06/25/2026 | News release | Distributed by Public on 06/25/2026 09:31
Lors d'un point de presse à Genève, le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué mercredi que, plus d'un mois après le début de l'épidémie, les équipes de première ligne avaient considérablement renforcé les capacités de dépistage et de traitement, à un rythme inédit. Les conditions d'intervention restent toutefois extrêmement difficiles.
« Il est encourageant de constater que, cinq semaines après la déclaration de l'épidémie, la riposte s'est considérablement renforcée », a-t-il déclaré.
En un peu plus d'un mois, les capacités d'hospitalisation sont passées de moins de 10 lits à plus de 500, répartis dans 19 centres de santé. Dans le même temps, les capacités de dépistage en laboratoire ont été multipliées. De 30 tests par jour dans la capitale congolaise, Kinshasa, elles dépassent désormais les 2 000 tests quotidiens grâce à neuf laboratoires répartis dans trois provinces.
Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, les populations sont de plus en plus nombreuses à chercher des informations et une assistance pour se protéger.
« De plus en plus de communautés prennent conscience des risques liés à Ebola et demandent les moyens et le soutien nécessaires pour se protéger », a-t-il souligné.
À ce jour, plus d'une centaine de personnes ont guéri, un résultat qui montre qu'un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée permettent de sauver des vies.
Mais les besoins demeurent immenses. « Nous comptons désormais 1 094 cas confirmés, dont 277 décès », a indiqué le chef de l'OMS. « L'épidémie continue de progresser rapidement ».
Dans le même temps, l'Ouganda voisin a enregistré 20 cas confirmés, dont deux décès.
L'OMS et ses partenaires prévoient de lancer la semaine prochaine, en RDC, un essai clinique destiné à évaluer l'efficacité de deux traitements antiviraux, le MBP134 et le remdesivir, afin de déterminer s'ils permettent de réduire la mortalité liée à la souche Bundibugyo du virus Ebola.
« Nous pourrions sauver beaucoup plus de vies grâce à ces traitements », a estimé le Dr Tedros.
Les communautés concernées sont étroitement associées à la préparation de cet essai et informées de son déroulement. Des dispositions sont également prévues afin que les populations touchées puissent bénéficier de ces traitements s'ils se révèlent efficaces.
Au-delà des traitements, les responsables de la santé ont rappelé que les conditions humanitaires continuaient de freiner les opérations.
Le chef de l'OMS a insisté sur l'urgence d'une action politique pour améliorer l'accès humanitaire et permettre aux équipes médicales d'atteindre les populations vivant dans les zones affectées.
« Une mobilisation politique est indispensable pour créer les conditions permettant d'améliorer l'accès humanitaire et de renforcer la riposte », a-t-il déclaré.
© OMS Des installations de protection contre le virus Ebola sont mises en place dans une prison de l'est de la République démocratique du Congo (RDC).Les personnels de santé paient eux aussi un lourd tribut à cette épidémie. Mercredi, un travailleur humanitaire français de l'organisation médicale non gouvernementale ALIMA a été testé positif au virus Ebola après son retour de RDC, où il avait pris en charge des patients.
Près de 80 soignants ont été infectés depuis le début de l'épidémie. « Ce cas rappelle les risques auxquels sont confrontés les intervenants de première ligne », a souligné le Dr Tedros.
L'OMS appelle les États à renforcer les mesures de protection des personnels humanitaires déployés sur le terrain, notamment en améliorant l'information sur les risques, la prévention des infections et les dispositifs d'évacuation sanitaire.
Malgré quelques cas isolés recensés à l'étranger en lien avec cette épidémie, l'organisation estime que le risque pour le reste du monde demeure faible.
Sur le terrain, de nombreux obstacles continuent d'entraver la riposte. Le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades reste insuffisant, les centres de traitement sont sous forte pression, les enterrements sécurisés et respectueux des familles demeurent difficiles à organiser, les fermetures de frontières ralentissent les opérations et les incidents sécuritaires répétés compliquent l'accès aux populations.
Cette épidémie se déroule dans un contexte de crise humanitaire qui dure depuis plusieurs décennies, a rappelé Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Au début du mois, l'OMS et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont lancé un plan continental conjoint de préparation et de riposte, assorti d'un appel de fonds de 518 millions de dollars destiné à renforcer les interventions dans les zones touchées et les pays voisins.
De nouvelles données sur le financement de cette riposte sont attendues la semaine prochaine. Les organisations humanitaires espèrent que la mobilisation internationale sera à la hauteur de l'urgence ressentie par les populations, toujours confrontées à l'une des plus graves crises de santé publique de la région.