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03/04/2026 | Press release | Archived content

Burundi : Sandra Muhoza obtient une mise en liberté provisoire après 685 jours de prison !

La cour d'appel de Ngozi, au nord du Burundi, a ordonné la libération provisoire de Sandra Muhoza, qui était jusque-là la seule femme journaliste détenue en Afrique subsaharienne. Cette ordonnance met fin à une détention provisoire de près de deux ans, avant le rendu du verdict final qui devrait avoir lieu d'ici le 20 mars. Reporters sans frontières (RSF) se réjouit de cette décision, qu'elle puisse retrouver ses proches, et appelle la justice burundaise à abandonner l'ensemble des charges retenues contre la journaliste.

Sandra Muhozaaperçoit le bout du tunnel. La journaliste du média en ligne La Nova Burundi, détenue depuis le 13 avril 2024, a bénéficié d'une mise en liberté provisoire ce 4 mars. La procureure générale de la cour d'appel de Ngozi a ordonné cette mesure dans un document datant du 27 février, consulté par RSF. Cette ordonnance de mise en liberté la place néanmoins sous contrôle judiciaire, lui imposant de ne pas quitter sa "province de résidence"et de se présenter une fois par mois devant le juge.

Si cette décision met fin à près de deux années de détention provisoire, la procédure en appel reste pendante. Au début de l'année 2026, le tribunal de première instance de Ngozi, au nord du pays, avait condamnéla journaliste à quatre ans de prison ferme. Une décision contestée sur le fond par sa défense, qui a également présenté plusieurs demandes de libération provisoire. Lors de son audience en appel, le 20 février, les juges s'étaient montrés attentifs aux arguments avancés par la défense de la journaliste. Le délibéré de la cour d'appel doit être rendu au plus tard le 20 mars. D'ici là, Sandra Muhoza peut retrouver les siens.

"La libération provisoire de Sandra Muhoza, journaliste de La Nova Burundi emprisonnée depuis avril 2024, est une excellente nouvelle. Si elle ne met pas fin à la procédure en cours, elle permet à la journaliste de retrouver ses proches et ses collègues, et de bénéficier des traitements médicaux nécessaires pour ses problèmes de santé. RSF salue la décision courageuse prise par la procureure générale de la cour d'appel de Ngozi et appelle désormais la même instance à abandonner l'ensemble des charges retenues contre la journaliste.

Sadibou Marong
Directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF

Une procédure marquée par des cafouillages

Sandra Muhoza est arrêtée le 13 avril 2024 à Ngozi. Accuséed'avoir partagé, sur un groupe WhatsApp de journalistes, une information concernant une distribution présumée d'armes par les autorités à des jeunes du parti au pouvoir, elle est transférée à la prison centrale de Mpimba à Bujumbura cinq jours plus tard.

La journaliste est condamnéele 16 décembre 2024 à 21 mois de prison pour "atteinte à l'intégrité du territoire national" et "aversion raciale". Sa défense fait appel de cette décision, mais la cour d'appel de Mukaza à Bujumbura, initialement saisie du dossier, finit par se déclarer incompétente pour se prononcer sur l'affaire, annulant la première procédure. Le dossier est alors renvoyé devant le tribunal de grande instance de Ngozi, la ville où habite Sandra Muhoza et où elle a été arrêtée. Elle n'est pourtant pas libérée, mais transférée à la prison pour femmes de Ngozi le 26 septembre 2025, dans le cadre d'une seconde procédure pour les mêmes faits.

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Publié le04.03.2026
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