crises ».

Le Royaume-Uni s'est d'ailleurs félicité de la décision du Conseil exécutif de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) de rétablir les droits et privilèges de la Syrie. Un pays qui est aux côtés du Liban et de son peuple, a déclaré le délégué syrien, en assurant qu'il ne deviendra pas un couloir d'acheminement d'armes ou un champ de bataille. « La Syrie est de retour dans le monde et le monde est de retour en Syrie », a résumé le délégué.

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