08/24/2026 | Press release | Distributed by Public on 08/24/2026 12:32
Reporters sans frontières (RSF) a contribué à la consultation publique menée en Hongrie sur l'avenir de ses médias de service public. S'appuyant sur les normes européennes et sur des modèles ayant fait leurs preuves, l'organisation appelle les responsables politiques et les dirigeants de médias à mettre à profit la transition actuelle. L'objectif : bâtir un audiovisuel public indépendant et pluraliste sur le plan éditorial, transparent sur le plan financier et adapté au XXIe siècle.
La direction intérimaire de la principale chaîne de télévision publique hongroise, M1, a choisi le jour de fête nationale commémorant le premier roi de Hongrie, le 20 août 2026, pour diffuser son premier journal télévisé après plus de six semaines d'interruption. Le journal, qui comportait notamment un reportage sur l'entrée en fonction du nouveau président hongrois élu par la majorité au pouvoir du Premier ministre Peter Magyar, donnait la parole à l'opposition ainsi qu'à des voix critiques à l'égard du gouvernement. Une couverture équilibrée qui n'avait plus été observée sous le précédent gouvernement de Viktor Orban, qui avait transformé les médias audiovisuels publics en organes de propagande.
Mais le retour d'une information publique impartiale marque davantage le début que l'aboutissement de la réforme de l'audiovisuel public. Le 20 août était également le jour où le gouvernement a clôturé une consultation publique destinée à alimenter un rapport sur la réforme. Celui-ci sera soumis par la commissaire ministérielle chargée de la réforme, Judit Grosz, au Conseil indépendant des médias publics, organe de supervision des médias audiovisuels publics, ainsi qu'aux nouveaux directeurs qui seront élus par le Conseil cet automne.
RSF a salué la loi adoptée par le Parlement en juin, qui a remanié la gouvernance et le financement de l'audiovisuel public. Mais l'organisation aégalement critiqué la suspension des journaux d'information le 7 juillet, intervenue en l'absence d'une feuille de route transparente fixant clairement les étapes à franchir et les responsabilités de chacun.
Dans sa contribution à la consultation publique soumise en hongrois le 19 août 2026, RSF s'appuie sur le règlement européen sur la liberté des médias (EMFA), sur sa propre expertise, et sur des modèles éprouvés de médias de service public à travers l'Europe.
"La Hongrie peut transformer une profonde crise de confiance en une occasion historique. RSF met à la disposition du gouvernement l'expertise acquise à travers l'Europe - de la France à la Tchéquie, en passant par à la Pologne, les pays nordiques, et au-delà. Cette ouverture doit être mise à profit pour bâtir des médias de service public modernes, indépendants du pouvoir politique, utiles à toutes les communautés et capables de toucher les publics sur toutes les plateformes. Si la Hongrie réussit cette réforme, elle pourra devenir un exemple de réussite européenne, à un moment où les médias audiovisuels publics sont soumis à des pressions politiques et économiques dans toute l'Europe.
Les propositions de RSF
S'inspirant de son rapport sur les médias publics paru en 2025, qui présente la Tchéquie comme un modèle pour l'Europe centrale, RSF propose les recommandations suivantes, qui sont présentes dans sa contribution adressée au gouvernement hongrois et aux dirigeants de médias de service public.
RSF a également réitéré son appel au gouvernement dirigé par Tisza afin qu'il retire le recours en justice introduit par la Hongrie contre l'EMFA devant la Cour de justice de l'Union européenne. Ce retrait enverrait un signal fort indiquant que la réforme vise à rétablir l'état de droit et le droit à une information fiable.
La Hongrie occupe la 74e place sur 180 pays et territoires dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2026.