UNOG - United Nations Office at Geneva

06/08/2026 | News release | Distributed by Public on 06/08/2026 10:48

Et si les décombres devenaient le moteur de la reconstruction

Conflits et catastrophes produisent chaque année des montagnes de décombres qui entravent le relèvement des populations. Pourtant, ces gravats pourraient faire partie de la solution. Dans de nouvelles lignes directrices, le Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS) montre comment leur réutilisation peut accélérer la reconstruction, réduire l'impact environnemental et soutenir l'économie locale.

Loin d'être de simples déchets, les décombres peuvent être transformés en matériaux de construction pour remettre en état des infrastructures essentielles, comme les réseaux d'eau, les écoles et les centres de santé.

« En transformant les décombres de déchets en ressource, nous pouvons accélérer le relèvement des communautés », a déclaré le Directeur exécutif de l'UNOPS, Jorge Moreira da Silva.

Recycler coûte moins cher sur le long terme

Selon l'ONU, recycler les décombres ne présente pas seulement des avantages environnementaux : c'est aussi un choix économiquement judicieux.

Si cette solution peut coûter jusqu'à 27 % de plus que la mise en décharge dans un premier temps, elle s'avère souvent plus rentable à moyen et long terme. Grâce à la récupération et à la réutilisation des matériaux, les coûts nets diminuent fortement.

Des analyses réalisées dans plusieurs pays montrent que le recyclage partiel des décombres peut revenir jusqu'à 49 % moins cher que leur élimination, tout en réduisant considérablement les dépenses liées à l'achat de matériaux pour la reconstruction.

ONU Info En moyenne, à Gaza, chaque habitant est aujourd'hui entouré d'environ 30 tonnes de gravats.

Trois crises, 300 millions de tonnes de débris

« Les communautés qui ont survécu aux traumatismes des conflits et des catastrophes méritent que l'on saisisse toutes les occasions non seulement de reconstruire, mais de reconstruire en mieux. En traitant les décombres non plus comme des déchets, mais comme des ressources, nous pouvons aider les communautés à se relever plus rapidement tout en posant les bases d'un avenir plus durable », a déclaré le Directeur exécutif de l'UNOPS, Jorge Moreira da Silva.

La publication de ces lignes directrices intervient alors que plusieurs crises récentes ont généré des volumes sans précédent de débris. Dans la bande de Gaza, où au moins 80 % des bâtiments ont été détruits ou gravement endommagés, quelque 68 millions de tonnes de décombres se sont accumulées, soit l'équivalent de près de 3.000 porte-conteneurs. En moyenne, chaque habitant est aujourd'hui entouré d'environ 30 tonnes de gravats.

Au Liban, le conflit de 2024 a produit quelque 14,5 millions de tonnes de débris. Le séisme qui a frappé la Türkiye et la Syrie en 2023 en a généré près de 210 millions de tonnes supplémentaires.

À elles seules, ces trois crises ont laissé derrière elles près de 300 millions de tonnes de décombres, soit l'équivalent de l'ensemble des déchets solides municipaux produits chaque année en Asie centrale et en Asie du Sud.

© HCR/Dar Al Mussawir (uniquement en anglais) Destruction dans un quartier résidentiel de Tyr, au sud du Liban, le 31 mai 2026 à la suite d'une frappe aérienne israélienne.

Les freins à l'économie circulaire

L'UNOPS reconnaît toutefois que transformer les décombres en ressource n'est pas sans difficultés. Dans les zones touchées par les conflits ou les catastrophes, les opérations se déroulent souvent dans des environnements instables où les infrastructures sont endommagées, les capacités limitées et les priorités nombreuses.

La présence de substances dangereuses dans les gravats, les risques pour la santé et la sécurité, les questions foncières ou encore le manque de moyens pour évaluer et traiter les décombres compliquent également leur réutilisation. À cela s'ajoutent l'absence de cadres réglementaires adaptés, le déficit de compétences techniques et le manque d'équipements nécessaires pour limiter les impacts environnementaux et sociaux.

Autre obstacle : la demande reste souvent faible pour les matériaux issus du recyclage. Manque d'information, réticences culturelles, traumatismes liés aux catastrophes ou aux conflits, doutes sur la qualité des matériaux récupérés et concurrence de matériaux neufs parfois bon marché freinent leur adoption.

Pour l'ONU, l'enjeu dépasse toutefois la simple gestion des déchets. Il s'agit de transformer les décombres en levier de relèvement afin d'aider les communautés à reconstruire non seulement plus vite, mais aussi mieux.

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