06/04/2026 | News release | Archived content
Le 2 juin 2026, l'armée de l'Air et de l'Espace a conduit pour la première fois une campagne de tir de lutte antidrone (LAD) à bord de ses hélicoptères Fennec et Caracal depuis la base aérienne 120 de Cazaux. En réponse aux exigences opérationnelles actuelles, cette campagne de tir expérimentale vient offrir une nouvelle capacité de LAD aux deux appareils dans la construction d'une défense aérienne multicouche.
Mardi 2 juin 2026, la base aérienne (BA) 120 de Cazaux était l'objet de toutes les attentions. Et pour cause, la première campagne de tir antidrone menée depuis des hélicoptères Fennec et Caracal s'est tenue en partie dans ses murs. Supervisée par l'équipe de marque hélicoptère (EMH) du Centre d'expertise aérienne militaire (CEAM), cette première expérimentation a mobilisé un Caracal de l'escadron d'hélicoptères (EH) 1/67 « Pyrénées » de la BA 120 et deux hélicoptères Fennec de l'EH « Alpilles », déployés depuis la BA 115 d'Orange. Réalisés au large de Biscarrosse, ces tirs d'expérimentation, conduits sur des drones de type Shahed, ont confirmé l'intérêt de disposer d'un éventail de réponses complémentaires et adaptées au sein de cette capacité de LAD, désormais étendue au drone MQ-9 Reaper et au Caracal.
À bord des deux appareils, différents armements associés à leurs caméras optroniques ont été évalués au cours de la campagne. Véritable plateforme modulaire, l'hélicoptère de transport tactique et de recherche et sauvetage Caracal dispose d'une protection partielle et de plusieurs systèmes d'armes. Il est notamment équipé d'une mitrailleuse MAG58 de calibre 7,62 mm, positionnée sur l'appareil depuis plus de 20 ans ainsi que d'une mitrailleuse lourde M3M de 12,7 mm, installée dans le cadre de développements d'innovation sur l'appareil. Pour optimiser la précision des tirs, l'équipe de marque hélicoptères a développé un appui pectoral spécifique positionné devant la M3M. Ce dispositif offre au mécanicien navigant gunner (tireur) une meilleure stabilité lors des phases d'engagement. Guidé par sa caméra thermique EOS (système électro-optique), le Caracal a pu neutraliser deux drones cibles de type Shahed grâce à son armement de sabord. « Ces drones d'expérimentation mesuraient environ 2,30 mètres d'envergure pour 1,20 mètre de hauteur. Ils ont été mis en œuvre par la Direction générale de l'armement essais de missiles (DGA EM), avec laquelle nous avons conduit cette campagne », révèle le lieutenant-colonel Marc, pilote commandant de bord sur le Caracal en question et commandant d'unité de l'EMH.
Succédant à la caméra héliportée légère infrarouge d'observation (CHLIO), la caméra optronique Trakka offre des capacités de détection nettement supérieures et permet d'évaluer la distance entre l'hélicoptère léger Fennec et le drone. Dans le cadre de cette campagne LAD, l'objectif était d'évaluer l'emploi combiné de la caméra Trakka, placée près du nez de l'appareil, et du canon axial de 20 mm, arme pouvant être installée sur le côté droit du Fennec pour des missions de police du ciel ou d'appui-feu. Pour l'heure, les expérimentations se poursuivent et s'avèrent particulièrement encourageantes. « Nous devons encore confirmer certains résultats obtenus au cours de cette campagne d'expérimentation, aussi bien sur le Fennec équipé du canon de 20 mm que sur le Caracal armé de la M3M, afin de donner la pleine capacité opérationnelle d'emploi de ces systèmes aux unités », précise le lieutenant-colonel Marc. Côté Caracal, l'objectif à court terme sera d'exploiter cette nouvelle capacité opérationnelle depuis la base aérienne 188 de Djibouti.
La multiplication des drones suicides et leur emploi lors des récents conflits au Proche et Moyen-Orient (PMO) ont démontré la nécessité d'adapter les dispositifs de défense aérienne. Alors que les avions de chasse comme le Rafale garantissent la supériorité aérienne et assurent la surveillance de vastes zones, la détection de menaces à longue portée ou encore une capacité d'interception rapide, les hélicoptères évoluent dans la basse couche aérienne, au plus près des zones sensibles. Leur agilité et leur capacité à voler à basse vitesse et à basse altitude leur permettent d'assurer une surveillance fine de l'espace aérien local et de suivre des cibles lentes, telles que les drones : « Les Rafale évoluent entre 120 et 450 nœuds (222-833 km/h), mais en dessous de 120 nœuds, il n'y a quasiment plus de vecteur adapté. Or un drone de type Shahed 136 évolue autour de 80 à 100 nœuds (148-185 km/h), l'hélicoptère apparaît comme le vecteur le plus pertinent pour la neutralisation de ce type de menace lente », mentionne le pilote. À noter que le canon 20 mm est déjà employé par les équipages des Fennec déployés au Proche et Moyen-Orient dans le cadre des accords de défense conclus avec leurs partenaires régionaux.