01/14/2026 | News release | Distributed by Public on 01/14/2026 12:09
Ces dernières données scientifiques, publiées mercredi par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), s'inscrivent dans une séquence désormais bien connue : une décennie entière de chaleur extrême, alimentée par l'accumulation persistante des gaz à effet de serre.
Selon l'agence onusienne, un épisode océanique connu pour tempérer le réchauffement planétaire a bien été observé en 2025, notamment en début et en fin d'année. Mais son influence est restée insuffisante pour contrebalancer la dynamique du réchauffement d'origine humaine.
« L'année 2025 a commencé et s'est terminée avec un refroidissement dû au phénomène La Niña, mais elle a néanmoins été l'une des plus chaudes jamais enregistrées à l'échelle mondiale en raison de l'accumulation de gaz à effet de serre dans notre atmosphère », a déclaré dans un communiqué Celeste Saulo, secrétaire générale de l'OMM.
Cette trajectoire rapproche dangereusement le monde du seuil de 1,5 °C de réchauffement par rapport à l'ère préindustrielle, la ligne rouge à ne pas dépasser fixée par l'accord de Paris sur le climat pour limiter les impacts les plus dévastateurs du dérèglement climatique.
L'analyse par l'OMM de huit ensembles de données internationales montre que la température moyenne mondiale en 2025 a dépassé de 1,44 °C celle de la période préindustrielle (1850-1900). Deux ensembles classent l'année 2025 au deuxième rang des années les plus chaudes, six autres au troisième.
Les années 2023, 2024 et 2025 forment désormais le trio de tête historique. Sur cette période de trois ans, l'augmentation thermique moyenne atteint + 1,48 °C par rapport à l'ère préindustrielle. Plus largement, les onze années allant de 2015 à 2025 sont les plus chaudes jamais observées dans l'ensemble des bases de données utilisées.
La température moyenne réelle à l'échelle mondiale en 2025 est estimée à 15,08 °C. « Les températures élevées sur les terres et les océans ont contribué à alimenter des phénomènes météorologiques extrêmes - vagues de chaleur, fortes précipitations et cyclones tropicaux intenses -, soulignant la nécessité vitale de disposer de systèmes d'alerte précoce », a ajouté Mme Saulo.
Le réchauffement ne s'arrête pas à la surface des continents. Une étude publiée dans la revue Advances in Atmospheric Sciences montre que les océans ont eux aussi atteint des niveaux de chaleur records en 2025, confirmant leur rôle central dans l'évolution du climat. Environ 90 % de l'excès de chaleur dû au réchauffement climatique est absorbé par l'océan, ce qui en fait un indicateur clé de la dynamique climatique globale.
Entre 2024 et 2025, la chaleur accumulée dans les 2 000 premiers mètres de profondeur de l'océan a augmenté d'environ 23 ± 8 zettajoules, selon une étude menée par Lijing Cheng, de l'Académie chinoise des sciences - l'équivalent de près de 200 fois la production mondiale d'électricité de 2024.
À l'échelle régionale, un tiers de la surface océanique mondiale a connu l'une des trois années les plus chaudes jamais observées depuis 1958, et 57 % figure parmi les cinq plus chaudes. Les zones les plus touchées incluent l'Atlantique tropical et austral, la Méditerranée, le nord de l'océan Indien et les océans de l'hémisphère Sud, dessinant une carte quasi globale du réchauffement marin.